Sections
Mini Sections
Un « non » irlandais lors du prochain référendum sur le traité de Lisbonne serait « un choix catastrophique, lunatique et suicidaire » a déclaré l’ancien Premier ministre irlandais Garret Fitzgerald dans un entretien à EurActiv.
M. Fitzgerald a appelé les électeurs à reconnaître que l’Irlande est l’unique « plus grand bénéficiaire de l’adhésion à l’UE », en déclarant que les libéralisations des échanges possibles grâce à l’UE ont permis à l’économie du pays de prospérer durant les dernières décennies, amenant les économistes à surnommer le pays, le « Tigre celtique ».
Il déclare également que le traité représente un bon compromis pour l’Irlande dans la mesure où il lui permet de conserver sa souveraineté dans des domaines politiques fondamentaux. « Nous avons conservé tous les droits de veto dont nous avons besoin dans les domaines clés que sont les négociations commerciales, la défense et la fiscalité ».
Le succès du référendum ne tient à qu’un fil, le dernier sondage d’opinion révélant que le vote en faveur du « oui » a perdu trois points pour atteindre 41% tandis que le camp du « non » a gagné cinq points, passant ainsi à 33%. Une bonne proportion de 26% reste encore indécise.
L’ancien Premier ministre a dénoncé la « propagande » de la campagne en faveur du « non », affirmant que « presque chacune de leurs déclarations est fausse ». Il a illustré ces propos en mentionnant « la revendication selon laquelle notre droit de veto sur les changements liés à l’impôt direct pourrait être renversé par les Cours européennes pour des motifs de concurrence sans fondement, pourtant, cette argument avancé par le camp du « non » n’a pour but que d’inquiéter les citoyens ».
Il a néanmoins critiqué de la même façon la réponse de la campagne en faveur du « oui » qui, selon lui, arrive trop tardivement. « Alors que la campagne en faveur du «oui» est bonne et répond à tous les sujets pertinents, elle est arrivée très tard et de nombreuses personnes ont déjà été convaincues par la propagande contre le traité».
M. Fitzgerald a également souligné la « contribution irlandaise considérable» à la forme et au contenu du traité. « C’est notre traité plus que celui de n’importe qui », a-t-il affirmé en soulignant la contribution de la présidence irlandaise de l’UE en 2004 et des eurodéputés irlandais.
Le Dr. Fitzgerald a déclaré à EurActiv que les conséquences d’un « non » seraient « très préjudiciables » pour l’Irlande dans l’UE. En faisant écho aux paroles du président de la Commission José Manuel Barroso, qui a affirmé qu’il n’y a « pas de plan B » dans l’éventualité d’un « non » irlandais, le Dr. Fitzgerald a reconnu que « nous ne savons pas précisément quelles seraient les conséquences ».
« Que feraient les autres Etats membres ? Vont-ils ainsi autoriser le blocage des réformes du traité de Lisbonne ou vont-ils instaurer une communauté de 26 pays au sein de la communauté des 27, en nous marginalisant ? », s’est-t-il demandé.
« Nous avons reçu toutes les garanties dont nous avons besoin, nous n’avons donc aucune raison de voter contre le traité », a conclu l’ancien Taoiseach.