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Mme Robinson, tête de liste féminine pour les « top jobs » de l’UE

Publié 14 octobre 2009
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L’ancienne Présidente irlandaise Mary Robinson semble être la candidate favorite pour l’un des nouveaux « top jobs » de l’UE créés par le traité de Lisbonne, alors que le mouvement qui appelle à améliorer l’égalité entre les sexes dans l’UE continue de s’accroître.

Une nouvelle campagne gagne du terrain dans l’UE : compter au minimum une femme dans les nouveaux postes de pouvoir créés par le traité de Lisbonne : le président permanent du Conseil de l’UE et le chef des affaires étrangères.

Les postes de présidents de la Commission et du Parlement étant déjà occupés par deux hommes -respectivement José Manuel Barroso et Jerzy Buzek- l’argument principal de la campagne consiste à revendiquer qu’une femme au moins occupe une position de « leader » dans l’UE. Certains noms de femmes politiques ont été évoqués pour remplir cette fonction, notamment l’ancienne présidente de l’Irlande Mary Robinson et l’actuelle ministre de l’éducation grecque Anna Diamantopoulou, anciennement commissaire aux affaires sociales.    

La stratégie polonaise pourrait favoriser Mme Robinson

 

En effet, ces dernières semaines, le nom de Mme Robinson est revenu régulièrement dans les médias comme une rivale envisageable pour le poste de président du Conseil, sortant du lot habituel de suspects actuellement membres de gouvernements. Sa potentielle candidature a très tôt bénéficié d’un soutient de la société civile.

 

Un nouveau groupe Facebook qui soutient la candidature de Mme Robinson a attiré 4500 membres en une semaine seulement, ce qui représente un bon nombre comparé aux 225 membres du groupe qui supporte Tony Blair de la même façon.

Il semblerait également que le débat politique sur le portrait-robot du futur président du Conseil soit favorable à Mme Robinson. Le quotidien polonais Dziennik a révélé hier (13 octobre) que Varsovie enverrait aux autres capitales européennes sa position officielle quant au type de compétences que le futur président du Conseil doit avoir.

Les polonais, dit-on, s’opposeront à la position selon laquelle le président serait le « côté globbe-trotteur »de l’UE, comme le prévoient beaucoup d’experts, en particulier si une figure internationale telle que Tony Blair prend ce poste. 

Au contraire, Varsovie voit le nouveau président comme un genre de secrétaire général qui présiderait les sommets de l’UE et coordonnerait le travail quotidien du Conseil, sans prendre de décision stratégique.

D’après les sources de la Commission européenne, l’Espagne et d’autres pays européens sont également intéressés par un président qui agirait comme un organisateur clé, et pourraient soutenir la Pologne dans sa requête.

Avec un tel scénario, les dirigeants européens pourraient créer une coalition autour de Mme Robinson, ont révélé certaines sources. Mme Robinson n’a pas encore elle-même évoqué cette affaire, et s’est dite indisponible lorsqu’ EurActiv a contacté ses assistants.

Plus de femmes pour la nouvelle Commission ?

La question de la participation des femmes à la vie politique européenne a été d’actualité pendant toute l’année 2009, en particulier après le lancement de l’initiative 50/50 en mai, une campagne qui vise à assurer l’égale représentation des femmes et des hommes dans les institutions européennes.

Alors que les dirigeants de la campagne 50/50 ont été plutôt déçus par les résultats des élections du PE en juin (relevant quand même un léger progrès car la proportion de femmes au Parlement est passée de 30 % en 1999-2004 à 35 % aujourd’hui), ils attendent avec impatience la nouvelle composition de la Commission.

La Commission de M. Barroso devrait faire pression pour avoir un plus grand nombre de femmes parmi ses commissaires. Le premier collège de commissaires de la Commission Barroso, qui a subi plusieurs remaniements, comprenait seulement 8 femmes sur 27. En 2007, il a demandé aux deux nouveaux entrants, la Bulgarie et la Roumanie, de proposer des candidats féminins.

 

Pourtant, on est loin d’être certains qu’il y aura plus de femmes dans la prochaine Commission. Pour le moment, la Bulgarie a annoncé une femme candidate (Rumiana Jeleva). Le Luxembourg, la Suède, l’Autriche et Chypre devraient également élire ou réélire des femmes commissaires.

La vice présidente de la Commission Margot Wallström, suédoise, a soutenu fermement l’introduction des quotas de genre à la fois dans la politique et l’industrie européennes, dans le but d’accélérer l’aboutissement de la pleine égalité dans tous les secteurs de la société. Elle a affirmé à EurActiv que même si cette question pouvait diviser, elle restait persuadée que les quotas étaient indispensables pour arriver à un « terrain de jeu de haut niveau ».

Elle a constaté que dans tous les pays où les quotas ont été instaurés, ils ont été efficaces, en prenant pour exemple la Norvège (quotas pour la participation des femmes dans l’industrie). Elle en conclut que sans quotas, l’égalité complète ne sera pas atteinte avant des décennies en Europe.

La commissaire suédoise s’est opposée à soutenir explicitement Mme Robinson, mais elle a tout de même rejoint le groupe Facebook qui soutient sa candidature, et l’a fait apparaître sur la page d’accueil de son profil.     

(EurActiv Pologne a contribué à cet article.) 

Réactions : 

Speaking to EurActiv, Greek MEP Rodi Kratsa-Tsagaropoulou, who sits on the European Parliament's committee on women's rights and gender equality, said that "the equal participation of men and women in politics is, after all, a question of democracy". 

"Women, who constitute a majority of European voters, should be visible in all the levels of the European institutions, at the heart of the administration, in the political groups, but also in the jobs of high responsibility created by the Lisbon Treaty," she added. 

The European Women's Lobby (EWL), the organisation behind the 50/50 campaign, said earlier this year that "it is hardly acceptable in the 21st century that all kinds of criteria are used for high-level nominations, including nationality, political affiliation, even country size, but never including gender!" 

It went on to note that the low level of women in EU positions of power is "deplorable and undermines a European Union that promotes human rights and democracy as its central values". 

On her blog, European Commission Vice-President Margot Wallström, a Swede, said: "Don't tell me that there is not even ONE European woman worth mentioning/being nominated in the context of appointing top posts in the EU!? To start with, here are a few names from me : Angela Merkel, Mary Robinson, Ursula Plassnik, Anna Diamantopoulou, Emma Bonino." 

Contexte : 

Tout comme la nationalité, la géographie (nord-sud, est-ouest), la taille du pays ou le bord politique, le genre peut être considéré comme un critère déterminant lorsque les dirigeants européens  se battent pour avoir les « top jobs » de l’UE.

D’après la « carte » établie par la Commission européenne sur l’égalité des sexes, les femmes sont toujours sous-représentées dans les prises de décisions politiques et économiques , ce qui est historiquement bien reflété par la répartition du pouvoir au sein des institutions européennes.

En effet, la Commission n’a jamais eu de femme présidente. On trouve parmi les 13 présidents du Parlement qui ont existé depuis l’instauration du suffrage universel direct en 1979 seulement deux femmes. Il s’agit de deux femmes françaises : Simone Veil (1979-1982) et Nicole Fontaine (1999-2002).

Actuellement, seulement 2 des 27 Etats membres ont à la tête de leur Etat ou de leur gouvernement des femmes : Angela Merkel en Allemagne et Dalia Grybauskaite en Lituanie.

Les femmes représentent actuellement seulement 35 % des membres du Parlement européen, soit plus que la moyenne européenne mais moins que le trio Suède-Pays-Bas-Finlande où plus de 40 % des parlementaires sont des femmes.

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