Un marketing permanent et des groupes d’excellence stratégique sont des éléments clés pour conférer à nouveau une vraie valeur au projet européen, selon le professeur de marketing de l’école de commerce.
Ayant poursuivi le rêve américain et cherchant maintenant à vivre le rêve européen, cet Indien affirme que les citoyens de l’UE tiennent l’unité du continent pour acquise et ne la « possèdent », ne la nourrissent pas suffisamment.
« Regardez Coca-Cola et Pepsi : tout le monde connaît Coca-Cola et Pepsi dans le monde, pourtant ils continuent de faire de la publicité. Pourquoi, me direz-vous ? Ils sont si connus. Certes, mais vous verrez des publicités pour leurs produits tous les jours, parce que c’est comme ça qu’on communique, qu’on crée une impression de nouveauté », a-t-il affirmé.
Les gens devraient être fiers de ce qu’ils ont accompli, a-t-il encore dit avant d’ajouter que les personnes faisant preuve d’excellence à l’étranger devraient revenir et expliquer la singularité du modèle européen.
Dipak C. Jain souhaite que l’UE crée un événement fort qui célèbrerait sa propre réussite. « Il ne s’agit pas seulement de Davos et tutti quanti. Il s’agit de créer notre propre événement ».
Selon le doyen de l’INSEAD, l’Europe devrait mieux communiquer sur ce qu’elle représente pour sa population: l’éducation, une vision unifiée, des racines, l’ouverture, le positivisme, l’environnement. Ces éléments clés de l’identité européenne ne doivent pas être passés sous silence.
« Il faut communiquer, faute de quoi vous vous endormez », a-t-il déclaré, argumentant que la communication commençait par les arts et la culture.
L’héritage culturel de l’Europe est quelque chose dont les Européens devraient être fiers, et une campagne de marketing pourrait mettre le continent sur le devant de la scène en tant que centre mondial des arts et de la culture, a-t-il insisté.
L’universitaire a suggéré la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs pour l’Europe : des personnes reconnues à travers le monde, qui croient aux accomplissements européens et les respectent. Il reconnaît également que pour qu’une économie soit forte, elle doit s’appuyer sur quatre piliers : la démocratie, la diversité, la démographie et le dynamisme.
« Les deux premiers ne posent pas de problème, mais les deux derniers oui. Notre évolution démographique n’est pas idéale pour notre avenir et le dynamisme n’est pas au rendez-vous », a repris Dipak C. Jain, ajoutant qu’en Inde, par exemple, les quatre piliers étaient réunis.
Evoquant la manière dont les Américains avaient procédé, il a affirmé que l’Europe devrait songer à la dimension démographique de ce système : des talents étrangers ou une immigration hautement qualifiée pourraient s’avérer précieux.
« Il est possible d’attirer de nombreux entrepreneurs et de les faire créer des emplois ici », a-t-il expliqué, mettant l’accent sur le fait que les populations migrantes pouvaient créer la dynamique nécessaire.
« Si les Européens se reposent sur leurs lauriers, il faut faire venir une population immigrante qui va créer du dynamisme. Si les Américains y sont parvenus, pourquoi pas nous ? », a-t-il conclu.
Dipak C. Jain s’est entretenu avec la directrice de la rédaction d’EurActiv, Daniela Vincenti-Mitchener.
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