EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Actualités en Bulgarie
Actualités en Turquie
Actualité en Allemagne
Actualités en Espagne
Actualités en France
Actualités au Royaume-Uni
Actualités en Pologne
Actualités en République tchèque
Actualités en Slovaquie
Actualités en Hongrie
Actualités en Roumanie
Actualités en Serbie
Greece News
Italy News
Bulgaria Turkey Germany Spain France United Kingdom Poland Czech Republic Slovakia Hungary Romania Serbia Greece Italy
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Lisbonne: le « non » irlandais en difficulté, selon les experts [FR]

Publié 20 août 2009
Version imprimableEnvoyer à un ami

A l'approche du second vote de l'Irlande sur le traité de Lisbonne, les concessions remportées par le gouvernement irlandais doublées d'un regain du mouvement de la société civile pour le « oui » pourraient mettre le camp du « non à Lisbonne » en position difficile dans les semaines à venir, ont déclaré des experts à EurActiv.

A six semaines du second référendum, les deux campagnes pour et contre Lisbonne grimpent dans les tours. 

Si bon nombre des arguments de 2008 des deux parties sont recyclés à nouveau, les experts ont confié à EurActiv que la toile de fond politique du référendum de cette année est profondément différente de celui de l’année passée. 

Selon des sources, qui ont souhaité rester anonymes étant donné la nature politique sensible des débats actuels, de nombreux points de discorde relevés par le camp du « non » en 2008 sont aujourd’hui hors-jeu, étant donné que les garanties et les concessions accordées à l’Irlande par les dirigeants européens semblent avoir apaisé de nombreuses craintes exprimées par les électeurs irlandais du « non » en juin dernier. 

Selon ces sources, la campagne du « non » pourrait se trouver en position défavorable pour répéter son succès de 2008. 

Vu le changement de contexte, le camp du « non » devra baser ses arguments sur des questions qui n’ont pas été abordées par les garanties de l’UE, en particulier les droits des travailleurs en fer de lance de la campagne. 

En effet, la campagne combinée du « non » a été lancé plus tôt dans la semaine avec l’avertissement que le traité nuirait aux travailleurs et les laisserait plus exposés aux réductions de coût. 

Un document profondément non démocratique, selon le camp du « non »

Prenant la parole lors du lancement, l’unique eurodéputé irlandais opposé à Lisbonne, le socialiste Joe Higgins, a soutenu que le traité de Lisbonne est un document profondément antidémocratique, qui cherche à faire des politiques économiques de droite le centre exclusif de l’attention. 

Selon l’eurodéputé, si Lisbonne est adopté, la Commission européenne soutiendrait le droit des grandes entreprises de tirer profit des services publics au détriment du droit des travailleurs d’agir en défense de ces services.

Cependant, Andrew Byrne, le responsable des opérations du groupe de défense pro-Lisbonne « Ireland for Europe », a rejeté les affirmations du camp du « non », soutenant que cette approche au lance-flammes continue à dresser un portrait erroné de Lisbonne comme faisant partie d’un programme économique néolibéral.

Selon M. Byrne, le côté du « non » continuera à déformer la vérité, jouant sur les peurs et les angoisses des gens. 

Le camp du « oui » légitimé par de nombreux groupes

En dépit de ce qu’il considère comme l’alarmisme du côté du « non », M. Byrne (pro-Lisbonne) croit que l’émergence d’une multitude de groupes de la société civile pour le « oui » donne une forte légitimité à toute la campagne pro-Lisbonne. 

Il suffit de voir le nombre de groupes présents pour voir qu’il y a une vague de fond de gens qui ne montent d’habitude pas sur la scène politique, qui se préoccupent maintenant de l’avenir du pays et qui sentent que Lisbonne en fait partie, a-t-il déclaré.

Voilà qui montre qu’il existe des gens en Irlande qui estiment que cette question est trop importante que pour l’abandonner aux politiciens et aux groupes traditionnels, selon lui. 

M. Byrne a soutenu que la prolifération des groupes du « oui » de la société civile peut ébranler la confiance du camp du « non », puisqu’elle ne permet pas aux groupes du « non » de dépeindre Lisbonne comme un pur projet de l’establishment politique.

Nous montrons aux gens qu’il y a un nouvel accord sur la table et que leurs inquiétudes ont bien été entendues. La perte du commissaire, par exemple, préoccupait beaucoup les gens, a affirmé M. Byrne. 

Le représentant de « Ireland for Europe » a conclu que pour lui, le camp « non » est en position de faiblesse, cette fois ; il a tout de même mis en garde contre l’autosatisfaction des militants pro-Lisbonne, affirmant que tous les groupes devraient rester actifs sur le terrain jusqu’au référendum.

Contexte : 

L’Irlande a rejeté le traité de Lisbonne lors d’un référendum en juin 2008 (EurActiv 13/06/08), ce qui mena à temporiser les réformes contenues dans le traité et semant une consternation généralisée chez les responsables politiques européens. 

Après les résultats du référendum, le gouvernement irlandais a mené une recherche détaillée sur les raisons du refus du traité par le public ; il a révélé des craintes sur la neutralité militaire, l’impact potentiel du traité sur les taux d’imposition des entreprises en Irlande, les droits des travailleurs, et enfin les questions éthiques sur la place de la famille et de l’avortement. La question de la perte par l’Irlande de son commissaire européen fait aussi partie des inquiétudes. 

Les dirigeants en réunion à Bruxelles en décembre 2008 ont convenu de trouver une solution juridiquement contraignante pour lever toute confusion sur la manière dont le traité affectera l’Irlande, dans l’espoir que cela permettrait un second référendum (EurActiv 12/12/08).

Après les élections européennes de juin, où un seul des 12 eurodéputés irlandais a été élu sur une base anti-traité de Lisbonne, les dirigeants européens ont atteint un compromis en proposant à l’Irlande des garanties juridiquement contraignantes sur le traité de Lisbonne, sans exiger des autres pays qu’ils ratifient à nouveau le texte (EurActiv 19/06/09). 

Le gouvernement irlandais a fixé au vendredi 2 octobre la date du second référendum (EurActiv 24/06/09). 

Ce n’est pas la première fois que l’Irlande passe par un second vote sur un traité européen, puisque deux référendums furent requis pour adopter le traité de Nice.

More in this section

Publicité