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Jacques Delors : le moteur franco-allemand « superficiel » a besoin d'un nouvel élan

Publié 07 avril 2011 - Mis à jour 11 avril 2011
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Dans un entretien exclusif accordé à EurActiv, l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors, a déclaré qu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy maintenaient une alliance « superficielle » qui devait être « reconstituée », un objectif auquel il serait prêt à contribuer.

Jacques Delors, considéré comme l'un des « pères » de l’UE, a comparé le président français et la chancelière allemande à leurs prédécesseurs.

Jacques Chirac et Gerhard Schröder n'étaient d’accord que sur le « nein » et le « non », a affirmé Jacques Delors, notamment sur la question de l’augmentation du budget de l’UE. Mais lorsqu’il s’agissait de projets plus ambitieux, ils ne parvenaient pas à prendre des initiatives concrètes, a-t-il ajouté.

« [Chirac-Schröder] était une alliance superficielle, comme est superficielle me semble-t-il celle entre Madame Merkel et Monsieur Sarkozy », a déclaré M. Delors.

Pour l’ancien président de la Commission, les couples franco-allemands précédents, comme François Mitterrand et Helmut Kohl, Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt puis Charles de Gaulle et Konrad Adenauer dans l’après-guerre, ont été le moteur de l’UE.

« Tous ont marqué l'histoire de l'Europe parce qu'à un moment donné, ils ont dépassé leur vue a priori contre l'autre, leurs intérêts les plus proches, pour une vision de l'Europe. Et c'est ça qui a fait la grandeur de cette période ».

« Mais depuis que Mitterrand et Kohl ne sont plus là, […] chacun a repris son rôle », regrette Jacques Delors.

Le président de longue date (1985-1994) de la Commission a affirmé que le moteur franco-allemand devait être renouvelé, non « pas parce que la France et l'Allemagne doivent dominer l'Europe », mais parce que cette relation est l’un de ses « arbres de vie ».

Malgré son âge (il est né en 1925), M. Delors, qui demeure actif avec son groupe de réflexion Notre Europe, a indiqué qu’il souhaitait offrir son soutien à la reconstruction des relations entre Paris et Berlin.

« Moi, je suis un grand partisan de renouer un dialogue à tous les échelons entre les Allemands et les Français. C'est essentiel. Ça reste à faire. Je pense que les jeunes générations devraient s'en charger. Et moi, je suis prêt à mettre la main à la pâte », a déclaré M. Delors.

A la question de savoir ce qui pourrait changer si les socialistes devaient revenir au pouvoir en France et en Allemagne, Jacques Delors, dont la fille Martine Aubry est la tête du parti socialiste, a répondu avec beaucoup de diplomatie qu’ils auraient « des visions un peu différentes sur le management économique et financier de l'Europe et [sur] ce que l'on peut faire au niveau mondial ».

« C’est important. Mais l'essentiel, c'est avant tout que les Français et les Allemands se comprennent, acceptent leurs personnalités différentes, et arrivent à les additionner pour le meilleur », a-t-il ajouté.

Il a également souligné le fait que la mondialisation suscitait des craintes et presque de la terreur parmi les citoyens, engendrant populisme et extrémisme dans toute l’Union européenne.

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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