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Sarkozy reste vague sur l’avenir européen de Barroso [FR]

Publié 03 mars 2009
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Le président français, Nicolas Sarkozy, a recommandé d’attendre le second vote irlandais sur le traité de Lisbonne avant d’appuyer un candidat pour la succession de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne. 

Lors de la conclusion du sommet européen extraordinaire de dimanche (1er mars), M. Sarkozy s’est refusé à accorder son soutien inconditionnel à l’ancien Premier ministre portugais.

Concernant les différentes candidatures, nous sommes soumis à la décision de nos amis irlandais quant à la ratification du traité de Lisbonne, a-t-il expliqué, ajoutant qu’ils se poseront la question par la suite. 

Un second referendum irlandais sur le traité de Lisbonne devrait avoir lieu en octobre, et ce malgré les propositions antérieures de reprogrammer le vote afin qu’il coïncide avec les élections européennes de juin (EurActiv 13/02/09).

M. Sarkozy a insisté sur le fait qu’il ne serait pas sage de choisir une date antérieure. « Si on veut être un peu habile, il vaut mieux attendre que les Irlandais votent avant de décider » de la nomination d’un nouveau président de la Commission. 

Le président français a laissé entendre qu’il y aurait une réaction populaire violente contre les élites européennes détachées, si un candidat était choisi à l’avance. Si nous voulons que tout le monde se ligue contre nous, alors, nommons le nouveau président de la Commission avant le vote irlandais, a-t-il déclaré.  

M. Sarkozy a ensuite répété combien il appréciait personnellement M. Barroso. « J'aime beaucoup M. Barroso. J'ai beaucoup aimé travailler avec lui [lors de la présidence française], je lui fais confiance » et j’ai confiance en la Commission. De cette façon, tout est clair, a-t-il ajouté. 

M. Barroso ne fait pas un secret du fait qu’il cherche à obtenir un second mandat en tant que président de la Commission et qu’il a reçu le soutien de sa famille politique, le parti populaire européen (PPE) de centre-droit, lors d’un sommet au mois d’octobre de l’année dernière (EurActiv 16/10/08).

M. Barroso est entré en fonction à la tête de la Commission le 1er novembre 2004, et son mandat actuel expirera fin octobre 2009. 

Toutefois, l’ancien Premier ministre portugais n’était pas le premier choix des leaders européens en 2004. Il s’agissait plutôt d’un compromis acceptable tant pour les leaders de gauche que les libéraux, lesquels avaient refusé des candidats conservateurs considérés comme trop fédéralistes, à l’instar du Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, ou son homologue néerlandais, Jan Peter Balkenende.

S’entretenant récemment avec des journalistes, le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Bruno Lemaire, est également resté vague. Quant à la question de savoir si M. Barroso mettait en jeu son avenir européen avec le plan français d’aide au secteur automobile, il a indiqué qu’étant lui-même responsable politique, il pouvait que répondre que l’avenir politique est fragile par essence. 

A propos du plan d’aide au secteur automobile, M. Sarkozy a déclaré qu’il serait assez ingrat de ne pas apprécier la rapidité avec laquelle la Commission avait certifié, validé et promu le plan. Il a toutefois réitéré sa position selon laquelle un plan européen aurait été préférable, déclarant que la politique de la BEI qui limite les prêts à 400 millions d’euros par constructeur automobile n’allait pas assez loin, au vu de la portée mondiale de l’industrie automobile. 

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