Les parlementaires ayant participé au débat sont partagés sur la façon d’évaluer les modifications du traité dans le domaine de la sécurité et de la défense, les évaluations allant d’une « forte impulsion » à « aucune avancée majeure ».
Antonio Missiroli, de l’European Policy Centre, estime que le traité offre de nombreuses possibilités d’améliorations, mais soulève également de nombreuses incertitudes, se référant notamment à la fonction de HR. Selon M. Missiroli et les eurodéputés, ce rôle, consistant à stimuler la PESD, sera « central ». Ils affirment que le champ d’application de ses fonctions dépend considérablement de la personne sélectionnée pour ce poste.
Jo Leinen, eurodéputé allemand socialiste et président de la commission parlementaire des Affaires constitutionnelles, a déclaré que le Haut représentant et le service extérieur devront agir comme un lien entre le Conseil et la Commission.
Ainsi, l’UE pourrait ne pas être divisée entre la Commission, se chargeant uniquement des politiques internes, et le Conseil, responsable de la représentation extérieure, explique-t-il. Les eurodéputés ont convenu que le Parlement doit avoir un plus grand pouvoir dans la sélection des personnalités qui formeront la nouvelle troïka, dans la mesure où elles définiront ses compétences, notamment concernant le nouveau président de l’UE.
D’après M. Leinen, il est nécessaire de s’assurer que le nouveau président n’empiète pas sur les autorités exécutives et que sa seule fonction reste la représentation. En outre, M. Leinen affirme que le Parlement doit exercer son droit de contrôle et surveiller la politique étrangère et de sécurité, en particulier concernant les missions européennes, ajoutant que si les eurodéputés échouent, cela pourrait engendrer un vide en terme de contrôle démocratique.
De plus, les eurodéputés s’accordent sur le fait qu’il est nécessaire de soumettre davantage les missions européennes au débat public.
La toute nouvelle opportunité en matière de coopération structurée permanente, qui permet aux plus grands Etats membres (en termes de capacités et d’engagements militaires) de progresser sur les questions de sécurité et de défense, était un thème relativement controversé.
Entre autres, Tobias Pflüger, eurodéputé allemand (GUE/NGL), a fortement critiqué ce concept, craignant qu’il n’entraîne la création d’une Europe principale construite autour des « quatre grands » - l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni.
D’autres domaines ont soulevé des inquiétudes, comme la première référence à l’OTAN dans un traité européen ainsi que les clauses relatives à la solidarité et la défense mutuelle, qui obligent les Etats membres à s’entraider en cas d’agression armée ou d’attaque terroriste.
M. Pflüger note que les représentants de la gauche estiment que ces articles sont un pas vers une plus forte militarisation de l’Union.



