Des amendements législatifs qui rendraient le traité davantage compatible avec le droit allemand ont reçu une vaste approbation de la part des conservateurs de la CDU/CSU, du parti socialiste (SPD), du parti fédéral (FDP) et des Verts. Comme attendu, le parti d’extrême gauche (Die Linke) n’a pas approuvé le paquet législatif.
Les nouvelles règles vont accorder au gouvernement des droits de participation plus important dans le processus législatif européen, selon la Cour constitutionnelle.
La CSU avait auparavant menacé de saboter le vote d’hier alors que les ultraconservateurs discutaient d’un autre amendement qui aurait lié l’interprétation du traité de Lisbonne à la constitution allemande.
Alors que la position du parti sur cette question a fluctué, d’abord conciliant en août avant d’y être opposé en septembre - le porte-parole du parti sur l’Europe a affirmé à EurActiv.de qu’ils chercheraient à peser plus tard, ils ont refusé de révéler de quelle manière le parti votera aujourd’hui.
Le président fondateur de l’European Policy Centre, Stanley Crossick, a déclaré que la décision de la Cour constitutionnelle allemande pouvait éveiller dans les parlements des autres Etats membres la volonté de trouver des moyens de contrôler leurs gouvernements lorsque ces derniers agissent au Conseil européen.
Il fait notamment référence au modèle danois, dans lequel les ministres se rencontrent en amont des réunions du Conseil afin de sécuriser un mandat de négociation de la part du comité Europe du Folketing (Parlement) sur les questions de politique européenne.
Si tous choisissaient le modèle danois, les conséquences sur les négociations au Conseil seraient tragiques, a-t-il ajouté.
Le dirigeant de Die Linke, Oskar Lafontaine, a déclaré dans des termes sans équivoques que son parti était opposé au traité de Lisbonne et qu’il rejoindrait les rangs du camp du « non » à l’Europe.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, a rejoint hier le co-dirigeant des Verts Cem Özdemir, critiquant à la fois la CSU et Die Linke pour leur alignement contre le traité de Lisbonne et pour avoir rejoint un nouveau mouvement politique anti-Europe.
La chancelière allemande Angela Merkel a maintenant la tâche peu enviable de relayer le message de son gouvernement à l’Europe : les amendements sont contraignants et cela va changer le manière dont l’Allemagne se comporte au Conseil.
La position de Mme Merkel et de l’Allemagne va être considérablement affaiblie par ces amendements, a prévenu Angelica Schwall-Düren, présidente adjointe du SPD.



