S’exprimant à la télévision nationale, le premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré que son pays pourrait suivre les Tchèques s’ils demandaient une dérogation au traité de Lisbonne concernant la Charte des Droits fondamentaux.
Si la dérogation est accordée seulement à la République tchèque, la Slovaquie craint que cela puisse entraîner une incertitude juridique, a expliqué M. Fico.
Peter Stan, porte-parole du ministre slovaque des Affaires étrangères, a déclaré à l’agence de presse nationale TASR que la Slovaquie, comme la République tchèque, était l’héritière de la Tchécoslovaquie, et que les Décrets Beneš faisaient aussi partie de la législation nationale slovaque. Le traité de Lisbonne ne doit pas pouvoir donner différentes garanties juridiques aux deux Etats successeurs au regard des Décrets.
Le ministre des Affaires étrangères a également souligné que la Slovaquie avait déjà ratifié le traité sans demandes additionnelles, mais qu’en raison des revendications du président tchèque, les Slovaques étaient devenus contre leur volonté partie du processus.
La formulation finale des revendications tchèques – et peut être maintenant slovaques – sera précisée au sommet européen d’octobre entre les chefs d’Etats et de gouvernements à Bruxelles.
Les demandes slovaques pourraient renforcer la détermination de l’UE contre M. Klaus
Les demandes exactes que les Tchèques feront au regard des Décrets Beneš ne sont pas encore claires. Le premier ministre tchèque Jan Fischer a indiqué que l’une des options pourraient être pour les dirigeants européens d’approuver une déclaration politique répondant aux inquiétudes de M. Klaus lors du sommet, et de s’engager à ajouter une note de bas de page au traité dans un futur plus ou moins déterminé.
Cependant, M. Klaus souhaite une dérogation pleine et entière de la Charte des droits fondamentaux de l’UE – une partie du traité – similaire à celles obtenues par le Royaume-Uni et la Pologne lors des négociations d’il y a deux ans.
Des sources ont affirmé à EurActiv que ce dernier scénario pourrait être problématique, puisque certains gouvernements de l’UE sont réticents à accorder quoique ce soit à M. Klaus, même une simple déclaration politique.
En effet, une source de la Commission européenne a déclaré à EurActiv Slovaquie que l’exécutif de l’UE était conscient que M. Fico serait forcé de suivre sur les Décrets Beneš, et sa déclaration d’hier peut être considérée comme une invitation aux dirigeants européens à ne pas céder aux demandes de M. Klaus.



