Le rapport, rédigé par Tobias Van Assche, un universitaire de l’Université d’Anvers, utilise le « Leadership Trait Analysis » (LTA) - une méthode utilisée aux Etats-Unis pour compiler les profils politiques des dirigeants politiques - pour enquêter sur la pertinence de la candidature de M. Van Rompuy au nouveau haut poste de l’UE.
Basé sur le profil LTA, ce rapport montre qu’élire M. Van Rompuy en tant que premier président du Conseil de l’UE est un très bon choix si l’on regarde ce dont l’Europe a besoin actuellement.
Lors d’un entretien accordé à EurActiv, M. Van Assche a confirmé qu’il pensait que le premier ministre belge était précisément le type de dirigeant dont l’UE avait besoin à ce moment de son évolution.
La partie scientifique de mon analyse montre qu’il a plus un profil de gestionnaire, a-t-il dit, ajoutant qu’en ce moment précis, l’UE était dans une période de consolidation, où un « créateur de consensus » informel et discret serait plus efficace qu’un personnage charismatique mondial tel que Tony Blair.
Si une majorité de dirigeants européens souhaitaient en effet que l’UE devienne plus forte sur la scène mondiale, M. Van Rompuy ne serait pas la bonne personne, a souligné l’universitaire d’Anvers.
Cependant, le rapport conclut que l’Europe élargie des 27 ne cherchait pas à effectuer des changements drastiques dans un futur proche. Au contraire, elle essaie de digérer un certain nombre d’évolutions récentes telles que : la crise économique, les questions relatives aux derniers élargissements, et la mise en œuvre du traité de Lisbonne.
M. Van Rompuy remplit donc parfaitement les critères, étant donné que le plus grand défi que devra affronter le nouveau président sera de trouver un accord entre les 27 pays qui ont des demandes et des besoins très différents.
Le premier ministre belge, qui d’après l’analyse LTA n’a pas un « grand besoin de pouvoir », n’essaiera pas, ainsi, de chercher à imposer un accord lorsqu’il n’y a pas de consensus général.
Il va plutôt donner aux pays le sentiment qu’ils travaillent sur un accord « avec » lui, non pas « pour » lui.
M. Van Assche pense que la technique du LTA - qui était à l’origine une méthode américaine pour évaluer les dirigeants soviétiques peu connus durant la guerre froide - est un outil crédible dans le contexte européen. Selon lui, c‘est une technique très fiable.
Un gain pour l’UE, une perte pour la Belgique
Le problème le plus important dans l’hypothèse où M. Van Rompuy deviendrait président du Conseil, c’est l’éventuel impact négatif que cela aura sur la Belgique, a expliqué M. Van Assche à EurActiv.
La Belgique a besoin de ce type le dirigeant pour mener le pays à travers des réformes étatiques difficiles qui ont déjà été à l’origine de crises à un grand nombre d’occasions, précise le rapport.
Concluant en affirmant que l’UE et la Belgique pourraient aussi bien l’une que l’autre profiter du leadership calme et ferme de M. Van Rompuy, M. Van Assche a admis qu’il était difficile pour lui de dire laquelle des deux en bénéficierait le plus.



