Ce sondage réalisé par OpinionWay et Vêtements made in France portait sur le mode de ratification qu'ils préfèreraient pour ce traité.
Quelque 52 % d'entre eux ont affirmé privilégier le référendum, contre 38 % pour une adoption au parlement. Environ 10 % des personnes interrogées n'ont pas souhaité se prononcer sur le sujet.
Ils sont 68 % parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, le leader du Front de Gauche qui inclut le Parti communiste français, 72 % au Front national et 43 % à l'UMP, le parti de l'ancien président Nicolas Sarkozy, à s'être déclarés favorables au référendum.
Pour les électeurs de droite, cela devrait mettre François Hollande dans l’embarras, a déclaré le directeur général d'OpinionWay, Bruno Jeanbart. Le président français favorise en effet une adoption au parlement. Il a déclaré qu'il s'opposerait à la ratification jusqu'à ce qu'un pacte de croissance soit conclu avec les autres chefs d'État et de gouvernement du Conseil européen.
En outre, 55 % des électeurs du Parti socialiste qui ont participé à ce sondage préfèreraient un référendum.
La dirigeante du parti d'extrême droite du Front national, Marine Le Pen, n'a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié le jour même, elle a « exigé » la tenue d'un référendum, lancé une pétition de soutien et appellé à voter non.
Pour Mme Le Pen, fille du fondateur du Front national et eurosceptique convaincu Jean-Marie Le Pen, « le traité transfère la souveraineté budgétaire de la France aux technocrates bruxellois » et instaure « une Europe allemande […] un diktat de la Caste et des banques ».
« Pire, il obligera [les Français] à payer les dettes des autres pays », a-t-elle ajouté, sans préciser que les programmes de soutien à la Grèce ou à l'Irlande avaient été mis en œuvre sous la forme de prêts.
Dans ce sondage, 53 % des participants ont déclaré qu’ils voteraient oui au traité dans le cadre d'un référendum, contre à peine 20 % pour le non. Parmi les électeurs de Mme Le Pen, 48 % répondraient oui et 38 % répondraient non, contre respectivement 48 % et 34 % des électeurs de M. Mélenchon.
M. Jeanbart a averti que ces chiffres devaient être pris avec précaution. En 2005, deux tiers des Français s'étaient dits favorable à la constitution européenne en l'état, mais ils l'avaient pourtant rejetée quelques mois plus tard. En outre, la plupart des participants à ce sondage ont précisé qu'ils n'étaient pas au courant des détails du traité, qui n'est pas encore entré dans le débat public en France.
« Si un référendum était organisé, le taux de réponses positives ne serait pas si élevé », a affirmé M. Jeanbart.



