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Sarkozy exclut tout élargissement de l’Union sans le traité de Lisbonne [FR]

Publié 20 juin 2008
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Le président français Nicolas Sarkozy a accru la pression lors du sommet de Bruxelles les 19 et 20 juin, affirmant que tout futur élargissement de l’Union des 27 serait interrompu si la République tchèque et d’autres gouvernements eurosceptiques ne ratifient pas le texte rejeté par les électeurs irlandais la semaine dernière.

« Sans le traité de Lisbonne, il n’y a pas d’élargissement », a averti le président français, en insistant sur le fait qu’il n’y aurait pas d’autre traité pour remplacer le texte convenu après de longues négociations il y a un an.

Le processus de ratification est au point mort en République tchèque où la Cour constitutionnelle étudie le traité à la demande du Parti démocratique civique de droite (ODS) du Premier ministre Mirek Topolanek et du président eurosceptique Vaclav Klaus. Une décision est attendue d’ici septembre ou octobre cette année. Cependant, M. Sarkozy tente d’augmenter la pression sur M. Topolanek, partisan de l’élargissement de l’UE à la Croatie et aux Balkans occidentaux, en affirmant que la France bloquerait tout futur élargissement de l’UE si le traité n’est pas adopté.

Le chef de l’Etat français estime qu’il serait étrange que les 27 Etats membres rencontrent des difficultés pour trouver une solution aux problèmes institutionnels mais réussissent à ajouter un 28ème, un 29ème ou un 30ème Etat membre. Il s’est dit aux côtés de ceux qui pensent qu’une réforme des institutions aurait été nécessaire avant d’élargir l’UE à dix nouveaux membres en 2004.

En outre, il a déclaré qu’en revenir au traité de Nice compliquerait considérablement l’organisation des élections européennes en juin 2009. En effet, l’attribution des sièges au Parlement a été déterminée par le traité de Lisbonne. Revenir au traité de Nice signifierait réorganiser l’assemblée, un processus qui implique généralement de longues négociations entre Etats membres.

L’approche stricte de M. Sarkozy sur l’élargissement suscite néanmoins la controverse dans les autres Etats membres. Lors une conférence de presse jeudi soir, Janez Janša, le Premier ministre slovène qui préside le sommet, a déclaré que les autres adhésions potentielles ne devaient pas être les victimes du traité. Le Premier ministre de la Pologne, Donald Tusk, a déclaré que les commentaires de M. Sarkozy étaient inacceptables.

Actuellement il y a trois candidats à l’adhésion à l’UE : la Croatie, la Turquie et la Macédoine. La Bosnie, l’Albanie et le Monténégro aspirent également à l’adhésion à l’UE mais ne sont pas encore devenus candidats officiels.

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