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José Manuel Barroso doit s'engager à promouvoir une Europe protectrice de ses citoyens avant de recevoir la bénédiction de la France et de l'Allemagne pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, a déclaré le Président français Nicolas Sarkozy après une rencontre avec la Chancelière Angela Merkel à Paris.
L’ancien président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a proposé en mars dernier aux dirigeants européens de nommer le prochain président de la Commission le 15 juillet, lors de la toute première session partielle de la nouvelle assemblée (EurActiv 20/03/09).
Plus récemment, Joseph Daul, président du groupe de centre-droit PPE-DE, a proposé une coalition élargie entre le Parti populaire européen (PPE), les libéraux du groupe ADLE et le Parti socialiste européen (PSE) pour reconduire M. Barroso (EurActiv 09/06/09).
Mais le PSE a catégoriquement refusé de soutenir Barroso. Dans l’hypothèse où M. Barroso était mis en minorité dans le scrutin secret de l’assemblée de l’UE, les libéraux, les Verts et les socialistes joindraient leurs forces pour mettre en avant un candidat alternatif : l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt (EurActiv 10/06/09).
L’idée selon laquelle le nouveau président de la Commission devrait être élu dans le cadre du Traité de Lisbonne, tout comme les commissaires européens, gagne petit à petit les esprits. Cela signifierait que le président de la Commission serait élu après que l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, probablement après le second référendum irlandais prévu en octobre.
Le traité introduit deux nouveaux postes importants : un président qui présidera les sommets européens pour un mandat de deux ans et demi, et un chef de la politique extérieure remis en valeur.
Cependant, la Suède, qui doit prendre la présidence de l’UE le 1er juillet, ne souhaite pas retarder la nomination du nouveau président de la Commission (EurActiv 10/06/09).
Prenant la parole à l’Elysée aux côtés de la chancelière allemande, Angela Merkel, M. Sarkozy a tenu à dissiper toute équivoque : leur soutien à M. Barroso n’est pas inconditionnel.
Mme Merkel et moi soutenons M. Barroso,, a-t-il déclaré, mais nous lui demandons, avant un second mandat, de clarifier et formaliser ses positions, a insisté le président français.
Alors qu’on attend des dirigeants européens qu’ils discutent de la désignation du prochain président de la Commission lors de leur sommet à Bruxelles des 18 et 19 juin, les déclarations de l’Elysée semblent confirmer que la France et l’Allemagne cherchent en réalité à retarder la nomination formelle de M. Barroso jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé avec le Parlement nouvellement élu.
La Chancelière et moi-même voudrions voir une décision politique prise lors du prochain Conseil européen des 18 et 19 juin pour qu’il puisse y avoir de réelles consultations entre le Conseil européen et le Parlement européen, sans décision juridique formelle mise sur papier, a-t-il déclaré.
Si le Parlement est d’accord, nous pourrions ratifier la décision en juillet, a ajouté M. Sarkozy.
Le nouveau Parlement doit organiser un vote secret lors de sa session plénière d’ouverture en juillet pour approuver ou rejeter le nom du prochain président de la Commission. Mais le résultat est incertain quand on sait que ce Parlement est plus fragmenté que le précédent, et les dirigeants de l’opposition chez les Verts, les libéraux et les socialistes sont en train de monter une campagne pour disqualifier M. Barroso (EurActiv 10/06/09).
D’autres hauts postes dans le viseur
Après le vote du Parlement, d’autres postes européens de haut niveau créés par le traité de Lisbonne pourraient soulever les convoitises et être distribués dans le cadre d’un « accord global » (EurActiv 10/06/09).
Et comme les sondages en Irlande soient rassurants, les hauts postes prévus dans le traité de Lisbonne sont revenus sur le devant de la scène.
Le traité introduit deux nouveaux postes importants : un président qui présidera les sommets européens pour un mandat de deux ans et demi, et un chef de la politique extérieure remis en valeur.
Dans un entretien remarqué avec le quotidien espagnol El País, Jean-Marie Colombani, ex-éditeur du Monde, continue à affirmer que M. Sarkozy fait pression en faveur de l’ancien Premier ministre espagnol, Felipe González, au titre de premier président de l’UE une fois le traité de Lisbonne ratifié.
Selon M. Colombani, M. Sarkozy a renoncé à soutenir l’ancien Premier ministre anglais, Tony Blair, notamment parce qu’il n’a rien accompli à son poste actuel de représentant spécial du Quartette pour le Moyen-Orient. M. Colombani a affirmé que M. Sarkozy se soucie peu que M. González soit socialiste, car il le voit avant tout comme un homme d’idées sur l’Europe.
Une offre globale, y compris un haut poste pour un socialiste, pourrait faire passer plus facilement la pilule de cinq ans de plus de M. Barroso, ont admis des représentants du Parti socialiste européen (PSE) ; ils se confiaient à EurActiv sous couvert d’anonymat, refusant de commenter une nouvelle non confirmée.
Officiellement toutefois, les socialistes s’opposent toujours à M. Barroso, comme l’a écrit le président du PSE, Poul Nyrup Rasmussen, hier sur son blog.
D’autre part, les Verts et certains libéraux veulent reporter la décision de désigner le prochain président de la Commission jusqu’à l’automne.
Un nouveau nom pour le PSE?
Entre-temps, il semble que le PSE soit sur le point de changer de nom.
Voilà les conditions à respecter avant de créer un nouveau groupe au Parlement européen, qui sera nommé l’Alliance des socialistes et démocrates (ADSE), et qui réunira les socialistes européens et les démocrates italiens, a déclaré Dario Franceschini, le meneur du parti PD italien, après une réunion jeudi au Parlement européen avec le chef de groupe PSE, Martin Schulz.
C’est un important pas en avant, nous nous réjouissons que le PSE ait convenu de prendre ce chemin, a ajouté M. Franceschini, en précisant que l’une des opinions partagées par le nouveau groupe est son opposition à la réélection de M. Barroso comme président de la Commission européenne.