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Chefs d'entreprise et responsables politiques ont exprimé leurs craintes face aux risques de délocalisation de la base manufacturière de l'UE en direction de pays extra-européens à main d'oeuvre bon marché, aux coûts sociaux bas et à réglementation plus flexible. Le 20 avril 2004, la Commission publiait une nouvelle communication "Accompagner les mutations structurelles: une politique industrielle pour l'Europe élargie", qui évaluait le niveau de compétitivité de l'industrie européenne, analysait la nature et l'ampleur du risque de désindustrialisation, et proposait une série de solutions concrètes.
La Commission continuera à examiner la compétitivité de certains secteurs spécifiques chaque année et à lancer des initiatives si nécessaire.
Pour 2004 et 2005, les initiatives suivantes sont prévues :
La politique industrielle est horizontale par
nature, et vise à garantir des conditions
d'ensemble favorables à la compétitivité du
secteur industriel. Les principes généraux de la politique
industrielle de l'UE ont été énoncés dans la
communication " La politique industrielle dans un environnement ouvert et concurrentiel : Lignes directrices pour une approche communautaire
" d'octobre 1990. Ses instruments, qui sont ceux
de la politique des entreprises, doivent favoriser l'entreprenariat
et permettre aux entreprises d'exploiter leurs idées et de saisir
les occasions qui se présentent à elles. Trois facteurs clés de la
compétitivité industrielle méritent une attention particulière : la
connaissance, l'innovation et l'esprit d'entreprise.
La majeure partie de la politique industrielle n'est pas menée au niveau de l'UE, mais relève bien de la compétence des Etats membres. La méthode ouverte de coordination, mise en place suite au Conseil européen de Lisbonne, offre un contexte dans lequel la performance des politiques nationales peut être discutée, développée et améliorée.
Ces dernières années, industriels et responsables politiques ont exprimé leurs craintes face aux risques de délocalisation de la base manufacturière de l'UE en direction de pays extra-européens à main d'oeuvre bon marché, aux coûts sociaux bas et à la réglementation plus flexible (Chine, Inde, etc.) . Cette tendance à la "désindustrialisation" a été attribuée à une réglementation du marché du travail trop rigide, à des coûts sociaux élevés et aux charges croissantes pesant sur l'industrie au sein de l'UE.
En décembre 2002, la Commission publiait une
communication intitulée " La politique industrielle dans une Europe élargie
", visant
à ouvrir le débat sur la politique industrielle. Pour répondre
aux craintes actuelles de désindustrialisation, le Conseil européen
a demandé en octobre 2003 à la Commission d'évaluer la situation et
de présenter des solutions pour contrecarre cette tendance et pour
relancer la stratégie de Lisbonne visant à faire de l'UE l'économie la plus
compétitive au monde d'ici 2010.
Le 20 avril 2004, la Commission adoptait une
communication intitulée " Accompagner les mutations structurelles: Une politique industrielle pour l'Europe élargie
", qui évaluait le niveau
de compétitivité de l'industrie européenne, analysait la
nature et l'ampleur du risque de désindustrialisation, et
présentait une série de propositions concrètes.
L'analyse de la Commission indique qu'"il n'y a pas de preuve d'un processus généralisé de désindustrialisation". La Commission reconnaît que l'UE fait face à un processus de changement structurel à différents niveaux, mais remarque que "l'actuel processus de réallocation des ressources, de l’industrie manufacturière vers le secteur des service, ne doit pas être confondu avec un processus de désindustrialisation."
Pour écarter le danger d'une véritable désindustrialisation, la Commission souligne que l'Europe doit jouer "la carte de la connaissance" en poursuivant sa transition vers les secteurs des hautes technologies, dans lesquels elle peut exploiter de manière optimale sa main d'oeuvre fortement qualifiée et son potentiel d'innovation.
Dans ce cadre, la performance décevante de l'UE en termes de productivité, de recherche et d'innovation est franchement inquiétante. Cette inquiétude est liée au fait que des délocalisations commencent à affecter les secteurs intermédiaires et de haute technologie, domaines qui constituent traditionellement le point fort de l'industrie européenne. Le renforcement des savoirs et des compétences au sein de l'UE doit donc être une priorité.
La Commission a proposé plusieurs mesures concrètes en vue de soutenir le processus de réforme structurelle dans l'UE :
2. Poltitiques communautaires : les synergies existantes doivent être mieux exploitées afin d'améliorer l'impact des politiques sur la compétitivité industrielle. L'accent doit être mis sur le développement d'une économie de la connaissance et le renforcement de la cohésion dans une UE élargie.
3. Combinaison de politiques sectorielles : L'UE doit continuer à développer la dimension sectorielle de la politique industrielle tout en s'assurant que les politiques sectorielles contribuent à renforcer la compétitivité industrielle.
La Commission estime que l'élargissement de l'UE en 2004 présente une chance unique pour les entreprises européennes. Les chaînes de valeurs peuvent être réorganisées au sein du continent afin de bénéficier des avantages compétitifs des nouveaux Etats membres. Ceci pourrait permettre aux entreprises de maintenir leur production au sein de l'UE et d'éviter des délocalisations vers l'Asie.
La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont tous trois critiqué les entreprises allant rechercher de meilleures conditions hors d'Europe. Le chancelier allemand Gerhard Schröder a notamment attaqué les employeurs tels que Siemens en les qualifiant d'"antipatriotes" en raison de leurs projets de fermer des installations et de réduire leurs opérations en Allemagne.
Les experts sont cependant divisés au sujet de l'impact de la désindustrialisation sur la compétitivité européenne et sur l'emploi. Tandis que plusieurs organisations, notamment une association d'employeurs telle que l'UNICE, déplorent le fait que la tendance soit à la destruction d'emplois et de valeur en Europe, d'autres considèrent que la désindustrialisation est un mal nécessaire pour maintenir la compétitivité de l'industrie européenne. Selon cet argument, la sous-traitance doit permettre aux entreprises de maintenir les coûts à des niveaux relativement bas, ce qui en retour stimulera la croissance - laquelle finira par bénéficier aux opérations européennes.
D'autres économistes pensent que l'avenir de l'Europe n'est pas tant menacé par la désindustrialisation que par les autres aspects des délocalisations, y compris la migration des activités de R&D aux Etats-Unis, en particulier dans le secteur des hautes technologies et les secteurs où la recherche joue un rôle clé (tels que les produits pharmaceutiques ou les biotechnologies).
La Confédération européenne des syndicats (CES) redoute que les forces du marché poussent les entreprises à se faire concurrence sur la base d'une qualité médiocre, de bas prix et d'emplois mal payés. La CES accuse les entreprises d'utiliser les problèmes existants comme excuses pour faire avancer leurs objectifs de dérégulation et de libéralisation. La CES demande enfin que la protection sociale et le développement durable soient mieux pris en compte dans la politique industrielle.