Les législateurs ont voté à 488 vois pour et 137 contre en faveur de l'équipe de 26 personnes proposée par le président de la Commission M. Barroso, une décision très attendue après le remplacement par le Portugais de l'une de ses candidates initiale suite à l'opposition des eurodéputés.
72 eurodéputés se sont abstenus.
La Commission, responsable de la proposition et de la mise en œuvre des lois à travers les 27 Etats membres de l'UE, a formellement commencé son mandat de cinq ans aujourd'hui à minuit, a déclaré un porte-parole.
En amont du vote, M. Barroso a encouragé les 736 membres de l'assemblée à soutenir ces choix pour les commissaires et a exposé certains de ses objectifs.
Les priorités générales sont claires : sortir avec succès de la crise, être à la tête de l’action climatique et énergétique, soutenir les nouvelles sources de croissance et de cohésion sociale pour renouveler l'économie de notre économie sociale de marché, a-t-il déclaré.
M. Barroso sera à la tête de la Commission pour la deuxième fois. Il a reçu le soutien des dirigeants de l'UE pour un autre mandat en juin dernier et a gagné l'approbation du Parlement en septembre.
M. Barroso a fait de la reprise économique européenne – à travers un programme de 10 ans sur la croissance et l'emploi appelé "stratégie de l'UE pour 2020"- la priorité principale du travail de la prochaine Commission, mais les commissaires auront d’un point de vue personnel des portefeuilles bien remplis.
Récemment, des membres du Parlement ont confié à EurActiv que les attributions de portefeuilles par M. Barroso conduiraient à un chevauchement de responsabilités sans précédent, qui est perçu comme un facteur de risques pour les mois et les années à venir (EurActiv 21/01/10)
Des chercheurs ont déclaré à EurActiv que la nouvelle commission était plus partisane que la première équipe Barroso, ce qui n'est pas considéré obligatoirement comme quelque chose de négatif (EurActiv 11/12/09).
Trois mousquetaires pour sortir l'Europe de la crise
Le portefeuille du marché intérieur tenu par le Français Michel Barnier, le portefeuille des affaires monétaires géré par le Finlandais Olli Rehn et le portefeuille de la concurrence dont s'occupera l'Espagnol Joaquin Almunia font partie des trois dossiers les plus en vue.
M. Barnier a affirmé qu'il prévoyait de resserrer les règlementations suite aux crises économique et financière, un geste qui a soulevé des inquiétudes à Londres, le principal centre financier d'Europe, où les banques et firmes financières craignent que des restrictions excessives puissent entraver leurs opérations et incitent les acteurs du marché à partir à l'étranger.
M. Rehn sera au premier plan de la bataille pour empêcher une crise à grande échelle en Grèce, où un déficit budgétairecatastrophique et une accumulation croissante de dettes ont conduit à des spéculations sur les marchés financiers, qui craignent que le gouvernement d’Athènes ne règle pas ses paiements, une situation qui aurait de profondes répercussions sur l'euro, la monnaie unique.
M. Alumnia, commissaire sortant aux affaires économiques et monétaires, sera chargé de contrôler les fusions et acquisitions et tout comportement anti-concurrentiel ou d’entente dans l'UE, ou qui affecte l'UE et ses citoyens.
Un travail difficile avec de nouvelles règles
Le Parlement a également approuvé une série de principes clés visant à régir la coopération entre l'assemblée de l'UE et la Commission.
Le Parlement et la Commission sont actuellement en train de réviser l'Accord-cadre qui définit les relations entre les deux institutions, y compris leurs responsabilités politiques, le flot d'information et la coordination législative.
A l'avenir, par exemple, le président du Parlement Jerzy Buzek pourra participer aux réunions hebdomadaires de la Commission et le président Barroso sera présent aux conférences des présidents des groupes politiques tous les quinze jours environ.
Selon les analystes, cela aura lieu lorsque des sujets d'intérêt commun sont concernés, notamment les questions législatives ou le budget. Des sources ont affirmé à EurActiv que cela pouvait potentiellement avoir des conséquences énormes. Des rumeurs courent selon lesquelles les "seniors" au sein de la Commission pensent que les choses ne seront plus jamais pareilles et que cet accord représente un véritable gain de pouvoir pour le Parlement.
Le fait que le Parlement et la Commission échangent leurs impressions à huit clos dès le début du processus législatif, arguent les observateurs, pourrait potentiellement créer une nouvelle tendance : élaborer les choses en avance et apaiser le débatau nom de la rapidité, de l'efficacité et du partage des opinions.
Récemment, des critiques ont indiqué que de plus en plus de lois communautaires avaient été adoptées en lecture seule (au lieu de deux ou trois). Cet état de fait a été critiqué par M. Buzek lui-même lorsqu'il était candidat en tant que président du Parlement, il souhaitait alors repousser cette tendance.
Lorsqu'il a commenté l'accord de coopération, M. Buzek a fait remarquer que l'Accord-cadre établissait des règles sur la façon dont le Parlement européen et la Commission européenne travailleront ensemble au quotidien. Ce nouvel Accord-cadre dynamise la méthode communautaire. Conclu il y a cinq ans, il s'agit d'une base pour une coopération solide entre deux importantes institutions communautaires, a-t-il ajouté.
(EurActiv avec Reuters, article traduit de l'anglais par EurActiv.)




