Des centaines de milliers de catholiques sont attendus à Rome dimanche pour assister à la béatification de Jean-Paul II, largement considéré comme l'une des figures religieuses les plus influentes du XXe siècle et l'un des moteurs de la transition de l'Europe au postcommunisme.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président de la Commission, José Manuel Barroso, son vice-président Antonio Tajani et le président du Parlement, Jerzy Buzek, devraient tous assister à la cérémonie, a appris EurAcitv.
Jean-Paul II, né en Pologne en 1920 sous le nom de Karol Józef Wojtyła, était considéré comme l'un des acteurs de la fin du communisme dans son pays puis en Europe.
La cérémonie de béatification au Vatican est annoncée comme un évènement strictement religieux et représente une étape importante sur le chemin de la canonisation du pape. C'est dans cette optique que le Vatican a confirmé que Jean-Paul II avait réalisé un miracle en guérissant une nonne française souffrant de la maladie de Parkinson.
Répondant à une question sur la présence de M. Barroso à la béatification en ce jour de la fête du Travail, le porte-parole de la Commission, Olivier Bailly, a déclaré aujourd'hui (28 avril) que M. Barroso avait répondu à cette invitation comme lors des funérailles de Jean-Paul II en 2005.
« La raison est extrêmement simple. La Commission et le président de la Commission souhaitent rendre hommage au rôle joué par Jean-Paul II dans l'histoire européenne et dans le développement de la démocratie et de la liberté à la fin du XXe siècle en Europe », a-t-il affirmé.
Le caractère religieux de la cérémonie mis à part, les représentants de l'UE souhaitaient exprimer leur respect quant au rôle joué par l'ancien pape dans la libération de l'Europe du communisme, a insisté M. Bailly.
« La Commission estime que Jean-Paul II a joué un rôle remarquable dans l'ouverture des pays qui étaient sous le joug de l'Union soviétique », a-t-il expliqué.
EurActiv a contacté les services du Vatican mais n'a pas pu obtenir une liste complète des chefs d'Etat et de gouvernement européens censés assister à la béatification.
Selon la presse, le président polonais, Bronisław Komorowski, et le premier ministre du pays, Donald Tusk, prévoient tous deux de participer, ainsi que le premier ministre français, François Fillon, et Toomas Ilves, le président estonien.
La présence des dirigeants polonais n'est bien évidemment pas une surprise. Selon la presse polonaise, environ 80 000 Polonais devraient assister à la béatification de leur illustre compatriote.
Toutefois, plusieurs autres chefs d'Etat et de gouvernement, y compris de certains pays catholiques, semblent avoir préféré assister aux évènements de la fête du Travail dans leur propre pays.
La présence de trois des plus hauts représentants de l'UE en surprendra sans doute certains. Il existe toutefois trois explications à cela. Les profondes racines catholiques du président du Conseil, Herman Van Rompuy, sont bien connues et M. Barroso est originaire d'un pays très catholique, le Portugal. Dans le même temps, le président du Parlement, M. Buzek, même s'il est protestant, est un compatriote de l'ancien pape et sa présence était attendue.
De plus, tous appartiennent au Parti populaire européen (PPE) qui promeut depuis longtemps les racines et les valeurs chrétiennes de l'UE.
Le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, a commenté la présence à Rome du premier ministre, François Fillon, en affirmant que la France était la « fille aînée de l'Eglise ».



