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La Commission en faveur de règles morales sur la liberté des médias

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Publié 22 janvier 2013, mis à jour 12 février 2013

La Commission européenne a invité les États membres à organiser des débats à l’échelle nationale sur la liberté des médias, alors qu’elle a reçu un rapport à ce sujet hier (21 janvier). L’exécutif européen a indiqué qu’il envisageait d’endosser le rôle de guide moral en matière de promotion de la liberté de la presse.

Neelie Kroes, la vice-présidente de la Commission en charge de la stratégie numérique, a reçu un rapport de 51 pages qui présente les conclusions et les recommandations du groupe de haut niveau sur la liberté et le pluralisme des médias.

Des médias libres et pluralistes sont indispensables pour la démocratie européenne, selon ce rapport. Dans le même temps, il met en évidence un certain nombre de défis qui pourraient restreindre la liberté journalistique ou réduire le pluralisme, comme l'influence politique et la pression commerciale.

Le groupe, dirigé par l’ancienne présidente lettonne Vaira Vīķe-Freibergae, a également mis en cause « le mauvais comportement de certains journalistes, récemment mis au jour ». Les auteurs ont fait allusion au canular téléphonique impliquant le tabloïde britannique News of the World, maintenant disparu, propriété du magnat des médias Rupert Murdoch.

Cette faute professionnelle « a le potentiel de saper la crédibilité du secteur et donc la viabilité à long terme ».

Le groupe a indiqué que la responsabilité du maintien de la liberté et du pluralisme des médias reposait sur les États membres. Il a également précisé que l'Union européenne avait « un rôle important à jouer ».

« Aucune véritable démocratie à l'échelle de l'UE n'est possible si la liberté et le pluralisme des médias ne sont pas assurés dans l'espace politique européen. »

Les mauvais élèves sont-ils montrés du doigt ?

Les débats sur la liberté et le pluralisme des médias sont souvent tendus et la Commission évite généralement de s'en mêler.

Le groupe d'experts pense toutefois que l'exécutif européen devrait y participer. « En cas de menaces graves de la liberté et du pluralisme dans un État membre, les institutions européennes peuvent aller plus loin que le rôle de guide moral. Pour la moindre raison, elles peuvent mettre en garde l'État membre concerné, si nécessaire en le pointant du doigt », peut-on lire dans le communiqué.

Le rapport n'a toutefois condamné personne.

Interrogé par EurActiv sur l'absence de critique directe, Ryan Heath, le porte-parole de Mme Kroes, a déclaré qu'il s'agissait d'« une très bonne question ».

Il a déclaré que plusieurs débats houleux avaient lieu dans un certain nombre de pays et qu'il existait une longue liste d'États membres dans lesquels il était nécessaire d'examiner les problèmes. En mentionnant certains pays et pas d'autres, la Commission a estimé qu’un mauvais message serait envoyé à ceux qui n’ont pas été cités. Ils pourraient penser qu’ils ont obtenu un chèque en blanc, a-t-il ajouté.

Il a indiqué que l'objectif de ce rapport était de susciter des débats au niveau national et parmi les journalistes et que la Commission devrait agir en tant que « guide moral ».

« Nous entendons les gens, nous les avons écoutés et sommes d'accord avec ceux qui disent que nous devons endosser un plus grand rôle. », a précisé M. Heath.

« Nous ne pouvons toutefois pas l'absorber comme une éponge. Un débat politique et un certain consensus à ce sujet sont nécessaires avant que l'UE ne propose, ne prenne en charge ou ne reçoive davantage de pouvoirs et qu'elle créée de nouveaux groupes [ou] organes. »

Dans son rapport le groupe de haut niveau a donné l'interprétation suivante du rôle de la Commission :

« L'UE devrait être considérée compétente pour agir dans la protection de la liberté et du pluralisme des médias à l'échelle nationale afin de garantir la substance des droits octroyés par les traités aux citoyens de l'UE, en particulier les droits à la libre circulation et à la démocratie représentative. La corrélation entre la liberté ainsi que le pluralisme des médias et notamment la démocratie de l'UE justifie une compétence étendue de l'UE, conformément à ces droits fondamentaux plutôt qu’à ceux inscrits dans la Charte des droits fondamentaux. »

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
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From left to right: High-level group members Herta Däubler-Gmelin, Neelie Kroes and Vaira Vīķe-Freiberga (Photo: EC)
Contexte : 

Alors que l'Europe reste l'un des continents les plus libres du monde pour les médias en général, Reporters sans frontières a récemment signalé que l'Europe « tombait de son piédestal » et que l'Union européenne « perdait son statut de chef de file ».

Ces difficultés sont provoquées par un mélange d'influences publiques et privées dans la couverture de l'actualité. La concentration de la propriété des médias s'est intensifiée en raison des problèmes de viabilité économique des publications imprimées confrontées à une récession et à une concurrence venant des médias en ligne

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