Les pays riches devraient donner l’équivalent de 0,5 % à 1 % de leur revenu économique annuel pour contribuer à la mitigation du climat et à l’adaptation dans les pays en développement, peut-on lire dans une déclaration de la Commission nationale de développement et de réforme (NDRC), qui supervise la politique climatique chinoise.
Ces demandes s’inscrivent en droite ligne avec la proposition de la Chine déposée auprès de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) le mois dernier. Elles réaffirment que les nations en développement telles que la Chine et l’Inde, même si elles se développent rapidement, ne devraient pas se voir imposer un plafond sur leurs émissions. La NDRC soutient qu’il faut trouver un équilibre entre le développement et les efforts pour le climat.
Le document envoie aussi un message au président américain, Barack Obama, qui expose que le nouvel accord doit assurer que les pays développés n’ayant pas ratifié le protocole de Kyoto assument des engagements correspondants et comparables en termes de réduction des émissions. Les Etats-Unis ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto sous George W. Bush en l’absence d’objectifs de réduction des émissions pour les grands pays en développement.
Jusqu’ici, l’UE est la seule région ayant pris un engagement contraignant pour réduire ses émissions, affirmant qu’elle les réduira de 20 % avant 2020, voire 30 % si les autres pays riches en conviennent également.
Cependant, ce chiffre fait pâle figure face aux exigences chinoises, qui posent une réduction de 40 %.
Un projet de loi américain sur le climat vise à réduire de 17 % les émissions de gaz à effet de serre du pays, sous les seuils de 2005 ; il a été adopté hier (21 mai) par la Commission de l’énergie de la Chambre. Mais cela ne fera guère plus que stabiliser les émissions à leurs niveaux de 1990.
Coopération sur le climat
Néanmoins, la Chine a généralement adopté une attitude coopérative sur les négociations climatiques, avec la promesse d’amélioration de l’efficacité énergétique et la stimulation des énergies renouvelables.
Au sommet UE-Chine de Prague, mercredi (20 mai), comme on pouvait s’y attendre, les officiels chinois ont failli à répondre à la demande du président de la Commission, José Manuel Barroso, selon laquelle toutes les économies importantes dévoilent la proportion dans laquelle ils sont prêts à diminuer les émissions, dans la perspective d’un accord mondial à Copenhague.
La Chine est prête à collaborer avec l’Union européenne, a affirmé le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, à des journalistes ; il a ajouté que tous deux devraient travailler eu égard à une responsabilité commune mais différenciée.
Les deux parties ont convenu néanmoins de coopérer pour développer la technologie du charbon propre pour aider à réduire les émissions en provenance des centrales à charbon chinoises.
Projet sur le climat
De plus, la Chine travaille à développer son projet climatique, qui entend montrer aux partenaires de négociations à Copenhague que le pays ne plaisante pas avec la question du changement climatique.
Nous travaillons sur un projet national élargi, à plus long terme, qui propose de renforcer la mise en application des traités internationaux sur la question, a déclaré Xie Zhenhua, le négociateur en chef chinois sur le climat, à l’agence de presse Xinhua.
Le projet se concentrera sur des mesures d’économie d’énergie en développant la technologie de charbon propre et des activités de reboisement, afin de s’attaquer au changement climatique tout en stimulant la croissance économique, d’après M. Xie. Il s’est gardé, toutefois, de donner des objectifs chiffrés pour l’efficacité énergétique ou les réductions d’émissions.



