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30 août 2008
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La France baisse le ton sur la présidence de l'UE [FR][en][de

Publié: jeudi 31 janvier 2008   

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, a revu à la baisse les attentes de la prochaine présidence de l'UE, dans un contexte de tensions croissantes avec les partenaires sur la politique européenne du président Nicolas Sarkozy. EurActiv France enquête.

Contexte:

En juin 2008, la France assumera la présidence tournante de l’UE pour une période de six mois, prenant le relais de la Slovénie, qui occupe actuellement la tête de l’Union. Le président français Nicolas Sarkozy a déjà souligné une série d’objectifs ambitieux dans des domaines allant de l’énergie et l’environnement à l’immigration et la défense (EurActiv 07/12/07). 

Bien que le rôle de M. Sarkozy dans le compromis sur le traité de Lisbonne et que sa visite post-électorale à Bruxelles aient été approuvés dans les milieux européens, l’euphorie a récemment cédé la place aux craintes que la France ne vole la vedette de la Slovénie et n’adopte une approche égocentrique lors de sa présidence. 

Parallèlement, 61 % des Français considèrent que la prochaine présidence sera un moyen d’accroître l’influence du pays en Europe, d’après un sondage réalisé par l’institut IFOPexternal , en collaboration avec le site Touteleurope.frexternal

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Autres articles:

La volonté du gouvernement français d’adopter une approche plus discrète concernant sa présidence de l’UE a été exprimée pour la première fois par le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet à Bruxelles, le 23 janvier.

M. Jouyet déclaré que la présidence de la France serait « modeste dans son style, ambitieuse dans ses objectifs, et réaliste ». En outre, il a souligné la volonté de la France de convaincre ses partenaires qu’elle adopterait une approche « collective ». « Une équipe, pour gagner, doit avoir un fond de jeu collectif, quand bien même il y aurait une star dans l’effectif », a-t-il indiqué.  

De plus, l’Elysée a déclaré que le gouvernement ne ferait aucune déclaration significative concernant la présidence de l’UE avant le mois de juin, afin de donner davantage de marge de manœuvre à la Slovénie.

Le 8 janvier, la déclaration officielle du président N. Sarkozy concernant les priorités de son gouvernement pour la présidence a suscité la consternation de ses partenaires européens. En effet, au même moment, la Slovénie présentait les objectifs de sa propre présidence.

La déclaration de M. Sarkozy sur le souhait de la France que l’Europe ait de nouvelles politiques en matière d’immigration, de défense, d’énergie et d’environnement d’ici la fin de sa présidence a irrité certains Etats membres, notamment l’Allemagne, qui estime avoir été particulièrement visée sur un certain nombre de questions fondamentales.

De plus, les commentaires régulièrement formulés par Henri Guaino, conseiller spécial de l’Elysée, concernant la politique européenne de concurrence qu’il juge « absurde » et l’approche de la Banque centrale européenne qui « ne favorise pas la croissance », agacent également de plus en plus les partenaires européens de la France, ainsi que la Commission.

Enfin, l’Allemagne et la Slovénie ont exprimé leurs doutes vis-à-vis du projet d’Union méditerranéenne proposé par M. Sarkozy. Beaucoup craignent en effet que cela n’entraîne une division au sein de l’UE entre les pays méditerranéens et non méditerranéens (EurActiv 13/12/07). 

Positions:

Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture et de la Pêche, a rassuré ses homologues lors de la réunion du Conseil le 21 janvier, en affirmant que « la France n’est pas forte quand elle est arrogante, elle n’est pas grande quand elle est solitaire ».

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennesJean-Pierre Jouyet, a déclaré au Figaro qu’en France, « nous avons tendance à faire les annonces le matin et vouloir les réaliser le soir ».

Le 16 janvier, Janez Janša, Premier ministre slovène, a déclaré au Parlement européen que la présidence de son pays ne serait pas aussi « grandiose que celle de la France, mais qu’elle se concentrerait sur la substance ».

Les eurodéputés ont également exprimé des réserves vis-à-vis de l’approche du gouvernement français sur la présidence du pays. Graham Watson (ALDE, RU) a déclaré : « tous les chemins ne mènent pas à Paris ».

Selon Stéphane Rozès, directrice de l’institut CSA, les citoyens français considèrent la présidence de leur pays comme « la Présidence des intérêts français en Europe ».

Le 12 décembre 2007, se référant aux plans de la France pour une Union méditerranéenne, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré au Bundestag que l’Europe ne peut réussir que si elle est unie, ajoutant que toute coopération spécifique dans l’UE doit être ouverte à tous les Etats membres.

De plus, Janez Janša, Premier ministre slovène, a averti « ce dont nous n’avons pas besoin est de duplication, ou d’institutions concurrençant les institutions de l’UE ».

En réponse, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet a déclaré au Figaro : « Nous devons veiller à ne prendre aucune décision stratégique dans ce domaine sans que tous nos partenaires soient associés ».

Prochaines étapes:

  • Juin-déc. 2008 : présidence française de l’UE.

Liens

Lettres à l'éditeur
Law is not a tool box for politics to indulge in
<a href="http://www.eurac.edu" rel="nofollow">Gabriel N. Toggenburg, EURAC</a>
Not feasible: CEPS Plan B for saving the Lisbon Treaty
Jim Murray, Former Director, BEUC
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