Faisant preuve d'unité, alors que les doutes grandissent quant à la capacité du couple franco-allemand de piloter l'Union, les deux dirigeants ont mis sur la table un certain nombre de propositions avant le sommet européen du 17 juin.
Abandonnant sa volonté première d'une institutionnalisation formelle de la gouvernance économique de la zone euro, M. Sarkozy a accepté la proposition de Mme Merkel selon laquelle les sommets européens habituels pourraient jouer ce rôle.
En contrepartie, Mme Merkel a accepté qu'en cas d'urgence, il y ait des rencontres informelles ad hoc entre membres de la zone euro.
Les deux dirigeants se sont aussi mis d'accord sur le fait que les gouvernements qui violent la discipline budgétaire de l'Union voient leurs droits de vote suspendus.
M. Sarkozy, qui jusqu'ici n'était pas en faveur de mesures punitives, a affirmé que la question de savoir si un changement des traités était nécessaire pour imposer ces sanctions restait encore sans réponse.
Si un changement du traité est nécessaire, nous le proposerons, a-t-il dit.
Mme Merkel et M. Sarkozy ont également déclaré qu'ils demanderaient aux dirigeants du G20 de soutenir une taxe sur les banques pour toutes les transactions financières internationales lors du sommet de Toronto les 26 et 27 juin.
Le Canada a été à la pointe de l'opposition à une telle taxe lors de la rencontre en Corée du Sud entre ministres des finances du G20 plus tôt dans le mois, mais M. Sarkozy et Mme Merkel ont explicitement fait savoir qu'ils n'étaient pas prêts à abandonner cette idée.
Mme Merkel a affirmé que M. Sarkozy et elle-même écriraient un courrier au premier ministre canadien Stephen Harper pour l'informer des conditions de la rencontre.
L'Espagne dément tout plan de secours
D'autre part, l'Espagne a admis que la crise financière européenne avait eu des conséquences graves pour ses banques, les institutions financières étrangères refusant de prêter à certaines d'entre elles.
Le secrétaire d'Etat espagnol au Trésor Carlos Oscana a reconnu officiellement pour la première fois que certaines banques espagnoles faisaient face à un gel de leur liquidité sur le marché interbancaire et a déclaré que le gouvernement travaillait à restaurer la confiance.
Mme Merkel a été interrogée à propos des informations des médias selon lesquelles Madrid pourrait demander l'aide du Fonds de stabilisation financière européen d'une valeur de 750 milliards d'euros dès cette semaine (EurActiv 10/05/10).
Si des problèmes surviennent – et nous ne devrions pas en faire la promotion – le mécanisme peut être activé à tout moment, a déclaré Mme Merkel. L'Espagne et tous les autres pays savent qu'ils peuvent recourir à ce mécanisme si nécessaire.
Le ministère allemand des finances et la Commission européenne ont démenti une information du Frankfurter Allgemeine Zeitung selon laquelle les Etats de l'UE auraient des discussions sur l'aide à Bruxelles cette semaine.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)




