Íñigo Mendez de Vigo (Espagne) et Elmar Brok (Allemagne), deux eurodéputés du PPE-DE, ont indiqué aux journalistes à Bruxelles que leurs craintes s’étaient accentuées depuis la récente visite au Parlement européen du ministre irlandais des Affaires étrangères Micheál Martin (EurActiv 07/10/08).
Ils ont expliqué que selon les déclarations de M. Martin, l’Irlande faisait marche arrière par rapport à son engagement précédent de présenter des propositions pour trouver une solution suite au « non » irlandais lors du référendum du 12 juin. M. Martin aurait ainsi déclaré que le Premier ministre irlandais ne présentera qu’un aperçu de la situation au cours du sommet européen du 15 octobre. D’après les conclusions du conseil de l’UE du 17 juillet, l’Irlande est toutefois censée proposer une suite à adopter lors du sommet du 15 octobre.
Nous craignons que l’Irlande ne propose aucune solution pour résoudre la question malgré ses promesses de juin, a affirmé M. Mendez de Vigo. A son avis, une solution n’interviendra qu’en décembre, c’est-à-dire trop tard pour une entrée en vigueur du traité de Lisbonne avant les élections européennes.
Le temps joue contre nous, a ajouté l’eurodéputé espagnole, estimant qu’en période de crise, l’Europe nécessite dès que possible les institutions du traité de Lisbonne. Il a également redouté que le traité de Lisbonne ne devienne le thème principal des élections européennes, éclipsant les questions véritablement importantes aux yeux des citoyens
Situation risquée au Royaume-Uni
Elmar Brok a en outre souligné l’éventualité d’un changement de situation politique au Royaume-Uni. Les conservateurs, qui font également partie du PPE-DE, risquent en effet d’accéder au pouvoir et de refuser alors de ratifier le traité de Lisbonne (EurActiv 30/09/08).
M. Brok a estimé qu’aucune ratification n’interviendra au Royaume-Uni au cours des dix prochaines années. Selon lui, aucun changement majeur n’est possible. Si nous n’obtenons pas cela, nous n’obtenons rien, a-t-il ajouté.
Les deux eurodéputés se sont dits optimistes quant à la ratification du traité par la République tchèque et la Pologne. Même s’ils ont jugé nécessaire d’enquêter sur le financement de la campagne du « non » (EurActiv 26/09/08), ils ont fait savoir qu’il ne s’agissait pas de la question la plus importante.
Ouverts au changement
Les eurodéputés ont fait preuve de flexibilité à l’égard de l’ajout éventuel de déclarations au traité de Lisbonne en vue de répondre aux inquiétudes des Irlandais. Ils ont toutefois fait comprendre qu’ils s’opposaient à une renégociation du traité.
En réponse à la question d’un journaliste d’EurActiv, Elmar Brok a indiqué que le conseil de l’UE pourrait décider de conserver le système actuel d’un commissaire par pays. Un récent sondage a en effet montré que de nombreux Irlandais avaient voté contre le traité de Lisbonne par crainte de voir leur pays perdre son commissaire (EurActiv 10/09/08). Selon M. Brok, une telle décision ne nécessiterait pas la réouverture des négociations sur le traité de Lisbonne.



