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Action de l'UE sur le climat 'inutile' sans le soutien mondial [FR][en][de

Publié: lundi 19 mars 2007   

Selon les chefs d'entreprise, les dirigeants de l'UE ont décidé d'aller jusqu'à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 30% dans les 13 prochaines années mais le véritable combat consiste à convaincre les gros pollueurs d'en faire autant. 

Contexte:

Réunis à Bruxelles les 8 et 9 mars 2007, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE se sont engagés à réduire les émissions de CO2 de l'Europe de 20% d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990. Il s'agit d'une promesse ambitieuse, sachant que l'Europe peine déjà à atteindre son objectif actuel de 8% d'ici 2012, dans le cadre du protocole de Kyoto. 

Les dirigeants de l'UE se sont égalemement engagés à augmenter l'objectif pour atteindre 30% si les Etats-Unis, la Chine et d'autres puissances économiques acceptent d'en faire autant.

Au cours du Sommet européen des affaires tenu le 16 mars 2007, des dirigeants d'entreprise ont déclaré que l'engagement de l'Europe visant à réduire unilatéralement ses émissions de gaz à effet de serre pourrait non seulement nuire à la croissance économique et inciter l'industrie à déménager, mais pourrait également s'avérer inutile si d'autres pays refusent de se joindre à la lutte contre le changement climatique.

Une action concrète est maintenant nécessaire si l'objectif doit devenir plus qu'un simple geste.

Positions:

Le commissaire à l'énergie, Andris Piebalgs, a défendu le projet de l'UE, déclarant que même dans le pire des cas, à savoir si d'autres pays ne suivaient pas l'exemple de l'UE, la décision prise par le Conseil européen de réduire les émissions de CO2 de 20% "présente un intérêt". Il a  déclaré : "Moins de carbone signifie plus de sécurité énergétique", ajoutant que sans un tel changement, l'Europe continuerait simplement à payer de plus en plus pour son approvisionnement de l'extérieur en gaz et en pétrole. 

Le professeur Utz Claassen, PDG de l'entreprise énergétique allemande EnBW, a vivement recommandé la prise d'une action rapide à l'échelle mondiale, indiquant que le changement climatique "menace la vie des hommes" et que le problème se s'arrête pas aux frontières nationales ou à celles de l'Europe. 
Il a soutenu que la solution se trouvait dans les énergies renouvelables, notamment l'énergie solaire, dont "le potentiel est exceptionnel" bien que l'on ne tire profit que d'un très petit pourcentage de ce potentiel. Il a également souligné la  contribution "indiscutable" de l'énergie nucléaire à la fois dans la protection et dans la sécurité de l'approvisionnement.

Lars Josefsson, PDG de l'entreprise énergétique européenne Vattenfall, a déclaré : "Même aujourd'hui, nous sous-estimons encore le défi qui se présente à nous....Nous avons les technologies, le capital est abondant, mais nous manquons toujours de politique". 

Il a ajouté que, si toutes les régions du monde contribuaient à la lutte contre le changement climatique, il serait possible de parvenir à une réduction de 27 gigatonnes de CO2, une réduction nécessaire pour parvenir à une stabilisation à long-terme du climat, pour un coût inférieur à 40 euros par tonne de CO2.

Cependant, l'ambassadeur américain de l'UE, Boyden Gray, n'a pas paru convaincu, soulignant un lien apparent entre la "croissance économique considérablement plus faible" de l'Europe et l'augmentation considérablement plus faible de CO2 entre 1990 et 2004. Selon lui, " il y a des corrélations". Il a ajouté que les Etats-Unis, en revanche, avaient été plus performants dans la dissociation de la croissance économique et de l'augmentation des émissions de CO2 : "Rien ne prouve que l'économie ne peut pas continuer à fonctionner sans une augmentation des émissions de CO2". 

Tout en admettant que les Etats-Unis restent un "grand émetteur" de CO2, il a indiqué que l'on pouvait compter sur le marché pour trouver des solutions et a essayé de détourner l'attention portée sur les Etats-Unis, en soulignant le fait que les émissions de la Chine augmentent très rapidement et que les économies de carbone réalisées par l'UE "sont huit fois gaspillées par la Chine chaque année". 

Cependant, Stephan Singer, chef de l'unité énergie et climat en Europe pour le WWF, a rétorqué : "Bien que le niveau des émissions de CO2 de l'UE soit de moitié inférieur à celui des Etats-Unis, nous avons les mêmes niveaux de richesse au sein de l'UE", ajoutant : "Aujourd'hui, nous sommes fiers d'être Européens". 

Il a expliqué que chacun continue de pointer du doigt la Chine, mais que si l'on regarde les émissions par habitant, une personne en Chine n'émet qu'un cinquième de ce qu'un citoyen de l'OCDE émet en moyenne. Il a également souligné que, ce "pays assez pauvre" s'était engagé à atteindre des objectifs relatifs au changement climatique beaucoup plus ambitieux que les Etats-Unis.

Il a averti qu'il sera jusqu'à 20 fois plus cher de réparer les dégâts causés par le changement climatique à l'avenir que d'investir aujourd'hui dans des technologies propres, et a souligné le potentiel de création d'emploi du secteur des énergies renouvelables.  

Il a conclu qu'il était certain que d'autres pays, dont le Japon, la Norvège et la Suisse, suivraient le même chemin, et que les Etats-Unis commenceraient à prendre des mesures, dès que le prochain président américain arriverait au pouvoir.

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