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Le processus de ratification du traité de Lisbonne a débuté en décembre 2007 et devrait se poursuivre tout au long de l'année 2008. Alors que la plupart des pays ratifieront le traité par voie parlementaire, l'Irlande est la seule nation qui soumettra le texte à un vote populaire. Pour sa part, le gouvernement britannique est confronté à une forte pression pour organiser un référendum.
Lors du sommet de juin 2007, les dirigeants européens ont approuvé le cadre de nouveau traité modificatif. Lors de la conférence intergouvernementale (CIG) d’octobre, ils sont parvenus à un accord sur le texte final (EurActiv 19/10/08).
Le traité de Lisbonne
a été officiellement signé par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet tenu dans la capitale portugaise le 13 décembre 2007 (EurActiv 14/12/07).
L’objectif du traité est de rationaliser le processus européen de prise de décisions en réformant le système de vote au Conseil, en réduisant la taille de la Commission et en renforçant le rôle des Parlements nationaux. Le traité crée également les nouvelles fonctions de président du Conseil et de Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité.
Pour entrer en vigueur, le traité de Lisbonne doit être ratifié par l’ensemble des 27 Etats membres.
Si le processus de ratification est achevé à temps, le traité devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2009, à la veille des élections du Parlement européen, prévues en juin la même année.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu de la procédure et du calendrier de ratification dans chaque Etat membre.
Ratification du traité de Lisbonne :
| Etat membre | Procédure de ratification | Date | Majorité requise | Couverture d’EurActiv |
| Autriche | Parliament | Achevé le 24 avril 2008 | Majorité des 2/3 dans les deux chambres | EurActiv 10/04/08, EurActiv 25/04/08 |
| Belgique | Parliament | Eté 2008 | Majorité simple dans les 7 chambres régionales & fédérale | |
| Bulgarie | Parliament | Achevé 21 mars 2008 | Majorité simple | EurActiv 25/03/08 |
| Chypre | Parliament | Devrait être achevé d'ici l'été 2008 | Majorité simple (veto présidentiel) | |
| République tchèque | Parliament | Report dû à une décision du tribunal en cours. Déjà approuvé par la chambre basse. | Majorité simple (en l'absence de transfert de souveraineté) ou majorité des 3/5 au Parlement et au Sénat | |
| Danemark | Parliament | Achevé le 24 avril 2008 | Majorité simple (en présence de plus de 50 % des parlementaires) | EurActiv 25/04/08 |
| Estonie | Parliament | Mai 2008 | Majorité simple | |
| Finlande | Parliament | Soumis au Parlement en mars 2008. Devrait être achevé pendant l'été 2008 | Majorité des 2/3 | |
| France | Parliament | Achevé 6-7 fév. 2008 | Amendement constitutionnel, majorité simple dans les deux chambres et majorité des 3/5 au Congrès | |
| Allemagne | Parliament |
Approuvé ar la Chambre basse le 24 avril Mai-Juillet 2008 |
Majorité simple dans les deux chambres et approbation de président | EurActiv 25/04/08 |
| Grèce | Parliament | Inconnu | Majorité simple | |
| Hongrie | Parliament | Achevé 17 déc. 2007 | Majorité des 2/3 | EurActiv 18/12/07 |
| Irlande | Référendum | Deuxième semaine de juin 2008, probablement le 12 juin | Majorité simple au Parlement & plus de 50 % des voix par référendum | EurActiv 03/03/08, EurActiv 03/04/08, EurActiv 16/04/08, EurActiv 18/04/08 |
| Italie | Parliament | Inconnu | Majorité simple dans les deux chambres | |
| Lettonie | Parliament | A commencé en janvier 2008 | Majorité simple avec double lecture | |
| Lituanie | Parliament | Devrait être achevé avant octobre 2008 | Majorité simple | |
| Luxembourg | Parliament | Juin 2008 | Majorité simple | |
| Malte | Parliament | Achevé 28 janv. 2008 | Majorité simple | |
| Pays-Bas | Parliament | Inconnu | Majorité simple dans les deux chambres | |
| Pologne | Parliament | Achevé le 10 avril 2008 | Majorité simple (en l'absence de transfert de souveraineté) ou majorité des 2/3 de plus de 50 % des membres des deux chambres |
EurActiv 02/04/08, EurActiv 31/03/08, EurActiv 18/03/08, EurActiv 11/04/08 |
| Portugal | Parliament | Achevé le 23 avril 2008 | Majorité simple | EurActiv 10/01/08, EurActiv 24/04/08 |
| Roumanie | Parliament | Achevé 4 fév. 2008 | Majorité simple | EurActiv 05/02/08 |
| Slovaquie | Parliament | Approuvé par le Parlement le 10 avril 2008 | Majorité des 3/5 | EurActiv 05/02/08, EurActiv 08/02/08, EurActiv 11/04/08 |
| Slovénie | Parliament | Achevée 29 janv. 2008 | Majorité des 2/3 | EurActiv 30/01/08 |
| Espagne | Parliament | 2nd semestre 2008 | Majorité absolue (Congrès) & majorité simple (Sénat) | |
| Suède | Parliament | Date cible janvier 2009 au plus tard | Majorité simple | |
| Royaume-Uni | Parliament |
Approuvé par la chambre des communes le 11, adressé aux lords Ratification devrait être achevée d'ici l'été 2008 |
Majorité simple dans les deux chambres | EurActiv 03/04/08, EurActiv 06/03/08, EurActiv 21/01/08 |
Source: European Policy Centre
Les procédures de ratification varient d’un Etat membre à l’autre. La plupart des pays ratifieront le traité par voie parlementaire, un certain nombre ayant déjà procédé à la ratification.
En raison des « non » aux référendums sur le traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas en 2005, qui avaient conduit à une impasse dans le processus de réforme, puis entraîné l’abandon de ce traité, les gouvernements européens tiennent à ce que le traité de Lisbonne soit ratifié par les Parlements nationaux.
Tenue par sa Constitution, l’Irlande est actuellement le seul pays ayant opté pour un référendum sur le texte, qui aura probablement lieu en juin cette année.
Même si la plupart des chambres parlementaires nécessitent la majorité simple pour l’adoption du traité, d’autres exigent la majorité absolue. Dans d’autres encore, deux tiers ou trois cinquièmes des membres doivent donner leur feu vert.
La situation est moins claire au Royaume-Uni. Le gouvernement travailliste du Premier ministre Gordon Brown privilégie une ratification par voie parlementaire du traité. Le processus a franchi une étape significative le 21 janvier 2008, avec l’approbation du texte de loi pour la ratification du traité par les parlementaires en seconde lecture. Actuellement à l’étape de discussion dans tous les comités, pendant laquelle les amendements sont présentés, le texte sera ensuite transmis à la Chambre des Lords pour la troisième lecture.
Cependant, depuis la signature du traité, M. Brown est soumis à une pression intense, notamment de la part de l’opposition conservatrice, menée par David Cameron, pour organiser un référendum sur le traité.
Parallèlement, le Parlement européen se prononcera sur le traité lors de sa session plénière à Strasbourg du 18 au 21 février 2008. Le 23 janvier 2008, une large majorité des eurodéputés de la commission parlementaire des Affaires constitutionnelles a approuvé le texte.
Rejetant les appels pour un référendum, le Premier ministre britannique Gordon Brown a déclaré que le nouveau texte était fondamentalement différent de la défunte constitution européenne. Dans la mesure où le texte est très différent, avec un protocole, des opt-ins, des clauses d’urgence et des protections pour l’intérêt national britannique, il estime que le débat parlementaire est la manière appropriée de discuter de ce texte.
En désaccord total avec le Premier ministre, un rapport
publié le 20 janvier 2008 par le comité des Affaires étrangères de la Chambre des Communes, majoritairement travailliste, conclut qu’il n’y a pas de différence matérielle entre les dispositions en matière de politique étrangère du traité constitutionnel, que le gouvernement avait l’intention de soumettre à un référendum, et celle du traité de Lisbonne, pour lequel il refuse un référendum.
L’eurodéputée britannique Verte Caroline Lucas appelle à un référendum sur le traité au Royaume-Uni. D’après elle, Gordon Brown refuse aux citoyens le droit de se prononcer sur le traité, ce qui est fondamentalement antidémocratique, que l’on ait un avis positif ou négatif sur le traité. Elle ajoute que la substance du traité modificatif est clairement la même que celle de la Constitution européenne, pour laquelle Tony Blair avait promis un référendum aux Britanniques.
La campagne
au Royaume-Uni intitulée « I Want a Referendum » a chargé les services de la réforme électorale de mener une série de « référendums » sur le traité de Lisbonne en Royaume-Uni et impose une forte pression sur le Parlement pour obtenir un référendum national le 27 février.
Pour Neil O'Brien, directeur de Open Europe
, un groupe de réflexion britannique eurosceptique, les gouvernements doivent tenir leur promesse. Lorsqu’on l’examine en détails, le traité de Lisbonne ne trompe personne, il est clair qu’hormis le nom, il s’agit exactement de l’ancienne constitution européenne.
En France, le président Nicolas Sarkozy s’est engagé à remettre la France dans l’Europe, après le fiasco du référendum en 2005, en étant l’un des premiers pays à ratifier le traité.
Mais le Parti socialiste français a boycotté le vote au Parlement autorisant la ratification pour manifester son mécontentement sur la procédure de ratification choisie, d’après Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections du parti socialiste (EurActiv 05/02/08).
En Irlande, le Premier ministre Bertie Ahern a déclaré que le référendum aurait lieu au début de l’été, probablement fin mai ou début juin.
Une alliance de groupes de gauche, comprenant notamment des membres du
Parti des Verts
, du
Sinn Féin
, et du PANA (
Peace and Neutrality Alliance
), a lancé une campagne pour un « non » sur le traité de Lisbonne. D’après le porte-parole Roger Cole, ce n’est pas une initiative antieuropéenne, cela concerne l’approche actuelle de l’UE. En effet, l’alliance souhaite voir l’UE prendre une direction différente.
Gerry Adams, président du Sinn Féin, a fait savoir que son parti allait organiser une vigoureuse campagne contre le traité de Lisbonne, car c’est une mauvaise opération pour l’Irlande, qui va réduire significativement l’influence du pays dans l’UE dans les années à venir. Il a insisté sur la possibilité de soutenir l’Europe et d’être défavorable au traité de Lisbonne en même temps.
64 % des électeurs irlandais sont indécis sur leur vote sur le référendum, tandis que 26 % voteront oui et 10 % non, d’après un sondage de TNS/Mori pour l’Irish Times.