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Accord post-Kyoto : un rôle clé pour les compensations d’émission, selon la Banque mondiale [FR][en][de

Publié: vendredi 22 mai 2009   

Les quotas d’émissions joueront un rôle central dans tout accord mondial futur sur le climat, mais il faudra intensifier les efforts sur le climat et passer des projets aux programmes. C’est ce qu’a déclaré Joëlle Chassard, qui gère l’unité « Financement carbone » de la Banque mondiale, lors d’un entretien accordé à EurActiv.

« Nous nous attendons à ce que les quotas internationaux international continuent à faire partie du paysage futur, principalement comme un moyen d’encourager et de fournir des incitatifs financiers aux pays en développement pour les pousser à entreprendre une mitigation sans tarder », a affirmé Mme Chassard. 

Aux yeux de la Banque mondiale, les énormes besoins en développement des pays pauvres justifieraient de continuer à leur fournir un financement par le biais des mécanismes pour un développement propre (MDP) du protocole de Kyoto ou des mécanismes de mise en œuvre conjointe (MOC), a-t-elle expliqué. 

Les quotas internationaux ont été la cible des critiques en raison du fait qu’ils freinent les réduction d’émissions dans les pays industrialisés, en leur permettant d’investir dans des projets de réduction des émissions dans les pays en développement au lieu de financer des réductions d’émissions domestiques, plus coûteuses.

Mme Chassard a soutenu que les quotas internationaux diminuent les coûts mondiaux de mitigation, en permettant à la communauté internationale d’embrasser des objectifs de réductions plus ambitieux.

« Nous avons la preuve que l’Europe et le Japon font beaucoup de travail au niveau national, mais ils comptent aussi partiellement sur les quotas internationaux pour réduire leurs objectifs généraux de réduction, a-t-elle poursuivi. Je ne considère pas cela comme un problème », a-t-elle déclaré.

Dans ses propositions pour un accord mondial sur le climat, la Commission européenne veut que des secteurs industriels dans leur entièreté, dans les pays en émergents comme la Chine, respectent certains standards d’efficacité ou d’émissions au préalable, avant de se voir accorder des crédits MDP. 

Mme Chassard a déclaré que la Banque mondiale soutenait cette idée, et que cette dernière travaillait déjà sur ce qui est vu comme une réelle évolution : passer du stage de projets à celui des programmes, puis à celui des projets de mitigation nationale, complets et stratégiques.

« Face à ce défi, nous pensons maintenant avoir besoin de trouver une manière de multiplier ces efforts de mitigation et le recours aux mécanismes du marché, afin d’atteindre une mitigation et des réductions d’émissions à grande échelle », a-t-elle soutenu.

Mme Chassart a déclaré, à propos du vœu européen d’un marché du carbone à l’échelle de l’OCDE, qu’elle s’attendait à ne le voir se réaliser que graduellement. « Mais, oui, nous pensons que c’est la voie à prendre », a-t-elle ajouté, en ajoutant que l’expérience des marchés du carbone, jusqu’ici, s’était révélée positive.

Mme Chassard a toutefois convenu que pour de nombreux pays en développement le marché ne pouvait fournir tout le financement nécessaire. « Ce que le marché a facilité, de notre point de vue, c’est de mettre en branle des sommes substantielles de financement du secteur privé dans les mitigations du changement climatique. C’est un instrument, mais il ne peut être le seul », a-t-elle déclaré.

Mme Chassard a épinglé que les régulières opérations de prêt de la Banque mondiale fournissent déjà un financement aux pays en développement. La banque se focalise davantage sur les mitigations relatives au changement climatique et aux activités d’adaptation à ce même changement, a-t-elle ajouté.

Interrogée sur les instruments financiers qu’elle voudrait voir inclus dans l’accord sur le climat de Copenhague, Mme Chassard a souligné l’importance de la création d’un cadre pour encourager les financements purement d’investissement venant des secteurs public et privé, afin d’atteindre les objectifs de la convention sur le changement climatique.

« Nous n’avons pas trouvé la solution miracle », a-t-elle admis. « Nous sommes intimement persuadés de faire le meilleur usage qu’il soit de la capacité de combiner plusieurs instruments de financement pour mettre en œuvre des programmes à large échelle, pour les mitigations sur le climat ainsi que les adaptations », a-t-elle conclu.

Pour lire l'entretien dans son intégralité, cliquez ici.

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