« L'expulsion de la Hongrie de l'Union européenne n'est plus un tabou », a déclaré M. Palmer, ambassadeur américain auprès de la Hongrie de 1986 à 1990. Il s'est exprimé dans le Népszabadság, le principal quotidien de l'opposition en Hongrie.
Ce pays « ne sera pas toléré s'il ne reste pas une démocratie », a-t-il affirmé.
Une nouvelle constitution controversée est entrée en vigueur le 1er janvier. Un certain nombre de « lois fondamentales » accompagnant la constitution ont été adoptées le 30 décembre.
Ces lois entraveraient l'indépendance de la banque centrale, du système judiciaire et de la presse. Les détracteurs de ces nouvelles mesures affirment également qu'elles représentent une attaque contre la liberté de religion étant donné la diminution du nombre de groupes religieux reconnus de 300 à 14.
Dans le cadre de son traité d'adhésion à l'UE, la Hongrie sera obligée d'adopter l'euro dès qu'elle sera prête. Or, la nouvelle constitution fait de la monnaie nationale, le forint, la seule devise légale dans le pays.
Les détracteurs de cette constitution arguent également que la nouvelle loi électorale permettra au parti de M. Orbán, le Fidesz, de rester au pouvoir pour les années à venir. Les partenaires occidentaux de la Hongrie craindraient que ces mesures ne puissent pas être revues facilement, étant donné qu'il faudrait pour cela une majorité des deux tiers au parlement.
Hillary Clinton critique
Les médias hongrois ont publié une lettre de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, adressée à M. Orbán, dans laquelle elle déplore que, malgré les conseils de Washington, la constitution et les lois fondamentales n'aient pas été remises en question.
Mme Clinton affirme que, tout comme la Commission européenne, les Etats-Unis estiment que la nouvelle loi sur le système judiciaire « ébranle l'équilibre des pouvoirs permettant de préserver l'indépendance du système judiciaire ». Les Etats-Unis se disent également « très inquiets » qu'aucune modification n'ait été apportée à la loi sur les religions. Concernant la loi sur les médias, Mme Clinton partage les inquiétudes de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), de l'ONG américaine Freedom House et d'une récente mission d'experts de la presse, selon lesquelles cette loi concentre trop de pouvoir aux mains d'un Conseil des médias « nommé par la sphère politique ».
Mme Clinton a également déclaré qu'elle déplorait le non-renouvellement de la licence de diffusion de KlubRadio, une station populaire avec une audience de 500 000 personnes. Les autorités ont transféré la licence de KlubRadio à une entité inconnue ne disposant que de 4000 euros de capital. Selon Mme Clinton, cela remet en question l'engagement des autorités envers la pluralité des médias.
Cette loi sur les médias a pourtant reçu le feu vert de la Commission européenne en février dernier lors de la présidence hongroise du Conseil de l'UE. Apparemment déçus du manque de critique de l'UE envers la Hongrie, les intellectuels du pays se sont tournés vers les Etats-Unis pour qu'ils s'élèvent contre ce qu'ils qualifient de « système autocratique ».





COMMENTS
De quel droit un non-européen se permet-il de parler au nom de celle-ci?
On croit rêver. Ou serait-ce la triste vérité?
Si un pays tiers parle c'est au nom du silence assourdissant des membres de l'UE qui ont manqué de fermeté et cela de longue date!
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