L’étude, réalisée par le Hadley Center au Met Office britannique, fait écho au rapport des Nations Unies de la semaine dernière qui a révélé que le changement climatique devançait les pires scénarios envisagés en 2007 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat des Nations Unies (GIEC).
Nos résultats montrent des tendances similaires à celles du GIEC, mais elles suggèrent aussi la possibilité de voir des changements extrêmes encore plus importants se produire, a déclaré Debbie Hemming, co-auteur de la recherche publiée au commencement d’une conférence sur le changement climatique à l’Université d’Oxford.
Les dirigeants des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre ont admis en juillet le point de vue scientifique selon lequel les températures ne devraient pas excéder deux degrés au dessus des niveaux préindustriels, afin d’éviter davantage de changements dangereux du climat mondial.
Le GIEC a partagé en 2007 le prix Nobel de la Paix pour son quatrième rapport d’évaluation, ou AR4. L’une de ses conclusions était que les températures mondiales pourraient s’élever de quatre degrés à la fin des années 2050. L’étude de lundi a confirmé que ce niveau de réchauffement pourrait se produire plus tôt, au milieu de la décennie 2050, et a évoqué des effets locaux plus importants.
L’étude annonce les résultats de l’AR4 et confirme ce qui pourrait arriver, a déclaré Mme Hemming à Reuters, en référence au réchauffement de quatre degrés, en prenant pour hypothèse l’absence d’action mondiale supplémentaire pour réduire les émissions lors de la prochaine décennie.
Une des avancées notables depuis 2007 a été la modélisation des effets des cycles carbone. Par exemple, si une partie de la forêt tropicale amazonienne disparaissait après une sécheresse, cela exposerait les sols, qui relâcheraient alors du carbone provenant de la matière organique auparavant protégée du soleil.
Cela augmente la somme de dioxyde de carbone qui est libéré dans l’atmosphère et donc le réchauffement global. Cela permet plus de certitude, a déclaré Mme Hemming.
Quelque 190 pays vont tenter de se mettre d’accord sur les moyens de ralentir le réchauffement mondial lors de la conférence de décembre à Copenhague.
Le président chinois Hu Jintao a gagné des points en s’engageant à limiter notablement la croissance des émissions de son pays, à l’occasion d’un sommet climatique des Nations Unies à New York la semaine dernière. D’autres dirigeants ont promis de convenir d’un nouveau pacte climatique. L’UE s’est, elle, engagée à réduire ses émissions pour maintenir la hausse des températures en dessous de deux degrés.
Les hausses de température sont comparées aux niveaux préindustriels. La planète s’est réchauffée de 0,7 degrés au siècle dernier, selon les scientifiques. Une augmentation moyenne mondiale de quatre degrés a masqué des augmentations régionales plus importantes, y compris des réchauffements de plus de 15 degrés dans certaines zones de l’Arctique, et jusqu’à 10 degrés de plus en Afrique de l’Ouest et du Nord, selon l’étude. C’est plutôt extrême, a déclaré Mme Hemming. Je ne pense pas que tout le monde se rende compte de cette situation, a-t-elle dit.
Avec la fonte des glaciers, la région reflètera moins la lumière du soleil, ce qui peut contribuer à déclencher un effet d’emballement. Des telles températures dans l’Arctique pourraient aussi faire fondre le permafrost, qui a jusqu’ici piégé le méthane, ce puissant gaz à effet de serre, ce qui contribuera à déclencher des effets d’emballement, selon Mme Hemming. Les importantes implications éventuelles sont plutôt négatives, a-t-elle affirmé.
L’étude a indiqué que les précipitations de ce siècle pourraient chuter d’un cinquième ou plus dans des parties de l’Afrique, d’Amérique centrale, de la Méditerranée et de l’Australie côtière ; il pourrait s’agir de résultats plus extrêmes que les conclusions du GIEC de 2007.
La Méditerranée est un cas très parlant d’un assèchement substantiel dans presque tous les modèles, a déclaré Mme Hemming. Une chute de 20 % ou plus, c’est plutôt énorme dans des zones comme l’Espagne qui luttent déjà avec la baisse des précipitations de ces dernières années.
(EurActiv avec Reuters. Traduit de l’anglais par EurActiv)



