Josep Borrell Fontelles, député socialiste espagnol, quittera la présidence du Parlement européen le 15 janvier 2007, au cours d'un renouvellement de mi-mandat qui redistribue tous les postes au sein de la seule institution européenne élue.
Le conservateur allemand, Hans Gert Poettering, président du groupe PPE-DE depuis 1999, devrait succéder à Borrell à la suite d'un accord entre les deux principaux groupes du Parlement, le PPE-DE (conservateur) et le PSE (socialiste).
Parmi les trois autres candidats en lice contre Poettering, la présidente du groupe des Verts, Monica Frassoni (Italie), est vue comme la plus susceptible de remporter la majorité des suffrages.
Les deux autres sont Francis Wurtz (GUE/NGL, extrême gauche) et Jens-Peter Bonde (Indépendance et Démocratie, eurosceptique).
Bien que l'issue du vote fasse peu de doute, le député allemand pourrait toutefois ne pas remporter tout le soutien espéré de la part des conservateurs et des socialistes.
Cependant, étant donné que ces deux groupes réunissent presque deux tiers des membres du Parlement et qu'une bonne partie des députés libéraux (groupe ALDE) risque de voter pour Poettering, il est difficile d'imaginer qu'il ne succèdera pas à J. Borrell à la tête du Parlement.
Le conservateur français, Joseph Daul, qui préside actuellement la commission Agriculture, a été choisi comme nouveau président du groupe PPE-DE, prenant la suite de Poettering.
Les changements affecteront aussi les présidences de commission. J. Daul devra être remplacé en tant que président de la commission Agriculture, un poste pour lequel le président de la commission Développement régional, Gerardo Galeote (PPE-DE, Espagne) a exprimé de l'intérêt. Quant à son successeur, il s'agirait très probablement de Jan Olbrycht (PPE-DE, Pologne).
D'autres changements ne pourront prendre effet qu'à partir du 18 janvier 2007, une fois que les groupes se seront adaptés aux répercussions des changements du début de semaine.
La controverse, toutefois, viendra de l'extrême-droite dont les rangs ont été grossis par les adhésions roumaine et bulgare, entraînant la naissance d'un nouveau groupe (les règles du Parlement établissent qu'il faut vingt deputés venant de six pays différents pour former un nouveau groupe et avoir droit à du temps de parole et à un soutien financier du Parlement, ainsi qu'un droit de parole à la Conférence des Présidents, qui établit l'agenda de la session plénière parlementaire).
La création du groupe "Identité, Tradition, Souveraineté" (ITS) a été annoncée le 12 janvier 2007 après le ralliement de 5 membres venus du Parti de la Grande Roumanie, ce qui lui a permis d'obtenir du temps de parole et un financement d'environ 1 million d'euros de la part du Parlement.
Ce groupe, qui sera présidé par le député français, Bruno Gollnisch, rassemblera 20 députés d'extrême-droite venus de sept pays différents. Parmi ses membres, il comptera 7 députés issus du Front National français, notamment le fondateur Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, 5 députés du Parti de la Grande Roumanie, 3 du parti flamand belge Vlaams Belang, 2 députés italiens issus des partis néo-fascistes Lista Mussoloni et Fiamma Tricolore, 1 député du Parti autrichien de la liberté (l'ancien parti de Jörg Haider), le célèbre député bulgare Dimitar Stoyanov et le député britannique indépendant Ashley Mote.
De plus, le groupe d'extrême-droite déjà existant (Union pour l'Europe des Nations, UEN), qui réunit des hommes politiques d'extrême-droite venus de cinq pays différents ainsi que quatre députés irlandais du Fianna Fáil, a gagné six députés polonais de trois partis différents et quatre membres italiens de la Ligue du Nord.
Ces mouvements ont fait de l'Union pour l'Europe des Nations (UEN) le quatrième groupe du Parlement européen en terme d'importance, devant les Verts/ALE (42 membres) et la GUE/NGL (40 membres). Par conséquent, la GUE/NGL pourrait perdre soit un poste de vice-président du Parlement (actuellement occupé par la députée allemande Sylvia-Yvonne Kaufmann) ou de président de commission (actuellement occupé par la député italienne Luisa Morgantini, qui préside la commission Développement, seule présidence détenue par la GUE/NGL).



