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Les eurodéputés fantômes empêtrés dans le bourbier institutionnel

Publié 17 mars 2010 - Mis à jour 08 avril 2010
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Aujourd'hui (17 mars), les eurodéputés devraient avancer sur le moyen d'accueillir leurs 18 collègues supplémentaires, comme prévu par l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne.

Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, un certain nombre de pays ont dû faire face à l'épreuve d'augmenter ou de réduire le nombre de leurs eurodéputés puisque les dernières élections européennes se sont déroulées dans le cadre du traité de Nice, qui fixait le nombre de parlementaires à 736.

Les eurodéputés siégeant au sein de la commission affaires constitutionnelles (AFCO) discuteront aujourd'hui d'un rapport sur la question élaborée par l'eurodéputé de centre droit espagnol Íñigo Méndez de Vigo.

Le seul moyen de régler le problème, a expliqué M. Méndez de Vigo, est de convoquer une conférence intergouvernementale, comme suggéré par le Conseil européen dans une lettre au Parlement européen.

En effet, une petite conférence intergouvernementale (CIG) pourrait convenir d'une augmentation temporaire du nombre de sièges au Parlement, a déclaré lors d'un récent évènement public à Bruxelles le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes Diego Lopez Garrido.

La présidence espagnole a présenté une proposition. Il n'est pas nécessaire de convoquer une convention, a dit M. Lopez Garrido, qui s'exprimait lors de cette conférence. Une CIG est plus simple à convoquer qu'une convention.

Une CIG peut avoir lieu en une demi-heure lors d'un sommet européen, a déclaré à EurActiv Piotr Maciej Kaczyński, chercheur au Centre for European Policy Studies (CEPS). Une convention prend plus de temps puisqu'elle est composée de représentants des gouvernements, des parlements nationaux et du Parlement européen, a-t-il ajouté.

Coincé dans les chiffres

Selon le Protocole 36 du traité de Lisbonne, le Conseil européen doit adopter une décision déterminant la composition du Parlement européen à temps pour les élections du Parlement européen de 2009. Mais cette décision n'a pas été prise avant le scrutin de juin et le nombre actuel d'eurodéputés (736) doit être augmenté pour atteindre 754.

Même si le traité de Lisbonne mentionne 750 eurodéputés plus le président, le Conseil européen de décembre 2008 a convenu d'augmenter ce nombre à 754 jusqu'en 2014, afin de ne pas retirer trois eurodéputés allemands élus en juin.

M. Méndez de Vigo a souligné dans son rapport que la conférence intergouvernementale devrait se concentrer sur la question spécifique de l'adoption de mesures transitoires concernant la composition du Parlement européen pour le reste de la législature 2009-2014.

Cependant, un autre obstacle doit être levé : celui de choisir les eurodéputés supplémentaires dans des pays comme la France, le Royaume-Uni et l'Italie (voir Contexte). L'eurodéputé libéral Andrew Duff a critiqué les projets français de sélectionner de nouveaux membres parmi les rangs des députés nationaux, estimant que cela pourrait être contesté devant la Cour européenne de Justice (EurActiv 10/02/10). Les autres pays prévoient de recompter les résultats des élections de juin pour déterminer leurs eurodéputés supplémentaires.

M. Duff, les eurodéputés verts Gerald Häfner et Sandrine Bélier ont élaboré deux amendements, demandant à ce qu'une convention soit convoquée pour discuter de la troisième option : sélectionner les eurodéputés supplémentaires parmi les députés nationaux.

S'adressant à EurActiv, M. Méndez de Vigo a insisté pour dire que ces mesures sont transitoires et ne concernent que 12 Etats membres, qu'elles sont sans intérêt politique et qu'elles ne soulèvent pas de conflits ou de désaccords majeurs. Un fonctionnaire du Parlement a confirmé que les amendements des libéraux et des verts ne seront pas soutenus par une majorité des membres de la commission AFCO.

Prochaines étapes : 

•    7 avril 2010 : Vote sur le rapport d'Íñigo Méndez de Vigo en commission AFCO. •    Fin printemps : Vote en plénière. •    Avant le 1er décembre : 18 eurodéputés supplémentaires devraient siéger comme observateurs.  

Contexte : 

Les élections européennes de juin 2009 ont été organisées dans le cadre du traité de Nice, qui fixe le nombre maximum de 736 sièges au Parlement. Cependant, le traité de Lisbonne prévoit un maximum de 751 eurodéputés, y compris le président du Parlement.

Le nouvel arrangement parlementaire sous tend le retrait de trois eurodéputés allemands. Mais le Conseil européen a convenu en décembre 2008 que le nombre d'eurodéputés augmenterait pour atteindre 754 jusqu'à la fin de la législature. Après 2014, le nombre de parlementaires allemands sera ramené à 96 et le nombre total d'eurodéputés à 751.

L'Allemagne n'est pas le seul pays devant régler cette question. Douze Etats membres de l'UE doivent résoudre ce problème de l'augmentation du nombre d'eurodéputés :

- l'Espagne a obtenu quatre sièges supplémentaires ;

- l'Autriche, la France et la Suède en obtiennent chacune deux, et ;

- la Bulgarie, l'Italie, la Lettonie, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, la Slovénie et le Royaume-Uni en reçoivent un chacun.

Cependant, plusieurs pays comme la France, le Royaume-Uni et l'Italie n'ont pas fixé avant les élections européennes les modalités d'attribution de ces nouveaux sièges dans l'hypothèse où le traité de Lisbonne serait adopté à travers l'UE (EurActiv 06/11/09).

Lors d'un sommet en 2008, les dirigeants européens ont convenu que les eurodéputés supplémentaires pourraient être désignés soit par des élections ad hoc, soit en se référant aux résultats des élections européennes des 4 et 7 juin 2009, ou bien être issus et désignés par les parlements nationaux.

En novembre 2009, le Parlement a amendé ses règles de procédure afin que les nouveaux eurodéputés puissent acquérir le statut d'observateur pendant la période intérimaire jusqu'à ce que les changements soient pleinement adoptés par les Etats membres.

(Pour consulter la liste provisoire des eurodéputés fantômes mise au point par EurActiv, cliquez ici).

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