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Aide climatique : le sommet de l’UE lutte pour lever des liquidités [FR]

Publié 11 décembre 2009
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Aujourd’hui (11 décembre), lors du sommet qui se tient à Bruxelles, les nations européennes sont prêtes à s’engager à hauteur de six milliards d’euros pour aider les pays pauvres à combattre le réchauffement planétaire. Toutefois, les financements seront fournis sur une base volontaire, conséquence des inquiétants problèmes de dettes de certains pays comme la Grèce.

Fredrik Reinfeldt, premier ministre suédois qui occupe actuellement le présidence semestrielle tournante de l’UE, a déclaré qu’il était confiant sur le fait que des fonds seraient trouvés.

Plus de la moitié des 27 Etats membres de l’UE ont déjà promis des fonds  « fast start » (financements précoces) pour les trois prochaines années jusqu’à 2013, a-t-il expliqué.

Toutefois, le premier ministre suédois a averti que les contributions ne se feraient que sur une base volontaire, puisque certains pays connaissent des positions budgétaires difficiles.

Certains Etats membres de l’UE mettent en œuvre des programmes du Fonds monétaire international, en raison d’importants déficits budgétaires. Les contributions se feront sur une base volontaire, et plus de la moitié des Etats membres ont d’ores et déjà indiqué leurs financements, a affirmé M. Reinfeldt lors d’une conférence de presse hier (10 décembre) à Bruxelles.

  • Royaume-Uni : le mois dernier, il s'est engagé à fournir 880 millions d’euros. Vendredi (11 décembre), il a dit qu'il était prêt à relever ce chiffre jusqu'à 1,65 milliards d'euros sur trois ans. 
  • France : elle a annoncée qu'elle mettrait à disposition 1,26 milliards d'euros sur la même période.
  • Suède : environ 800 millions d’euros.
  • Pays-Bas : 300 millions d’euros.
  • Danemark : 160 millions d’euros.
  • Espagne : 300 millions d'euros
  • Finlande : 100 millions d'euros.

Certains pays représentent des sujets d’inquiétude au regard de leurs problèmes de dettes de plus en plus aigus, que certains attribuent en partie aux généreux programmes d’aide d’Etat visant à relancer l’économie européenne après la pire récession que le continent ait eu à subir depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le problème de la dette grecque

La Grèce, membre de la zone euro qui compte 16 pays, était au centre de l’attention hier avec une dette estimée à 300 milliards d’euro, soit 125 % de son PIB. Le Pacte de stabilité et de croissance, qui gouverne la zone euro, limite les déficits publics à un maximum de 60 % du PIB.

Les dirigeants européens ont essayé d’apaiser les inquiétudes concernant la Grèce hier. Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu’il excluait totalement une faillite de l’Etat grec. Le gouvernement prendra des mesures pour le court, le moyen et le long terme, a affirmé M. Juncker en marge de la rencontre du Parti populaire européen (PPE) à Bonn.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré jeudi qu’il était confiant par rapport à la capacité de la Grèce à surmonter ses problèmes de dette.

Après m’être entretenu avec le premier ministre grec George Papandreou, j’ai une pleine confiance en la Grèce pour réussir pleinement cet effort, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse après le premier jour du sommet des dirigeants européens.

Réticence des pays de l’est

D’autres pays de la zone euro comme l’Irlande ont adopté des budgets d’austérité afin d’améliorer leur problème de dette, alors que certains pays d’Europe de l’est en dehors de la zone euro, comme la Hongrie, obtiennent un soutien vital de la part du Fonds monétaire international (FMI).

D’autre part, la Pologne et d’autres Etats de l’est comme la Bulgarie ont déclaré qu’ils préféreraient recevoir de l’aide pour réduire leurs émissions de carbone plutôt que de s’engager à contribuer financièrement en faveur de nations plus pauvres en dehors de l’Europe.

L’Allemagne, le plus grand contributeur au budget européen, adopte la stratégie suivante : attendre les propositions de financement que les autres pays riches, comme les Etats-Unis, mettront sur la table des négociations à la Conférence climatique de l’ONU qui se tient actuellement à Copenhague.

Réactions : 

Le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a déclaré qu’il s’attendait à la présentation d’un chiffre au moment de la conclusion du sommet aujourd’hui (11 décembre).

Nous travaillerons toute la nuit pour tout mettre en place, a affirmé M. Reinfeldt hier. Il y aura toujours des divergences entre 27 Etats indépendants. Mais je crois que nous parviendrons à de meilleurs résultats dans la matinée par rapport à ce que nous avons vu ce soir en ce qui concerne l’argent pour les mesures d’adaptation. Lors du dîner, il y avait une atmosphère de consensus sur le besoin de leadership européen quand on parle de la conclusion de Copenhague. C’est pourquoi les discussions vont continuer, a dit M. Reinfeldt.

Elise Ford, responsable du bureau européen d’Oxfam International, a mis en garde les dirigeants européens contre la tentation de mettre en avant des aides pour lesquelles ils se sont déjà engagés dans le cadre d’autres programmes d’assistance. Les dirigeants européens peuvent imposer le rythme des négociations à Copenhague avec leurs décisions sur le financement. Ils doivent cesser de se dérober quant à leurs engagements en faveur des pays pauvres qui doivent être importants et de long terme. Offrir uniquement une aide symbolique pour les trois prochaines années composée de promesses recyclées ne va pas permettre de réaliser la percée dans les négociations dont nous avons besoin, a-t-elle déclaré.

Mettre sur la table une somme concrète représentant la juste part de l’UE dans les financements de long terme nécessaires, et garantir que cela ne sera pas juste le recyclage d’engagements existants, tout cela pourrait changer la donne, a conclu Mme Ford.

Contexte : 

La communauté mondiale est actuellement en cours de négociations pour trouver un successeur au Protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

Un accord sur un nouveau traité devrait être atteint à la conférence climatique de Copenhague, qui a commencé le 7 décembre, mais les négociations sont bloquées d’une part par la réticence des pays développés de s’engager sur une aide financière concrète pour les pays en développement et d’autre part par le manque d’engagement suffisant en termes d’objectifs de réduction de CO2.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont convenu de la nécessité d’un montant de 100 milliards d’euros par an jusqu’en 2020 pour aider les pays en développement à s’adapter au réchauffement planétaire. Cet argent doit venir des investissements propres des pays en développement, du marché international du dioxyde de carbone et des financements publics internationaux. Les financements publics internationaux devraient s’élever à approximativement 22-50 milliards d’euros et l’UE a accepté d’y contribuer de manière équitable.

Les dirigeants européens se sont également mis d’accord pour dire que les pays en développement avaient besoin de 5 à 7 milliards d’euros supplémentaires par an lors de ces trois prochaines années (2010-2012) pour les programmes de financement précoces (« fast start » funding).

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