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Changement climatique : Les Etats-Unis envisagent l'après-Bush [FR][en][de

Publié: vendredi 15 juin 2007   

Lors d'une conférence se déroulant à Bruxelles le 14 juin 2007 et comparant les agendas transatlantiques sur le changement climatique, plusieurs experts américains ont indiqué que l'opinion publique aux Etats-Unis, notamment dans les milieux politiques et économiques, semblait revoir grandement sa position sur la question. 

Contexte:

Les Etats-Unis ont refusé de se joindre aux efforts internationaux visant à lutter contre le changement climatique, refusant de ratifier le protocole de Kyoto par crainte de nuire à la compétitivité des industries américaines.

Cependant, la position américaine semble avoir considérablement changé, comme l'a montré le sommet du G8 qui s'est tenu du 6 au 8 juin 2007 à Heiligendamm (Allemagne), lors duquel le président américain s'est engagé à participer aux négociations de l'ONU en décembre 2007, qui donneront lieu à un accord international sur le changement climatique après l'expiration du protocole de Kyoto en 2012 (EurActiv 08/06/07).

C'est le think-tank de Bruxelles, Les Amis de l'Europe, qui accueillait la conférence dans le cadre de la Semaine verteexternal , événement annuel consacré aux questions environnementales. Le panel de l'UE comprenait le député européen chrétien démocrate, Anders Wijkman, un représentant de la compagnie pétrolière Total et un fonctionnaire de la Commission. Le panel américain était composé du général en retraite Charles F. "Chuck" Wald, de l'ancien membre du Département d'Etat, Frank Loy, d'Eileen Claussen, présidente du Centre Pew sur les changements climatiques globauxexternal et de Sherry Goodman de CNA Corporationexternal .

A lire aussi:

Autres articles:

  • Un environnement marin en mutation

Les membres du panel américain ont évoqué une multitude d'activités liées au changement climatique. Depuis janvier 2007 seules neuf lois sur le changement climatique ont été proposées et 75 audiences portant sur le changement climatique ont eu lieu à Washington DC. 

L'accroissement de l'intérêt de l'Etat fédéral américain pour le sujet se reflète au niveau des Etats et dans le monde des affaires. D'Est en Ouest, les gouverneurs des Etats s'engagent à soutenir le système d'échange de quotas d'émissions de carbone, à commencer par le gouverneur républicain de Californie, Arnold Schwarzenegger. Le partenariat américain pour une initiative sur le climatexternal , plaidant en faveur d'une législation harmonisée sur le changement climatique au niveau fédéral, compte parmi les plus grandes entreprises telles que DuPont et Shell et apparaît comme un groupe de pression des affaires d'importance croissante.

  • Vers l'après-Kyoto

Les membres du panel américain ont convenu qu'alors que les Etats-unis devaient montrer la voie et jouer un rôle central dans le cadre des efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique, de tels efforts devaient être "flexibles" en termes de délai et de définition des engagements. Faisant référence aux engagements pris par le président américain G. W. Bush lors du sommet du G8, les membres du panel ont reconnu qu'un accord ne pouvait reposer sur le volontariat et qu'il devait inclure des mesures contraignantes permettant d'instaurer foi et confiance dans le système.

Néanmoins, les membres du panel ont également rappelé au public européen que l'Europe devait avoir une vision "réaliste" de ce qui était "politiquement possible" aux Etats-Unis, précisant que un des projets de loi les plus ambitieux, visant à réduire les émissions pour atteindre les niveaux de 1990 d'ici 2020, circulait actuellement au Congrès.

  • Echange de quotas d'émissions de l'UE 

Le panel américain a dans l'ensemble salué les efforts de l'Europe dans la lute contre le changement climatique. Il a toutefois signalé que le système communautaire d'échange de quotas d'émissions (ETS) était souvent présenté à Washington comme un échec et que les informations relatives à l'ETS étaient détournées à des fins politiques. Les intervenants ont insisté sur le fait que les Américains avaient besoin d'informations précises sur l'ETS pour empêcher le détournement politique tout en encourageant la création d'un système semblable aux Etats-Unis.

Positions:

Frank Loy, ancien sous-secrétaire aux affaires internationales pour le département d'Etat américain, a opposé l'individualisme américain au collectivisme européen, appelant le public européen à se rendre compte que les Américains sont généralement plus suspicieux que les Européens à l'égard des efforts de règlementation. Cette différence de mentalité doit être prise en compte dans la comparaison des efforts de lutte contre le changement climatique de chaque côté de l'Atlantique.

Faisant référence au pacte mondial sur la réduction des émissions, le député européen Anders Wijkmans a soutenu que la Chine et l'Inde avaient besoin de transferts de technologie et de coopération pour être en mesure de réduire leurs émissions sans compromettre leurs efforts de croissance économiques et d'éradication de la pauvreté. Franck Loy a répondu que la plupart des Américains et lui-même en convenaient, mais que la Chine et l'Inde du monde doivent tout de même s'engager à réduire leurs émissions futures, indépendamment du fait que ce sont les pays industrialisés qui sont responsables de la majorité des émissions de CO2 au cours des dernières décennies.

Le général en retraite, Charles F. "Chuck" Wald, qui n'a pas dissimulé sa frustration à l'égard de l'administration Bush actuellement en place, a insisté sur la nécessité pour les Etats-Unis d'adopter une approche plus multilatérale au 21ème siècle et de "développer une meilleure coopération avec ses partenaires". Le général Wald a également ouvert une perspective militaire et sécuritaire sur le changement climatique, soutenant que la lutte contre le réchauffement climatique et les efforts d'adaptation devraient occuper une place centrale dans l'agenda américain sur la stratégie et la sécurité nationale.

S'exprimant au nom de la Commission, Jos Delbeke de la DG Environnement a fait référence au système européen ETS et a convenu qu'il était essentiel de définir un prix stable pour le carbone pour préserver le fonctionnement du système, et que cet objectif serait atteint au cours de la période 2008-2012. Jos Delbeke a d'ailleurs mis en avant les projections concernant le prix du carbone, dont la tonne pourrait avoisiner les 25 euros.

Tous les intervenants ont admis que les Etats-Unis n'engageraient probablement pas leur leadership avant la fin du mandat du président Bush (après 2008).

Prochaines étapes:

  • Décembre 2007: Conférence de l'ONU sur le changement climatique à Bali (Indonésie)

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