Des sources du Parlement européen ont confirmé à EurActiv que M. Uspaskich tentait de faire obstacle à la requête d’extradition formulée par son gouvernment.
L’eurodéputé lituanien a récemment écrit à Jerzy Buzek, président du Parlement européen et à Guy Verhofstadt, chef du groupe libéral ADLE auquel appartient son parti, ainsi qu’au président de la commission des Affaires juridiques, l’eurodéputé Klaus-Heiner Lehne, affirmant être victime de persécution politique.
Son parti politique, Darbo (travailliste), qu’il a fondé en 2003, est suspecté de violations en matière de fiscalité sur les revenus. Il affirme n’être responsable d’aucune malversation puisqu’il avait confié la comptabilité du parti à un collaborateur.
M. Uspaskich a décrit cette affaire comme une « attaque coordonnée par l’Etat » souhaitant la destruction d’une personnalité publique. Il a comparé cette affaire à celle de Mikhail Khodorkovski, l’ex-PDG de Ioukos qui a été condamné à huit ans de prison pour évasion fiscale en Russie.
En dépit de ses critiques sur l’affaire Khodorkovski, M. Uspaskich, d’origine russe, a récemment passé plusieurs années dans son pays natal, à la recherche d’un refuge contre les poursuites lituaniennes.
Le millionnaire devenu eurodéputé est un personnage populaire en Lituanie. En 2004, il a remporté les élections parlementaires dans son pays et y est devenu ministre de l’économie. Son parti était alors le grand gagnant des élections européennes de 2004, décrochant cinq sièges sur les 13 affectés à la Lituanie.
Après une série de scandales, M. Uspaskich fut poussé à la démission de son poste de ministre, a quitté le Parlement et a fui en Russie. Les autorités lituaniennes ont depuis lors tenté d’obtenir son extradition.
Aux élections européennes de 2009, M. Uspaskich était le seul candidat de son parti Darbo à être élu eurodéputé. Bien que la richesse de M. Uspaskich soit bien connue, sa Déclaration d'intérêts financiers soumise au Parlement européen et publiée sur site web de l’institution est en fait complètement vide.
Une source de l’ADLE a confié à EurActiv que M. Uspaskich se trouvait à Bruxelles, mais qu’il n’était pas possible d’obtenir un commentaire pour le moment.
Les requêtes des gouvernements nationaux pour lever l’immunité d’un eurodéputé afin de les faire comparaître devant un tribunal ne sont pas inhabituelles. Cela demande environ cinq mois aux institutions de l’UE pour rendre leur décision, ont déclaré à EurActiv les services juridiques du Parlement.



