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Lors d’une conférence de trois jours sur l’Arctique qui s’est terminée aujourd’hui 11 septembre à Ilulissat (Groenland), Joe Borg, commissaire européen aux Affaires maritimes et à la pêche, a annoncé que Bruxelles prépare actuellement des propositions pour sauvegarder l’Arctique. La région, en première ligne du réchauffement climatique, se trouve en outre de plus en plus souvent au centre de conflits de souveraineté.
La très riche région de l’Arctique devient un sujet de polémique, en raison du changement climatique qui facilite la navigation dans la région.
La route maritime du nord – le passage à travers l’océan Arctique près de la côte du continent américain – est navigable depuis l’année dernière. Cela a pour résultat de raccourcir les itinéraires empruntés pour le transport et de développer les perspectives commerciales. Par ailleurs, la glace au nord de la Sibérie est elle aussi en train de fondre. Des territoires auparavant glacés sont maintenant accessibles, déclenchant des conflits de souveraineté.
Ni le pôle Nord ni la région arctique n’appartiennent à un Etat. Les Etats arctiques des Etats-Unis, du Canada, de la Russie, de la Norvège et du Danemark (Groenland) qui entourent ces régions disposent d’une zone économique de 200 milles nautiques autour de leurs côtes.
En août 2007, un brise-glace russe avait atteint le pôle Nord. Un mini sous-marin avait alors planté un drapeau russe en titane sur le fond océanique. Cette manœuvre avait été considérée par beaucoup comme une revendication par la Russie du fond océanique du pôle Nord et de ses ressources.
A cette époque, Vladimir Poutine, alors président de la Russie, avait déclaré que le changement climatique en Arctique n’était pas pour lui déplaire.
D’après M. Borg, le plan d’action couvrira trois grands fronts : la sauvegarde de l’Arctique et de son écosystème, la promotion de l’utilisation durable des ressources et la question plus large de la gouvernance.
Un porte-parole de la Commission a indiqué à EurActiv que l’UE n’était pas sur le point de faire pression pour une nouvelle législation internationale sur l’Arctique. Cependant, il a ajouté que l’Union préfèrerait développer la coopération entre les parties intéressés. Il a toutefois pris garde de ne pas exclure une nouvelle législation dans le futur.
Se référant aux voies maritimes, à la pêche et à l’accès aux ressources, il a également indiqué que : « Nous ne sommes pas convaincus d’avoir besoin ou non d’une nouvelle législation ». M. Borg a expliqué qu’une image plus claire pourrait apparaître après la conférence européenne sur l’Arctique (prévue à Monaco le 9 novembre). Une communication de la Commission doit d’ailleurs être publiée suite à cette conférence.
En réalité, c’est la première fois que l’UE est invitée à ce genre de conférence, organisée par le Conseil des ministres nordiques (Danemark, Finlande, Suède, Norvège et Islande). Ce sont les défis du changement climatique ainsi que les nouvelles possibilités d’exploitation des ressources naturelles préservées de la région qui poussent l’UE à s’intéresser à l’Arctique. L’Union était représentée à Ilulissat par le commissaire Borg, par un vice-président du Parlement européen et par un ambassadeur français représentant la présidence de l’UE.
La Russie pas à l’ordre du jour
Se référant au problème du drapeau planté par la Russie sur le fond marin du pôle Nord, le représentant de la Commission a précisé que la conférence n’était pas une réponse à des événements, mais plutôt une réponse au changement climatique.
La Russie était représentée à la conférence par un ambassadeur itinérant. Mais les représentants de la Commission ont quitté le Groenland avant qu’il ne n’ait pu apporter sa contribution. Par ailleurs, ils n’ont eu aucun contact bilatéral avec lui.
Le Canada et les Etats-Unis mettent en garde contre un éventuel conflit
Le ministre canadien des Affaires étrangères David Emerson a récemment fait part de ses inquiétudes concernant le survol illégal de l’espace aérien canadien par des avions russes. Il a ajouté que son pays traitait ce type d’activités dans le contexte des récentes actions russes en Géorgie.
Un haut commandant des garde-côtes américains a exprimé des inquiétudes similaires. Sur la BBC, le vice amiral Gene Brooks, chargé des garde-côtes de la vaste région de l’Alaska, a appelé à la conclusion d’un accord. Il a d’ailleurs mis en garde contre le risque de conflit en Arctique à moins de résoudre les querelles à propos des frontières internationales.