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Giulio Terzi di Sant'Agata: « Pas d’Europe sans Italie »

Publié 09 janvier 2012
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Le ministre italien des affaires étrangères, Giulio Terzi di Sant'Agata, a confirmé l'orientation pro-européenne de son gouvernement. Il a déclaré lors d'un entretien exclusif accordé à EurActiv Italie que la monnaie unique était « irréversible ». L’ancien ambassadeur à Washington s’est également engagé à travailler en étroite collaboration avec les Etats-Unis sur la question du Moyen-Orient et du terrorisme islamiste.

Giulio Terzi di Sant'Agata est le ministre italien des affaires étrangères au sein du gouvernement de Mario Monti, au pouvoir depuis novembre 2011. Diplomate de carrière, M. Terzi a précédemment occupé les postes de représentant permanent de son pays auprès de l’ONU et d’ambassadeur aux Etats-Unis. Il s’est confié à Alessandra Flora d’EurActiv Italie.

Pour lire une version résumée de cet entretien, veuillez cliquer ici.

Monsieur Terzi, quel est le rôle et quelles sont les inquiétudes de l'Italie et de l'Europe face aux tensions entre l’Iran et les Etats-Unis?

Un Iran doté de l'arme nucléaire représenterait une menace très grave pour le monde entier, pas seulement pour les Etats-Unis. Nous partageons donc complètement les inquiétudes américaines et nous continuons à collaborer avec les autres partenaires de la communauté internationale pour éviter que Téhéran ne dépasse la « limite ». L'Italie soutient les sanctions de l'OTAN et de l'Europe visant à rétablir la coopération avec Téhéran, dans l’intérêt même du pays.

Quelle est la position de l'Italie vis-à-vis de la répression exercée par le régime de Bachar Al-Assad contre les protestations du peuple syrien ?

L'Italie, comme nous l'avons affirmé à plusieurs reprises, condamne durement le régime syrien. Nous sommes inquiets de ce qui se passe dans ce pays et nous souhaitons la fin immédiate des violences. Nous soutenons les initiatives adoptées par la Ligue arabe et les sanctions décidées avec nos partenaires européens.

La nomination du Président Mario Monti a été bien accueillie par les leaders européens. Le gouvernement réussira-t-il à redonner crédibilité et prestige à l'Italie sur la scène européenne ?

Le rôle d'un gouvernement est de travailler à la prospérité de son pays: nous travaillons avec responsabilité et confiance. L'Italie est l’un des fondateurs du grand projet européen et personne ne peut douter de nos traditions européistes et de l'importance que nous accordons à la coopération communautaire. Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes convaincus que notre destin est en Europe et, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, nous sommes certains qu’une Europe sans Italie ne peut pas exister. Tous les pays membres de l'Union européenne (sauf le Royaume-Uni) s’accordent sur la nécessité d'un nouveau traité pour rendre la discipline budgétaire plus rigoureuse avec l'objectif de créer une plus grande intégration économique et de sauver la monnaie unique. Maintenant, l'attention se porte sur les détails et sur le processus de ratification auquel chaque pays devra se soumettre.

Quelle est votre opinion sur la phase cruciale de la présidence danoise du Conseil de l'UE ?

La monnaie unique est irréversible et je pense que tous les pays de la zone euro en sont convaincus. Toutefois, et cela arrive dans toutes les conquêtes, l’euro doit également être défendu en utilisant tous les moyens possibles. Il est incontestable que la crise actuelle, qui a débuté en dehors de l’Europe, a soumis l’Union à des pressions très fortes, suscitant des craintes et accélérant la réflexion sur les réformes possibles des traités. La réponse des pays membres a été rapide et le sommet de Bruxelles des 8 et 9 décembre 2011 a lancé un processus de révision sur lequel – cependant – il faudra encore beaucoup travailler.

L’économie et les affaires intérieures semblent préoccuper le président Obama, qui a mis un terme en 2011 à l’engagement militaire américain en Irak, devenu trop coûteux et  impopulaire. Quels sont les défis de M. Obama face aux présidentielles ?

Selon moi, on ne décide pas de mener ou non une guerre en fonction des coûts ou de sa popularité. Les objectifs des opérations militaires en Irak, surtout la chute d’un régime qui accablait son people et constituait une menace pour la sûreté internationale, ont été accomplis.

Je suis sûr que les Etats-Unis continueront à s’engager pour solidifier la démocratie dans ce pays, mais il faut dire qu’une page historique a été tournée en Irak et que le pays entre dans une nouvelle ère.

En ce qui concerne les affaires intérieures, le débat politique pendant la campagne électorale (cela vaut pour les États-Unis comme pour les autres pays qui devront élire leur gouvernement en 2012) sera conditionné par l’économie.

Que pensez-vous de l’augmentation de la violence en Irak après le retrait des dernières troupes américaines ?

Le départ des militaires américains de l’Irak a lancé une phase très délicate pour le futur du pays. Les violences des dernières semaines représentent une tentative lamentable d’empêcher l’affirmation de la démocratie et de la paix. La communauté internationale ne quittera pas l’Irak et nous nous engagerons tous pour soutenir le peuple irakien et ses institutions légitimes.

Les derniers attentats au Nigeria révèlent des liaisons entre la secte Boko Haram et al-Qaida. A votre avis, assisterons-nous à une escalade des évènements liés au terrorisme islamiste ?

Le terrorisme international se confirme comme l'une des plaies les plus douloureuses du XXIe siècle et, en raison de sa nature, il s’agit d’un phénomène difficile à maîtriser. Le meurtre  de Ben Laden a été un coup très dur pour al-Qaida, une victoire importante, mais pas totale. On ne peut pas baisser la garde, car nous savons que d'autres groupes sont en train de s’organiser en fomentant la haine et la violence. Dans la lutte contre ce phénomène, il est crucial d’empêcher la consolidation des réseaux internationaux, des “alliances de la terreur” entre groupes différents. Le seul chemin à emprunter est celui de la cohésion de la communauté internationale.

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