Réunis devant la presse bruxelloise vendredi (16 décembre), les dirigeants syndicaux de l'UE ont admis que les fonctionnaires européens avaient du mal à porter leur cause à l'attention du public.
« Nous sommes bien conscients que nous souffrons d'un problème d'image », a déclaré Pierre-Philippe Bacri, le président de la Fédération de la fonction publique européenne.
Pour contrer cela, les syndicats de l'UE ont publié une série de recommandations visant à économiser 1 milliard d'euros du budget administratif, en mettant par exemple un terme au morcellement des agences de l'UE à travers les Etats membres, ou en réduisant le nombre de directions générales comparables à des « ministères » européens.
« Nous essayons d'être raisonnables en termes de dépenses », a déclaré M. Bacri.
Les gouvernements nationaux ont exercé une pression énorme pour réformer la fonction publique européenne, et cette question a également attiré l'attention des médias nationaux de façon négative au cours des derniers mois. Au mois d'octobre, la chaîne télévisée belge RTBF a notamment diffusé un documentaire sur le sujet, intitulé « Les eurocrates sont-ils trop payés ? ».
Nouvelles propositions de la Commission
Maroš Šefčovič, le commissaire européen à l'administration, a publié le 13 décembre ses propositions révisées pour la réforme des règles de la fonction publique européenne.
Ces propositions incluent notamment une réduction du personnel de 5 %, par roulement, dans l'ensemble des institutions pour la période 2013-2017, une augmentation du temps de travail hebdomadaire minimum de 37,5 à 40 heures, et une hausse des « prélèvements spéciaux », en plus de l'impôt sur le revenu, de 5,5 à 6 %.
La modification la plus importante concerne peut-être la création d'une nouvelle grille de rémunération pour le personnel de bureau et de secrétariat. Les salaires des nouveaux arrivants dans ces branches seront inférieurs de 18 %, amenant le salaire brut de départ à 2160 euros par mois, avec un maximum de 4350 euros par mois pour le personnel le plus qualifié.
Selon les dirigeants syndicaux, ces mesures frapperont injustement les femmes, dans la mesure où elles représentent la vaste majorité du personnel de secrétariat. Quelques trois cinquièmes des assistants de la Commission les moins bien rémunérés sont en effet des femmes. À l'inverse, la gent féminine est sous-représentée parmi les deux cinquièmes restants, les « administrateurs » qui ont un rôle de supervision et bénéficient de salaires généreux.
Le système de calcul des augmentations de salaire annuelles pour compenser l'inflation sera également modifié, ce qui devrait freiner l'évolution du pouvoir d'achat des fonctionnaires dans les 27 Etats membres.
Les syndicats de l'UE assurent que ces réformes sont dans l'ensemble incompatibles avec les responsabilités supérieures des institutions suite à l'élargissement et à l'adoption du traité de Lisbonne, et qu'elles compliqueront la tâche de l'Union pour attirer suffisamment de personnes pour la fonction publique européenne dans chaque Etat membre.
Le bureau de M. Šefčovič s'est refusé à tout commentaire sur la possibilité de mettre en œuvre les propositions des syndicats, et a déclaré : « La balle est à présent dans le camp du Parlement européen et du Conseil ».
Plus fiers de travailler pour l'UE
Outre le goût amer que laissent ces réformes, les fonctionnaires européens sont également de plus en plus déprimés par le rôle changeant des institutions européennes.
Le leader syndical Georges Vlandas a déclaré que lors des années précédentes, certains « projets positifs » ont vu le jour, comme l'élargissement et la création de l'euro. « Nous étions fiers de participer à ces aventures », a-t-il expliqué.
M. Vlandas a comparé ces exemples aux circonstances actuelles, dans lesquelles le Conseil européen a demandé à la Commission de mettre en œuvre « des politiques hostiles aux populations ».
« Toutes les mesures d'austérité qui ont été prises ces deux dernières années en Grèce n'ont servi qu'à rembourser les intérêts des banques [sur la dette] », a-t-il ajouté.





COMMENTS
Les privilégiés d'un système inique se plaignent. Ils vont peut-être gagner un peu moins les pauvres..
N'ont-ils donc aucune dignité?
Ils sont la nomenklatura du système européen.
Messieurs, un peu de retenue, un peu de modestie...
@Raymond Bove : Vous confondez avec les Footballeurs...
Si vous considérez un salaire de 2160 euros un gros salaire, alors que dire des millions d'euros des footballeurs, "comédiens", animateurs etc...
Il faut arrêter le nivellement par le bas...
La Commission Européenne c'est 34 000 fonctionnaires et autres agents venant de 27 pays (cela représente une moyenne de 1250 par pays), on est bien loin des 1 053 000 dans la seule éducation nationale Française.... Tous les fonctionnaires et autres agents de toutes les institutions Européennes renies ne représentent que 0,1% des fonctionnaires des pays de l'UE.
Basta les inepties...
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