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La Tchéquie s’inquiète des attaques des sénateurs sur Lisbonne [FR]

Publié 24 août 2009
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Un ministre tchèque a déclaré la semaine dernière qu’il s’inquiétait de l’appel émanant d’un groupe de sénateurs à la Cour constitutionnelle, qui vise à reporter la ratification du traité de Lisbonne jusqu’à l’amendement des lois nationales. Avec la participation d’EurActiv République tchèque.

Le ministre tchèque des Affaires européennes, Stefan Fuele, a exprimé la crainte que la ratification du traité soit de nouveau repoussée à la suite d’une nouvelle tentative d’un groupe de sénateurs, appartenant pour la plupart au parti ODS de centre droit, d’introduire des changements à une loi récemment adoptée.

Le « mandat spécial en relation avec l’UE », qui a été adopté comme condition préalable à la ratification du traité de Lisbonne, oblige le gouvernement à rechercher l’approbation parlementaire à chaque fois que des compétences nationales sont transférées à l’UE.

Un groupe de législateurs, mené par le sénateur Jiri Oberfalzer (ODS), insiste aujourd’hui pour que de tels transferts de pouvoirs donnent lieu à un vote parlementaire avec une majorité constitutionnelle des 3/5ème, en lieu et place d’une majorité simple.

M. Oberfalzer insiste également sur le fait que la Cour constitutionnelle tchèque devrait avoir le dernier mot dans l’interprétation du droit européen résultant du traité de Lisbonne. Il précise que le droit gouvernant la Cour constitutionnelle doit être modifié afin que les juges de la Cour puissent décider de la conformité à la Constitution tchèque de mesures individuelles prises par des organes européens.

Le processus de ratification du traité de Lisbonne devrait être suspendu jusqu’à l’approbation des changements législatifs en question, insiste le groupe de législateurs. Un tel développement pourrait aussi avoir un impact international et il pourrait remettre en question la capacité de la République tchèque à satisfaire ses engagements et porter un coup à la crédibilité du pays aux yeux de ses partenaires européens pour un bon moment, a expliqué M. Fuele.

Le ministre tchèque, issu du gouvernement intérimaire du pays, a également critiqué le fait qu’il n’existe pas de date limite claire pour achever la ratification, même si le parlement a adopté le traité il y plus de trois mois.

Le groupe de législateurs mené par M. Oberfalzer prépare une autre plainte devant la Cour constitutionnelle, qui se concentrera sur certaines dispositions du traité de Lisbonne, selon EurActiv République tchèque. Ils devraient déposer cette plainte début septembre.

Contexte : 

L’incertitude institutionnelle actuelle sur le traité de Lisbonne a commencé sérieusement quand les électeurs irlandais ont rejeté le texte lors d’un référendum populaire en juin 2008 (EurActiv 13/06/08).

Cependant, quand le gouvernement irlandais s’est engagé à organiser un second référendum pour la fin 2009 après s’être vu accordé un certain nombre de concessions clés de la part des dirigeants de l’UE (EurActiv 12/12/08), l’attention s’est vite focalisée vers la République tchèque. 

Alors que le Parlement tchèque ratifiait le traité en février (EurActiv 18/02/09), le sénat tchèque a repoussé son vote final à plusieurs reprises, principalement en raison des liens avec la question controversée du bouclier antimissile américain (EurActiv 25/02/09). 

Les divisions au sein du Parti démocratique civique (ODS) sur le traité ont été suffisamment graves pour entraîner la chute du gouvernement tchèque, une source de grande gêne pour le pays, qui occupait la présidence tournante de l’UE dans la première moitié de l’année (EurActiv 25/03/09). 

Les opposants au traité de Lisbonne parmi les sénateurs tchèques se sont d’abord tournés vers la Cour constitutionnelle en 2008. En novembre dernier, la Cour a déclaré qu’elle ne jugeait pas le traité incompatible avec l’ordre constitutionnel tchèque.

Le 6 mai, la chambre haute tchèque a approuvé le traité de Lisbonne à une large majorité, ouvrant la voie à la ratification finale du traité en République tchèque. Mais le texte demande toujours le sceau présidentiel de Václav Klaus.

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