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Revue de presse : Barroso essuie une salve de critiques

Publié 28 octobre 2004 - Mis à jour 29 janvier 2010
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Les grands titres de la presse européenne critiquent vivement la façon dont José Manuel Barroso a géré la crise actuelle. EurActiv fournit un aperçu de leurs réactions.

Réactions : 

Dans le quotidien allemand  Die Zeit (Germany), Joachim Fritz-Vannahme salue l'issue de l'épreuve de force engagée entre José-Manuel Barroso et le Parlement, dans laquelle il voit le contraire d'une "crise institutionnelle". Les institutions de l'Union européenne sortent de cette épisode à la fois "plus mûres" et "plus démocratiques", affirme le journaliste de Die Zeit, qui reproche au président désigné du futur Collège de n'avoir pas su comprendre que la Commission avait besoin de s'appuyer sur le Parlement pour asseoir sa position vis-à-vis du Conseil. "Lorsque la Commission se plie de façon trop servile aux souhaits du Conseil, elle se réduit purement et simplement à un instrument bureaucratique", écrit encore Fritz-Vannahme, qui conclut : "Barroso a beaucoup perdu en termes d'image et d'influence, et il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Le Portugais pourra se consoler en pensant que, pour lui, la vie à Bruxelles continue. Peut-être réalisera-t-il même qu'au bout du compte, cet épisode sans précédent marquera une étape décisive sur la voie de la démocratisation et de la politisation des institutions européennes".  

En France, le correspondant de  Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, estime que Barroso a fait trois erreurs : "Jouant les petits –et nouveaux– Etats membres contre le couple franco-allemand, les capitales contre les députés, et le Vatican contre leslibéraux, le Président élu de la Commission a perdu trois fois".

Wolfgang Munchau, éditorialiste au  Financial Times , livre un avis encore plus tranché au sujet du président désigné de la future Commission : "M. Barroso s'est lui-même placé dans cette embarrassante situation par un mélange d'arrogance, d'incompétence et d'erreurs d'analyse sur le fonctionnement de l'Europe politique. Jamais dans l'histoire de l'UE un nouveau président de la Commission n'avait perdu tant de crédibilité en si peu de temps. Dire qu'il n'est même pas encore entré en fonctions..."

Le journaliste de la  BBC Angus Roxburgh préfère insister sur la victoire du Parlement. "Il faut remonter à 1998, et à son rôle dans la chute de la Commission Santer, pour retrouver le Parlement dans une telle position de force", écrit Roxburgh.   

Le  Telegraph , quotidien eurosceptique britannique, prend acte de la montée en puissance du Parlement, tout en mettant en garde contre certains penchants de la sphère politique européenne : "L' EU adopte progressivement le style d'un Etat, un Etat dont les valeurs tendent à aller dans le sens du politiquement correct et d'une sensibilité de gauche". Selon le Telegraph on assiste à l'émergence d'une nouvelle classe politique européenne, coupée des citoyens ordinaires et avide de pouvoir et d'honneurs. Et le quotidien britannique de conclure : "le paradoxe des événements d'hier, c'est qu'ils constituent une grande victoire pour le Parlement européen, mais certainement pas pour la démocratie". 

Fabrizio Coisson souligne dans le magasine italien  Panorama  que "l'absence de garanties institutionnelles a été mise en lumière juste avant la signature de la nouvelle Constitution européenne à Rome", et que le temps risque de s'avérer un peu court pour rectifier cet état de fait. 

Contexte : 

Le vote sur le nouveau collège des Commissaires, initialement prévu pour le 27 octobre, vient d'être reporté à une date ultérieure, sur fond de craintes d'un rejet de l'équipe Barroso par le Parlement européen (voir EurActiv  27 octobre 2004 ). Voici un échantillon des réactions enregistrées dans la presse européenne.

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