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Jerzy Buzek : il serait « très dangereux » de geler le budget de l’UE

Publié 24 janvier 2011 - Mis à jour 02 février 2011
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Le gel du budget européen exigé par certains pays serait « très dangereux » au moment au l’UE a besoin d’investissements plus conséquents pour surmonter la crise économique, a confié le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, dans un entretien exclusif accordé à EurActiv.

Le bloc des 27 Etats doit retrouver la compétitivité en investissant massivement dans les nouvelles technologies, l’innovation et les idées nouvelles, a déclaré le premier ministre polonais.

« Les fonds structurels constituent les principaux instruments pour relancer la compétitivité », a affirmé M. Buzek, un eurodéputé du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit.

Selon l’ancien premier ministre polonais, il existe un consensus général sur la nécessité d’amender la politique agricole commune, qui a absorbé une grande partie du budget de l’UE pendant des décennies.

« Nous devrions dépenser plus d’argent pour la politique de recherche et de développement et les nouvelles technologies », a-t-il ajouté, en faisant référence aux technologies de l’information et de la communication (TIC) mais également aux énergies propres.

Le Traité de Lisbonne et la stratégie de l’UE à long terme, « Europe 2020 », ont donné plus de responsabilités à l’Union et le Parlement européen va se battre pour obtenir les ressources supplémentaires dont elle a besoin pour les assumer, a continué M. Buzek.

A un an de la fin de son mandat, le Parlement européen se prépare à une bataille sur le prochain budget à long terme de l’UE pour la période 2014-2020.

Le groupe des libéraux au Parlement (ALDE) a déjà présenté quelques propositions sur la manière de rationaliser le budget de l’UE, dont la réduction du nombre des institutions européennes.

Mais M. Buzek rappelle que 95 % du budget de l’UE sert à dynamiser l’économie et que les frais administratifs n’en représentent que 5 %. « Nous dépensons des fonds en investissements, tels que l’agenda numérique, l’énergie [et] le transport afin de libérer le potentiel de toutes les régions européennes », a-t-il fait remarquer.

Supprimer le Comité économique et social et le Comité des régions, comme le suggèrent les libéraux, serait contre-productif, a-t-il dit. Selon le président, les citoyens doivent comprendre le fonctionnement interne de l’Union européenne. « Nous avons besoin d’une communication aussi étroite que possible avec les gens et leurs besoins », a-t-il déclaré, en expliquant que les deux comités remplissaient justement cette fonction.

Pas touche à Strasbourg

Il s’est positionné contre l’idée de mettre un terme au déplacement mensuel au Parlement européen de Strasbourg pour économiser quelques millions.

« Strasbourg est un lieu symbolique. Les symboles sont importants. Nous pourrions aussi demander à certains Etats membres s’il est juste de conserver la monarchie. Mais ces pays y voient un sens historique et cela reste important pour la vie et l’intérêt publics », a-t-il affirmé, en ajoutant que les sièges français des institutions européennes représentaient l’essence de la valeur fondamentale de l’UE : la solidarité.

Questionné sur l'évolution de la solidarité à la suite des renflouements de l’UE en faveur de la Grèce et de l’Irlande, M. Buzek a affirmé que seules les conditions selon lesquelles s’opèrait la solidarité étaient en train de changer.

« Nous devons relier la solidarité à la responsabilité […]. La responsabilité individuelle de chaque Etat membre est aussi nécessaire que la responsabilité individuelle de chaque citoyen », a-t-il déclaré.

Les parlements nationaux et 2014

Lorsque M. Buzek a été élu président du Parlement européen, il a souligné le rôle des parlements nationaux dans le nouveau processus de décision de l’UE, rôle qui a été renforcé par le Traité de Lisbonne.

A l’époque, il a promis que son mandat marquerait l’apaisement des relations entre le Parlement européen et les 27 assemblées nationales d’Europe. Dix-huit mois plus tard, il affirme que l’échange interparlementaire s’est fortement accru, malgré le manque de nouveaux processus institutionnels.

Cependant, il est d’accord sur le fait que la communication nécessite une étape supplémentaire pour surmonter le fossé démocratique entre les citoyens et les institutions européennes. « Le message doit être clair, c’est le travail des hommes politiques. Mais il nous faut un bon messager pour le transmettre et cette tâche nous appartient », a-t-il ajouté, en soulignant le rôle des médias européens.

« L’absence d’Europe nous coûterait plus cher que son existence », a conclu M. Buzek.

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