La Commission doit présenter aujourd'hui son programme de travail en matière de politique sociale pour la période 2005-2010. L'exécutif bruxellois voudra afficher sa détermination à prendre pleinement en compte la dimension sociale du processus de Lisbonne.
La semaine dernière, la Commission présentait un ensemble de propositions - essentiellement centrées sur les objectifs de croissance économique et de création d'emplois - visant à relancer le processus de réformes dit "de Lisbonne" (voir EurActiv 3 février 2005). Ce "nouvel élan pour la stratégie de Lisbonne" a fait l'objet de vives critiques de la part des députés européens socialistes et écologistes, des syndicats et des organisations de défense de l'environnement, qui accusent la nouvelle Commission de vouloir négliger les dimensions sociale et environnementale de la stratégie de Lisbonne.
La Commission Barroso entend à présent convaincre ses détracteurs qu'il n'existe pas de contradiction entre, d'une part, son engagement résolu en faveur de la croissance économique et de l'emploi, et d'autre part sa détermination à mettre en oeuvre des mesures fortes en matière de politique sociale et de développement durable. Elle doit ainsi présenter, ce mercredi 9 février, son programme sur cinq dans le domaine de la politique sociale, et dévoiler dans le même temps une Communication consacrée à l'évaluation à mi-parcours de la stratégie de Göteborg sur le développpement durable.
Dans sa Communication sur "l'Agenda pour la politique sociale 2005-2010", la Commission doit s'engager à moderniser le modèle social européen et à garantir l'application du principe de cohésion sociale.
L'une des priorités essentielles de cette stratégie sur cinq ans sera de convaincre les citoyens d'accepter les réformes rendues nécessaires par l'évolution du contexte socio-économique, notamment marqué par le renforcement de la concurrence au niveau mondial et le vieillissement de la population européenne. La Commission estime que "trois conditions-clés" devront être réunies pour permettre le succès de sa stratégie : le développement d'une approche intergénérationnelle mettant l'accent sur la jeunesse, la mise en oeuvre d'un partenariat pour le changement impliquant les partenaires sociaux et l'ensemble de la société civile, et le renforcement de la dimension sociale de la mondialisation.
La communication se fixe deux objectifs prioritaires :
La Commission entend prendre un certain nombre d'initiatives pour la période 2005-2010, notamment :
La CBI (Confederation of British Industry - le patronat britannique) a déjà réagi de façon négative aux propositions de la Commission. Cité par le Guardian, le directeur-général du CBI, Sir Digby Jones, indique que les propositions contenues dans l'agenda social sont de nature à contrarier les espoirs des entreprises, encouragées par l'élan réformateur initial de la Commission Barroso.
Toujours selon le Guardian, le dirigeant syndical européen John Monks a exprimé son soulagement, se félicitant que M. Spidla ait "redonné vie à l'agenda [social] une semaine seulement après que beaucoup eurent prononcé l'arrêt de mort de l'Europe sociale".
La Commission doit présenter ce mardi 9 février ses deux Communications, l'une consacrée à l'Agenda pour la politique sociale, l'autre à l'évaluation à mi-parcours de la stratégie de Göteborg sur le développpement durable. EurActiv reviendra sur ces textes avant la fin de cette semaine.