Cette manœuvre aurait pu avoir des implications significatives pour la distribution des hauts postes européens, y compris pour la reconduction de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne.
Abandonnant leurs projets initiaux d’étendre le mandat de la Commission actuelle, les dirigeants européens pèsent maintenant sur l’Irlande pour qu’elle accélère son processus de ratification afin de permettre au nouvel exécutif européen d’être nommé en octobre dans le cadre du Traité de Lisbonne, ont affirmé des sources diplomatiques à EurActiv.
Chaque jour compte, ont déclaré les sources, puisque que la ratification finale requiert également le sceau présidentiel de Václav Klaus, l’eurosceptique Président tchèque, ainsi que la signature du Président polonais Lech Kaczyński, qui a déclaré par ailleurs que la constitution de son pays ne lui permet pas de le signer à moins d’une certitude absolue que le traité européen entre en vigueur.
Dans le même temps, la Cour constitutionnelle allemande doit se prononcer sur la constitutionnalité du traité de Lisbonne le 30 juin.
Une résolution du Parlement européen, adoptée lors de la session finale de l’assemblée précédente à l’initiative de l’ancien Premier ministre belge Jean-Luc Dehaene, indique que la désignation du nouveau collège de commissaires devrait commencer dès la connaissance des résultats du second référendum irlandais.
Dans le cadre de Lisbonne, les pays européens vont conserver leur propre commissaire jusqu’en 2014, année où est envisagée une réduction du collège à 15 commissaires. Si le traité de Nice continuait à s’appliquer, le nombre de commissaires serait immédiatement réduit en dessous de 27.
Mettant la pression sur l’Irlande, la République tchèque et la Pologne, l’Allemagne a récemment averti que si Lisbonne n’était pas en vigueur, alors Berlin demanderait à ce que la Commission compte douze membres, ou au maximum 18, impliquant ainsi que les pays à problèmes ne seraient pas représentés dans le collège, selon les diplomates.
La nomination rapide des commissaires épouse les projets de la France et à l’Allemagne, qui auraient alors plus de liberté pour influencer la distribution des portefeuilles au sein de la nouvelle Commission. Bien que Paris et Berlin soutiennent la candidature de M. Barroso pour un second mandat, on ne s’attend pas à ce qu’ils le nomment officiellement lors du sommet de vendredi (EurActiv 12/06/09).
Au moins en théorie, cette temporisation semble répondre à la résolution Dehaene du Parlement, qui appelle à la consultation entre le Président du Conseil européen et le Président du Parlement européen, ainsi qu’avec les présidents des groupes politiques, avant que toute décision de nommer un nouveau Président de la Commission. Ce processus est prévu pour la semaine du 22 au 29 juin.
La France et l’Allemagne semblent favoriser un « accord global » sur les postes européens de haut niveau, y compris pour les poids lourds de la Commission, mais aussi pour le premier Président permanent du Conseil européen et le premier Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui sont tous deux prévus par le Traité de Lisbonne.
Cependant, cette approche impliquerait que le poste de M. Barroso à la tête de l’exécutif européen pourrait aussi faire partie du paquet de négociation, selon une source bien placée.



