Contexte :
Les chefs de file du Parti socialiste français réclamaient depuis longtemps l'organisation d'un référendum sur la Constitution européenne. Mais maintenant que le président Chirac a accédé à leur souhait, ils éprouvent les pires difficultés pour définir une position commune sur le sujet.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a déclaré: "Notre réponse ne peut être acquise à ce jour pour une consultation qui aura lieu à la fin de 2005", tout en prévenant Chirac qu'il ne devait pas considérer que le soutien des socialistes lui était d'ores et déjà acquis sur cette question. Tout en affirmant que lui-même allait "plaider au sein de [son] parti pour une ratification du traité", il a fait savoir par l'intermédiaire de son porte-parole que la position adoptée par les socialistes dépendrait "du contexte, de la question posée, de l'implication personnelle du président Chirac et de la situation sociale."
L'ancien premier ministre Laurent Fabius, l'un des prétendants les plus sérieux au statut de candidat du Parti socialiste pour la présidentielle de 2007, s'était d'abord déclaré hostile à la Constitution, avant de nuancer une position dont il ne révèlera la teneur finale qu'au dernier trimestre 2004. Les personnalités les plus à gauche du parti, tels Arnaud Montebourg, Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, sont opposés à la Constitution, qu'ils estiment être de nature à couler dans le marbre une Europe libérale.
Le parti devrait organiser un référendum interne à la fin 2004 pour déterminer sa position finale. Sans le soutien des socialistes, le pari de Chirac de soumettre la Constitution européenne à référendum pourrait s'avérer extrêmement risqué. En 1992, le oui au référendum sur le traité de Maastricht ne l'avait emporté que par un écart infime de moins de 1%. Avant de pouvoir entrer en vigueur, la Constitution doit être ratifiée dans les 25 Etats-membres de l'Union.
Le Royaume-Uni, l'Irlande, le Danemark, l'Espagne, le Portugal, le Luxembourg et les Pays-bas ont également décidé de consulter leurs peuples sur la future Constitution européenne. Le processus de ratification du traité s'ouvrira sitôt que celui-ci aura été signé à Rome, le 29 octobre prochain.
Synthèse :
Documents officiels :
Articles de presse :
Financial Times,
Libération,
TV 5and
Le Figaro