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La bataille fait rage autour de la climatisation automobile [FR][en

Publié: mardi 26 juin 2007   

Le secteur automobile européen se préparant à prendre une décision-clé sur le fluide réfrigérant à choisir pour remplacer le gaz-F (fluoré) qui constitue une menace pour le climat, les entreprises s'affrontent pour obtenir le soutien des constructeurs sur leurs technologies rivales en matière de climatisation.

Contexte:

En janvier 2006, l'UE a approuvé une directiveexternal visant à éliminer progressivement l'utilisation du HFC 134a, un gaz fluoré qui provient des systèmes de climatisation et qui a un impact considérable sur le réchauffement planétaire. Cet accord, conclu à l'issue de négociations difficiles entre le Conseil et le Parlement, prévoit :

  • A partir de 2011 : Une interdiction des gaz fluorés qui ont un potentiel de réchauffement planétaire supérieur à 150 pour les nouveaux modèles de véhicule. Ceci exclut l'utilisation du gaz HFC 134a mais autorise un autre gaz moins puissant, le HFC-152a, dont le potentiel de réchauffement planétaire avoisine 120 (CO2 = 1 sur l'échelle du potentiel de réchauffement planétaire).
  • A partir de 2017 : Une interdiction des gaz fluorés qui ont un potentiel de réchauffement planétaire supérieur à 150 s'appliquant à tous les véhicules à moteur à la sortie des usines.

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Une bataille féroce divise les fabricants concurrents de fluide réfrigérant destiné aux systèmes de climatisation des véhicules. Les constructeurs européens envisagent en effet de choisir un réfrigérant unique pour remplacer le HFC 134a, un gaz fluoré qui devrait être progressivement interdit à partir de 2011 en raison de son fort potentiel de réchauffement planétaire.

Un groupe de travail au sein de l'ACEA, l'Association des constructeurs européens d'automobiles, élabore actuellement une position commune sur la question, qui devrait être par la suite adoptée par l'ensemble du secteur. La porte-parole de l'ACEA, Sigrid de Vries, a indiqué : "Le groupe de travail a l'intention de prendre une décision fin septembre 2007". 

Bien que la décision du groupe ne soit pas contraignante, Sigrid de Vries a déclaré qu'il y avait "un intérêt évident" de la part de tous les constructeurs à adopter une position commune sur la question. De plus, étant donné le poids du marché européen, il est probable que la nouvelle norme soit appliquée au niveau mondial.

Elle a ajouté : "Ils examinent actuellement le CO2 et un certain nombre d'autres gaz", en ajoutant que parmi les critères, figureront la performance environnementale et la facilité d'adaptation du nouveau système avec le système en place.

Selon l'Alliance pour les solutions Co2, un groupe d'ONG écologistes et d'entreprises soutenant l'utilisation du CO2 dans les systèmes de climatisation des véhicules, un marché mondial, dont la valeur atteindra les 14,5 milliards de dollars cette année, est en jeu.

Positions:

En mars 2007, Honeywell et DuPont, sociétés implantées aux Etats-Unis, ont annoncé leur joint-venture visant à tester, à développer et à commercialiser conjointement une alternative au gaz HFC 134a qui serait disponible à temps pour être conforme à la nouvelle norme européenne de 2011.

Les deux groupes ont indiqué que leur expérience approfondie des systèmes de réfrigération et de conditionnement faisait d'eux les champions naturels capables de remplacer le gaz HFC 134a à l'aide d'alternatives à base de fluor, tout en respectant un coût moindre pour les constructeurs automobiles.

Le 29 mars 2007, Honeywell et DuPont ont déclaré : "En mettant à profit les ressources de DuPont et de Honeywell, nous pouvons hâter l’homologation et la commercialisation des produits afin de fournir à l’industrie une solution lui permettant de se conformer à temps aux règlements et d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde entier".

Terrence Hahn, vice-président et directeur-général de la branche des produits fluorés d'Honeywell, a indiqué : "Nous songeons à fournir un produit n’exigeant que peu d’adaptation, donc réduisant le besoin pour l’industrie automobile de procéder à des modifications coûteuses. Pour le consommateur, nous voulons offrir une solution à faible PRG écologique, mais sans sacrifier le confort ou la fiabilité".

Toutefois, leurs arguments sont mis en cause par l'Alliance pour les solutions CO2, un groupe de sociétés allemandes et scandinaves soutenues par les ONG écologiques Greenpeace et Deutsche Umwelthilfe. Le groupe soutient que le dioxyde de carbone est la solution de remplacement idéale aux gaz-F (fluorés) qui ruinent le climat, transformant ainsi le problème en solution, puisque le CO2 est lui-même un gaz à effet de serre. Les fabricants qui composent ce groupe sont Ixeticexternal Konvektaexternal SINTEFexternal  and Sheccoexternal .

Jürgen Resch, directeur de l'ONG allemande Deutsche Umwelthilfe, a indiqué : "D'un point de vue écologique, nous considérons que la technologie CO2 est la seule solution viable pour la climatisation automobile. En utilisant un système de climatisation basé sur le CO2, le total des émissions automobiles peut être réduit de près de 10%".

Selon le groupe, les systèmes à base de CO2 se sont avérés une technologie à la fois plus écologique et plus rentable que les réfrigérants chimique concurrents.

L'Alliance espère que le mouvement actuellement en cours en Europe visant à réduire sa consommation d'énergie et à protéger le climat contribuera à faire triompher cet argument. Marc Chasserot, lobbyiste  de l'Alliance, précise : "La plupart des gens ignorent que la climatisation automobile accroît de 20% leur consommation de carburant".

Il ajoute que les mélanges actuellement en cours de développement doivent encore être soumis à des tests et qu'on n'en connaît pas encore les conséquences à long terme sur l'environnement".

Marc Chasserot s'interroge : "Qui sait si d'autres interdictions ne seront pas nécessaires dans 2 à 3 ans? La technologie à base de CO2 est la meilleure assurance du secteur automobile contre toute future législation".

Sabine Chmielewski, directrice de la communication de l'unité de matériel spécialisé d'Honeywell Europe, a indiqué que ces systèmes à base de CO2 coûtaient trop cher : "Ces systèmes à base de CO2 sont plus chers que les systèmes actuels à base de gaz HFC 134a et ils exigeraient de modifier de manière significative la conception et la construction des automobiles ainsi que l'investissement de capitaux de l'industrie automobile par rapport à la solution de substitution que nous proposons".

L'Alliance rejette toutefois l'argument du coût : "En tant que réfrigérant, le CO2 est abordable et disponible en grandes quantités. L'entretien serait également moins coûteux, le système n'yant pas besoin d'infrastructures compliquées pour prévenir les fuites, comme c'est le cas pour les alternatives chimiques".

Surtout, les coûts iraient en s'amenuisant et finiraient par coûter "le même prix que les systèmes actuels, une fois entrés dans la phase de prduction de masse".

Selon les estimations de l'Alliance, "l'investissement initial de la part des constructeurs automobiles serait de l'ordre de 20 euros par unité".

Prochaines étapes:

  • Fin septembre 2007 : Le groupe de travail de l'ACEA devrait rendre son verdict sur le réfrigérant qu'il recommande aux constructeurs automobiles européens. 
  • 2010 : La Commission doit évaluer la nécessité de nouvelles actions et normes européennes à la lumière des progrès effectués au vus des engagements internationaux (post-Kyoto).
  • 2011-2017 : Période de suppression progressive du gaz HFC 134a.

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