Une nouvelle campagne gagne du terrain dans l’UE : compter au minimum une femme dans les nouveaux postes de pouvoir créés par le traité de Lisbonne : le président permanent du Conseil de l’UE et le chef des affaires étrangères.
Les postes de présidents de la Commission et du Parlement étant déjà occupés par deux hommes -respectivement José Manuel Barroso et Jerzy Buzek- l’argument principal de la campagne consiste à revendiquer qu’une femme au moins occupe une position de « leader » dans l’UE. Certains noms de femmes politiques ont été évoqués pour remplir cette fonction, notamment l’ancienne présidente de l’Irlande Mary Robinson et l’actuelle ministre de l’éducation grecque Anna Diamantopoulou, anciennement commissaire aux affaires sociales.
La stratégie polonaise pourrait favoriser Mme Robinson
En effet, ces dernières semaines, le nom de Mme Robinson est revenu régulièrement dans les médias comme une rivale envisageable pour le poste de président du Conseil, sortant du lot habituel de suspects actuellement membres de gouvernements. Sa potentielle candidature a très tôt bénéficié d’un soutient de la société civile.
Un nouveau groupe Facebook qui soutient la candidature de Mme Robinson a attiré 4500 membres en une semaine seulement, ce qui représente un bon nombre comparé aux 225 membres du groupe qui supporte Tony Blair de la même façon.
Il semblerait également que le débat politique sur le portrait-robot du futur président du Conseil soit favorable à Mme Robinson. Le quotidien polonais Dziennik a révélé hier (13 octobre) que Varsovie enverrait aux autres capitales européennes sa position officielle quant au type de compétences que le futur président du Conseil doit avoir.
Les polonais, dit-on, s’opposeront à la position selon laquelle le président serait le « côté globbe-trotteur »de l’UE, comme le prévoient beaucoup d’experts, en particulier si une figure internationale telle que Tony Blair prend ce poste.
Au contraire, Varsovie voit le nouveau président comme un genre de secrétaire général qui présiderait les sommets de l’UE et coordonnerait le travail quotidien du Conseil, sans prendre de décision stratégique.
D’après les sources de la Commission européenne, l’Espagne et d’autres pays européens sont également intéressés par un président qui agirait comme un organisateur clé, et pourraient soutenir la Pologne dans sa requête.
Avec un tel scénario, les dirigeants européens pourraient créer une coalition autour de Mme Robinson, ont révélé certaines sources. Mme Robinson n’a pas encore elle-même évoqué cette affaire, et s’est dite indisponible lorsqu’ EurActiv a contacté ses assistants.
Plus de femmes pour la nouvelle Commission ?
La question de la participation des femmes à la vie politique européenne a été d’actualité pendant toute l’année 2009, en particulier après le lancement de l’initiative 50/50 en mai, une campagne qui vise à assurer l’égale représentation des femmes et des hommes dans les institutions européennes.
Alors que les dirigeants de la campagne 50/50 ont été plutôt déçus par les résultats des élections du PE en juin (relevant quand même un léger progrès car la proportion de femmes au Parlement est passée de 30 % en 1999-2004 à 35 % aujourd’hui), ils attendent avec impatience la nouvelle composition de la Commission.
La Commission de M. Barroso devrait faire pression pour avoir un plus grand nombre de femmes parmi ses commissaires. Le premier collège de commissaires de la Commission Barroso, qui a subi plusieurs remaniements, comprenait seulement 8 femmes sur 27. En 2007, il a demandé aux deux nouveaux entrants, la Bulgarie et la Roumanie, de proposer des candidats féminins.
Pourtant, on est loin d’être certains qu’il y aura plus de femmes dans la prochaine Commission. Pour le moment, la Bulgarie a annoncé une femme candidate (Rumiana Jeleva). Le Luxembourg, la Suède, l’Autriche et Chypre devraient également élire ou réélire des femmes commissaires.
La vice présidente de la Commission Margot Wallström, suédoise, a soutenu fermement l’introduction des quotas de genre à la fois dans la politique et l’industrie européennes, dans le but d’accélérer l’aboutissement de la pleine égalité dans tous les secteurs de la société. Elle a affirmé à EurActiv que même si cette question pouvait diviser, elle restait persuadée que les quotas étaient indispensables pour arriver à un « terrain de jeu de haut niveau ».
Elle a constaté que dans tous les pays où les quotas ont été instaurés, ils ont été efficaces, en prenant pour exemple la Norvège (quotas pour la participation des femmes dans l’industrie). Elle en conclut que sans quotas, l’égalité complète ne sera pas atteinte avant des décennies en Europe.
La commissaire suédoise s’est opposée à soutenir explicitement Mme Robinson, mais elle a tout de même rejoint le groupe Facebook qui soutient sa candidature, et l’a fait apparaître sur la page d’accueil de son profil.
(EurActiv Pologne a contribué à cet article.)



