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4 décembre 2009
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Le sommet de l'UE cède aux demandes irlandaises sur le traité de Lisbonne [FR][en][de

Publié: vendredi 12 décembre 2008   

Au cours du premier jour du Conseil européen (11 décembre), les dirigeants de l'UE se sont mis d'accord sur un paquet de demandes irlandaises ouvrant la voie à un second référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande, qui aura très probablement lieu en octobre 2009. 

Contexte:

Le traité de Lisbonne envisage de faire passer le nombre de commissaires de 27 à 15 d’ici à 2004. Mais même si le traité de Lisbonne n’entre pas en vigueur, le traité de Nice exige que le nombre de commissaires soit réduit à moins de 27 dès le début du prochain mandat de la Commission, en automne 2009. 

Un mois seulement après le référendum négatif irlandais, des rumeurs ont commencé à courir sur le fait que le gouvernement irlandais envisageait de demander à l’Union de garantir à chaque Etat membre un commissaire permanent comme condition pour que le pays organise un second référendum sur le traité de Lisbonne à la fin de l’année prochaine (EurActiv 30/07/08). 

A cette période, il paraissait également clair que Dublin allait faire pression pour des garanties sur des questions délicates comme la traditionnelle neutralité irlandaise, l’avortement (qui est illégal en Irlande)  et la fiscalité (qui ne doit pas être determinée par Bruxelles).

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Conformément au texte de compromis consulté par EurActiv, tous les pays de l’UE devraient garder leur commissaire. L’Irlande recevra en outre des garanties juridiques sur la politique en matière de fiscalité, sur les questions sociales et éthiques et sur la politique européenne commune en matière de sécurité et de défense (PESD) par rapport à la traditionnelle neutralité irlandaise, entre autres dispositions. 

Une longue liste

Dans le projet de conclusions du sommet figure une déclaration d’une page exposant les préoccupations des Irlandais par rapport au traité de Lisbonne telles que présentées par le Premier ministre. Il y est notamment question de la protection sociale et de la protection des droits des travailleurs, des services publics en tant qu’instruments de cohésion sociale et régionale, de la responsabilité des pays membres dans le secteur des services éducatifs et de la santé, et du rôle des gouvernements nationaux et régionaux de fournir des services non économiques, notamment ceux liés à la politique commerciale commune. 

En échange, l’Irlande s’est engagée à organiser un second référendum sur le traité avant la fin du mandat de l’actuelle Commission, c’est-à-dire avant la fin 2009. Un certain nombre de sources ont indiqué que la date la plus probable pour un second référendum est octobre 2009. 

Des diplomates ont confié à EurActiv que bien que des décisions formelles puissent seulement être prises par le Conseil vendredi 12 décembre, l’essentiel de l’accord est « déjà là ». 

Il est désormais clair qu’un second référendum n’aura pas lieu avant les élections européennes, comme l’avait demandé les eurodéputés (EurActiv 09/10/08). Au cours d’une série d’échanges téléphoniques avec ses homologues européens, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a expliqué que son pays avait besoin de temps pour organiser un second référendum, a appris EurActiv. 

Comme l’a expliqué le président du Parlement Hans-Gert Poettering au cours de sa conférence de presse sur le sommet, il aurait préféré en effet qu’une solution soit trouvée avant les élections européennes, qui se tiendront en juin 2009, mais beaucoup ont considéré cela comme irréaliste. 

Des adaptations transitoires

Ainsi, des mesures transitoires ont été adoptées à propos de la présidence du Conseil européen et du Parlement européen. L’Etat membre occupant la présidence de l’UE lorsque le traité de Lisbonne entre en vigueur (la Suède sera à la tête de l’UE jusqu’à la fin 2009) continuera à présider toutes les rencontres à l’instar des présidences actuelles. 

Mais le prochain pays à la présidence de l’UE (l’Espagne à partir de janvier 2010) effectuera des modifications par rapport à la conformité avec le traité de Lisbonne, préparant la place pour un président permanent du Conseil européen et un haut représentant des Affaires étrangères et de la politique de sécurité. 

En outre, le Parlement européen sera élargi de 736 à 754 membres dans le courant 2010 si les Irlandais votent en faveur du traité modificatif. Les élections auront lieu conformément au traité de Nice, mais le Parlement devrait bientôt adapter les dispositions du traité de Lisbonne. 

Répondant aux questions de la presse, M. Poettering a reconnu que la situation n’était pas idéale et que la légitimité des eurodéputés en fonction entre le traité de Nice et celui de Lisbonne devrait être préservée puisque leur statut ne devrait pas être différent. Il a admis que les experts juridiques pourraient buter sur cette question. 

Les initiés nationaux

Un certain nombre de pays, comme la Belgique, ne seraient pas particulièrement enthousiastes quant au compromis selon lequel chaque Etat membre conservera son commissaire. Un des objectifs de la réduction des effectifs vise à stimuler l’indépendance de l’exécutif par rapport aux Etats membres. 

Mais un certain nombre de pays, en particulier parmi les nouveaux membres, ont exprimé leur préférence pour le système actuel. Selon eux, les commissaires sont les initiés nationaux du plus haut niveau dans la hiérarchie de l’exécutif européen. Peu avant leur arrivée à Bruxelles, le président roumain Traian Basescu et le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek ont indiqué qu’ils souhaitaient conserver le système d’un commissaire par pays. 

Positions:

S’adressant à EurActiv, le leader de l’ADLE, l’eurodéputé Graham Watson, a salué le compromis. A son avis, le président de la Commission doit être élu comme par le passé, au mois de juillet, et la Commission se rassemblera comme avant. Nous savons que les Irlandais sont d’accord d’organiser un référendum avant la fin du mandat de l’actuelle Commission, a-t-il indiqué, ce qui signifie qu’il est possible d’envisager l’entrée en vigueur du traité en 2010. 

Il considère en outre que les propositions visant à un transfert progressif du système de présidence tournante à celui de présidence à temps plein sont appropriées, tout comme les proposition visant à développer le Parlement européen au cours de l’année 2010. Il a indiqué que ces mesures permettraient à l’UE d’instaurer tout en douceur le traité de Lisbonne et de tirer profit des dispositions de ce traité le plus tôt possible. 

Pour ce qui est du calendrier du prochain référendum, M. Watson a indiqué qu’on peut s’attendre à un référendum aux environs d’octobre prochain. Selon lui, il est peu probable que les Irlandais organisent un second référendum avant les élections européennes. Ils auront besoin à son avis de 18 mois, comme cela avait été le cas lors du rejet du traité de Nice. 

Mais si l’opinion publique irlandaise suit la bonne direction, le pays pourrait organiser un référendum rapide au printemps prochain, a reconnu M. Watson, qui a déclaré qu’il pense que le peuple irlandais reconnaîtra qu’il a été trompé par une campagne de mensonge et d’insinuations financée en partie outre-atlantique. Le leader de l’ADLE a en outre affirmé qu’il estimait que les Irlandais allaient y repenser. 

Lorraine Mullaly, directrice de l’organisation eurosceptique Open Europe, a réagi négativement à l’annonce du compromis sur Lisbonne. Dans une déclaration écrite, elle a estimé que le projet de conclusions ne renferme aucune garantie juridiquement contraignante pour l’Irlande et qu’il n’avait pas de sens. Selon elle, les Irlandais revoteraient exactement sur le même texte que le traité de Lisbonne, qu’ils ont déjà rejeté.

Elle a ajouté que si les dirigeants européens décidaient de changer quoi que ce soit au traité, cela impliquerait une nouvelle ratification par chaque autre Etat membre, notamment le Royaume-Uni. Selon Mme Mullaly, l’UE souhaite éviter ce cas de figure à tout prix. 

Mme Mullaly a appelé le processus de compromis une comédie destinée à faire comme si les inquiétudes des citoyens sur le traité avaient été traitées. Elle a estimé que le « non » irlandais était actuellement méprisé d’une façon des plus malhonnêtes. 

Le think tank indépendant Friends of Europe a publié une déclaration juste avant le sommet où il met en garde l’Irlande, qui devrait à son avis également permettre aux autres Etats membres de l’UE d’avancer avec le traité de Lisbonne si c’est ce qu’ils souhaitent. 

Selon Friends of Europe, même si un autre référendum doit se tenir en Irlande, le gouvernement du pays devrait prévoir une procédure qui, quel que soit le résultat, permette aux autres Etats membres de mettre en œuvre les éléments essentiels du traité de Lisbonne. 

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