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Les trois scénarios de Verhofstadt pour Barroso [FR]

Publié 28 août 2009
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Guy Verhofstadt, dirigeant des Libéraux européens, a suggéré trois scénarios pour l’élection du prochain président de la Commission européenne, dont l’un envisage le rejet de la candidature de M. Barroso par le Parlement européen, a appris EurActiv.

Le groupe libéral au Parlement, mené par l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, a mené une réunion hier (27 août) pour discuter des scénarios possibles concernant l’approbation du prochain président de la Commission.

Dans le cadre du premier scénario, les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen se mettront d’accord pour tenir un vote en plénière sur la nomination de M. Barroso le 16 septembre après avoir approuvé son plan de cinq ans lors d’auditions séparées avec le candidat, les 8 et 9 septembre.

Selon un deuxième scénario – décrit comme le pire par les libéraux – les dirigeants des groupes choisissent de rejeter la candidature de M. Barroso directement pendant les auditions de septembre et appellent la présidence suédoise à réunir un sommet européen d’urgence afin de trouver d’autres candidats.

Selon un troisième scénario, les groupes politiques restent sceptiques sur le programme de M. Barroso et décident de repousser le vote du Parlement jusqu’en octobre, appelant le candidat à reconsidérer certains de ses engagements.

Toutefois, ce dernier scénario doit prendre en compte le « facteur irlandais » - le second référendum sur le traité de Lisbonne le 2 octobre – et voir si son résultat répond aux attentes du public irlandais, a déclaré M. Verhofstadt lors de la rencontre du groupe libéral.

Le rejet potentiel de M. Barroso serait une mauvaise nouvelle pour la question irlandaise, aurait affirmé M. Verhofstadt, car cela créerait une crise institutionnelle, a confié à EurActiv une source ayant participé à la réunion.

Dans tous les cas, selon l’ancien premier ministre belge, les conséquences d’un tel rejet seraient pires que si le vote était simplement repoussé en octobre.

La réaction du porte-parole de M. Verhofstadt

Koert Debeuf, porte-parole de Guy Verhofstadt, a appelé EurActiv pour préciser que les remarques sur M. Barroso n'avaient pas été faites lors d'une rencontre du groupe, et qu'il n'y avait pas de « plans Verhofstadt » ou de « scénarios Verhofstadt »  sur le futur de M. Barroso.

M. Barroso rencontre le Parlement européen

Le président Barroso s’est exprimé brièvement auprès de la presse hier (27 juin) après avoir reçu le président du Parlement européen Jerzy Buzek dans son bureau. Aucune nouveauté n’a transpiré des déclarations – M. Buzek a indiqué son intention de proposer aux groupes politiques que le vote sur M. Barroso se tienne le 16 septembre, tandis que M. Barroso affirmait que le timing n’était pas un problème pour lui, et qu’il serait prêt quand le Parlement le serait lui aussi.

Des sources à la Commission européenne ont indiqué que les 27 commissaires se préparaient à rester en intérim jusqu’à la fin de l’année à cause du possible retard dans la ratification du traité de Lisbonne par le Sénat tchèque (EurActiv 24/08/09). 

Selon une source au Parlement, le président tchèque Václav Klaus souhaite donner une chance aux Tories britanniques de convoquer un référendum et ainsi de « tuer » le traité de Lisbonne s’ils parviennent à s’emparer du pouvoir assez tôt.

Mais cette remise à plus tard ne peut pas durer éternellement. Les prétextes et les excuses de M. Klaus s’épuisent, a déclaré cette source. Dans l’hypothèse où Gordon Brown appellerait à des élections anticipées en mai 2010, M. Klaus n’aurait pas de ressource pour repousser la ratification jusqu’en mai ou juin, a expliqué le fonctionnaire.

Prochaines étapes : 
  • 8 et 9 sept.  : M. Barroso doit discuter de son programme avec les groupes parlementaires qui le souhaitent.
  • 16 sept.  : le Parlement européen vote sur le second mandat de M. Barroso.
  • 2 oct.  : second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne.
Contexte : 

José Manuel Barroso a reçu le soutien unanime des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE en juin pour un second mandate de cinq ans à la tête de la Commission européenne (EurActiv 19/06/09). 

Leur soutien politique a été formalisé par une procédure écrite le 9 juillet. La Suède, l’actuelle titulaire de la présidence tournante de l’UE, avait insisté pour que M. Barroso soit reconduit dès que possible, affirmant qu’en temps de crise l’Union avait besoin d’un président de la Commission qui puisse exercer tous ses pouvoirs (voir LinksDossier sur la présidence suédoise de l’UE). 

Cependant, la réélection de M. Barroso a pris un tout autre chemin au Parlement européen. Après la tenue des consultations arbitrées par la présidence suédoise de l’UE, il est apparu que le Parlement européen ne voterait pas sur la reconduction de M. Barroso à sa session plénière de juillet (EurActiv 02/07/09). 

Des eurodéputés des groupes socialistes et libéraux, soutenus par les Verts et l’extrême gauche, ont soutenu que toute décision sur des désignations importantes devraient attendre la fin des élections générales de septembre en Allemagne et le second référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande, qui se déroulera le 2 octobre. 

En conséquence, juste avant les vacances, les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen ont convenu de reporter jusqu’au 10 septembre leur décision sur la date d’un vote sur les postes de premier plan (EurActiv 17/07/09).

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