Après avoir remporté la bataille pour le leadership du parti le week-end dernier (EurActiv 08/12/08), le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a théoriquement renforcé son mandat en vue de la ratification du traité par le Parlement tchèque. Il aurait dès lors pu le soumettre au vote s’il l’avait voulu.
Hier toutefois, lors de la réunion extraordinaire du Parlement convoquée par l’opposition tchèque, M. Topolanek a invité son parti ODS (Parti démocratique civique) à remettre à plus tard le débat sur le traité, qui se tiendra désormais le 3 février. Il s’agit dès lors de la date la plus proche pour un vote tchèque sur le traité. Et même à ce moment-là, il n’est pas certain que le vote ait lieu.
En fait, M. Topolanek a poussé l’ODS à privilégier l’approbation du système américain controversé de défense anti-missiles à la ratification du traité de Lisbonne dans le cadre de l’agenda parlementaire 2009.
Officiellement, le vote a été reporté en raison des déclarations de M. Topolanek, qui a estimé qu’il fallait encore qu’un certain nombre de commissions parlementaires examinent le traité. Par ailleurs, avant de soumettre le traité de Lisbonne au vote, il a affirmé qu’il devait débattre du traité et d’autres aspects de la coopération entre les différents partis avec le dirigeant de l’opposition tchèque.
En réalité, les observateurs pensent que le Premier ministre tchèque cherche à gagner du temps pour unifier les factions de son propre parti actuellement en conflit après que Vaclav Klaus, président tchèque opposé au traité de Lisbonne et président de l’ODS, a démissionné du parti samedi avec grand fracas. En raison de la démission de M. Klaus et de la victoire de M. Topolanek sur le maire de Prague Pavel Bem (allié de M. Klaus), un grand nombre de députés de l’ODS ressentiraient actuellement une vive antipathie à l’égard du Premier ministre tchèque et auraient pu utiliser un vote sur Lisbonne pour punir le dirigeant de leur parti.
Selon les propos de David Král, directeur du programme politique de l’UE auprès du Europeum Institute for European Policy à Prague, à EurActiv, « alors que l’opposition pousse fortement en faveur d’une ratification rapide du traité de Lisbonne, le Premier ministre n’est pas vraiment certain du soutien dont il bénéficie de la part des membres de son propre parti par rapport au traité ».
M. Král a également exprimé sa surprise par rapport au fait que M. Topolanek continue de lier explicitement le vote sur le traité de Lisbonne au vote de compromis sur les systèmes de défense (Euractiv 20/02/07). « Je pense qu’il s’agit d’un jeu plutôt risqué pour M. Topolanek », a indiqué M. Král. « Je ne vois pas de quelle mesure d’incitation dispose l’opposition pour le moment pour soutenir le système de défense anti-missiles. Une grande majorité de l’opinion publique y est opposée ».
Les risques qu’un tel vote de compromis vote ait lieu pourraient diminuer considérablement en fonction de l’attitude de la nouvelle administration de M. Obama à l’égard de la défense anti-missiles.
Pour une couverture approfondie, consultez EurActiv République tchèque.



