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Le ministre italien des affaires étrangères affirme que l'avenir de l'Italie est en Europe

Publié 09 janvier 2012
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Le ministre italien des affaires étrangères, Giulio Terzi di Sant'Agata, a confirmé l'orientation pro-européenne de son gouvernement. Il a déclaré lors d'un entretien exclusif accordé à EurActiv Italie que la monnaie unique était « irréversible ».

« L'Italie est l’un des fondateurs du grand projet européen et personne ne peut douter de nos traditions européistes et de l'importance que nous accordons à la coopération communautaire », a déclaré M. Terzi.

L'ancien ambassadeur de l'Italie à Washington s'est également engagé à travailler en étroite collaboration avec les États-Unis sur la question du Moyen-Orient et du terrorisme.

Le premier ministre, Mario Monti, dont le gouvernement de technocrates est arrivé au pouvoir le 16 novembre, a été commissaire européen de 1995 à 2004. Les récentes initiatives du gouvernement soutiennent l'idée d'une taxe européenne sur les transactions financières et la levée des restrictions sur le marché du travail pour les Roumains et les Bulgares.

M. Terzi a insisté sur l'importance de l'Italie au sein de l'UE. « Aujourd'hui plus que jamais, nous sommes convaincus que notre destin est en Europe et, comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, nous sommes certains qu’une Europe sans Italie ne peut pas exister », a-t-il affirmé.

Au cours des derniers mois, la gestion de la crise de la zone euro a été largement soumise à l'influence du président français, Nicolas Sarkozy, et de la chancelière allemande, Angela Merkel. L'Italie est la troisième économie de la zone euro.

L'UE sous pression

M. Terzi a laissé entendre que les difficultés économiques des pays européens accélèreraient le rythme des réformes. « Il est incontestable que la crise actuelle, qui a débuté en dehors de l’Europe, a soumis l’Union à des pressions très fortes, suscitant des craintes et accélérant la réflexion sur les réformes possibles des traités », a-t-il expliqué.

Les gouvernements européens sont actuellement en train de négocier les détails du nouveau traité de « pacte budgétaire » visant à renforcer la discipline budgétaire. Un Conseil européen des dirigeants nationaux devrait avoir lieu le 30 janvier prochain pour finaliser le texte du traité. Le pacte devrait être signé lors d'un sommet début mars.

Le ministre s'est dit confiant quant au fait que les mesures nécessaires à la sauvegarde de la zone euro seraient prises.

« La monnaie unique est irréversible et je pense que tous les pays de la zone euro en sont convaincus. Toutefois, cela arrive dans toutes les conquêtes, l’euro doit également être défendu en utilisant tous les moyens possibles », a-t-il déclaré.

Austérité

Rome a récemment annoncé de nouvelles mesures d'austérité et la Banque centrale européenne a accordé près de 500 milliards d'euros de prêts à faible taux d'intérêt aux banques de la zone euro, dans l'espoir d'apaiser les marchés financiers. Les rendements des obligations italiennes à dix ans (le taux d'intérêt que le gouvernement doit payer pour de nouveaux prêts) restent d'environ 7 %, un niveau proche de celui considéré comme insoutenable par de nombreux économistes.

Selon M. Terzi, les troubles économiques domineront les débats électoraux dans les pays occidentaux en 2012. « Le débat politique pendant la campagne électorale (cela vaut pour les États-Unis comme pour les autres pays qui devront élire leur gouvernement en 2012) sera conditionné par l’économie », a-t-il expliqué.

Les économistes prévoient une récession au sein de l'UE cette année. Selon une étude d'Eurostat, en novembre 2011, le taux de chômage au sein de la zone euro est resté stable à 10,3 %, le taux le plus élevé depuis la création de la monnaie unique. De nombreux pays européens organiseront des élections nationales en 2012, notamment la France, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie.

Coopération avec les États-Unis sur la question du Moyen-Orient

M. Terzi a fait part de son sentiment de solidarité avec les États-Unis et de son soutien à la coopération internationale sur les questions liées au Moyen-Orient, notamment à l'Irak, l'Iran, la Syrie et le terrorisme. Par le passé, il a occupé les postes de chef de la délégation italienne auprès du Conseil de sécurité de l'ONU et d'ambassadeur aux États-Unis.

« Un Iran doté de l'arme nucléaire représenterait une menace très grave pour le monde entier, pas seulement pour les Etats-Unis. Nous partageons donc complètement les inquiétudes américaines et nous continuons à collaborer avec les autres partenaires de la communauté internationale pour éviter que Téhéran ne dépasse la « limite » [nucléaire] », a-t-il déclaré.

Les pays de l'UE ont récemment accepté le principe d'imposer un embargo sur les importations de pétrole iranien. M. Terzi a précisé que ces sanctions avaient pour but de « rétablir la coopération avec Téhéran, dans l’intérêt même du pays ».

Concernant le départ officiel des troupes américaines en Irak le mois dernier, le ministre italien a affirmé que cette opération avait fait entrer le pays dans « une phase très délicate », et que l'Italie contribuerait à la transition.

« La communauté internationale ne quittera pas l’Irak et nous nous engagerons tous pour soutenir le peuple irakien et ses institutions légitimes », a-t-il en effet expliqué.

Le ministre a également laissé entendre que la menace terroriste subsistait, malgré l'exécution du leader d'Al-Qaida, Ben Laden, en mai 2011.

« On ne peut pas baisser la garde, car nous savons que d'autres groupes sont en train de s’organiser en fomentant la haine et la violence [...] Le seul chemin à emprunter est celui de la cohésion de la communauté internationale », a-t-il déclaré.

Pour lire cet entretien dans son intégralité en français, veuillez cliquer ici.

EurActiv.com — Article traduit de l'anglais

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