Le premier ministre suédois Fredrick Reinfeldt, qui mène les consultations parmi les 27 Etats membres, a annoncé mercredi (11 novembre) que les chefs de gouvernements de l’UE se rencontreraient à Bruxelles à l’occasion d’un dîner pour prendre une décision concernant les nouveaux postes.
Les nominations sont faites dans le cadre du traité réformateur de Lisbonne et elles doivent donner à l’Union une influence plus importante au niveau international alors que les puissances émergentes comme la Chine deviennent de plus en plus influentes à la suite de la crise économique.
Après un cycle introductif de consultations avec ses homologues chefs d’Etat et de gouvernement, le premier ministre suédois M. Reinfeldt a décider de convoquer un sommet extraordinaire informel le 19 novembre, a déclaré la présidence suédoise de l’UE.
M. Reinfeldt a clairement laissé entendre que le président du Conseil de l’UE, une nouvelle fonction, devrait être choisi parmi les actuels ou anciens chefs d’Etat et de gouvernement.
Les diplomates ont affirmé que le premier ministre belge Herman Van Rompuy bénéficiait d’un fort soutien pour devenir président, expliquant que les dirigeants souhaitaient une personne plutôt discrète (EurActiv 02/11/09).
Toutefois, le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a déclaré que l’ancien premier ministre britannique Tony Blair et le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker étaient toujours dans la course.
Le secrétaire aux Affaires étrangères britannique David Miliband a reçu un certain soutien pour devenir Haut représentant pour les Affaires extérieures, mais il a dit qu’il n’était pas disponible, entretenant les doutes sur l’identité de la personne qui se verra confier ce poste (EurActiv 09/11/09).
Plusieurs scénarios
Des batailles d’influence ont marqué ces négociations pour les postes entre les grands et les petits pays, et au regard de vision différente du rôle que ces hommes politiques auront à jouer à Bruxelles.
Il y a quelques noms qui ont été lancés en l’air (pour le poste de président) et nous cherchons un candidat susceptible d’obtenir une majorité, et pas un candidat de consensus, a déclaré un diplomate européen, soulignant les problèmes pour s’assurer d’un soutien unanime en faveur d’une seule personne.
Les consultations ne sont pas terminées… Heureusement, nous pouvons éviter des querelles importantes lors de ce sommet. L’UE convoque un sommet extraordinaire, même si un sommet ordinaire est prévu les 10-11 décembre, parce qu’elle souhaite accélérer les nominations.
Une nouvelle Commission européenne, l’exécutif de l’UE, ne pourra être installée que lorsque les deux postes seront remplis. Tout retard pourrait poser des problèmes parce que cela signifierait que la Commission aurait à fonctionner sur une base intérimaire pour une période prolongée. M. Van Rompuy, 62 ans, a des compétences pour bâtir des consensus qui conviendraient à la France et à l’Allemagne, les forces d’entraînement traditionnelles de l’UE. M. Juncker a de fortes compétences économiques, mais la France devrait s’opposer à lui.
Les chances de M. Blair sont limitées par son soutien à la guerre américaine en Irak et en Afghanistan, et par l’absence britannique dans la liste des 16 pays ayant adopté la monnaie unique européenne.
Alors que M. Miliband ne devrait pas se porter candidat, les favoris pour le poste de Haut représentant sont l’ancien premier ministre italien Massimo D’Alema, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn, qui est finlandais, et l’ancienne ministre des Affaires étrangères autrichiennes Ursula Plassnik.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv).



