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Climat : le négociateur européen annonce la fin des avantages sans contrepartie [FR][en][de

Publié: mercredi 25 février 2009   

La Chine et l’Inde doivent jouer entièrement leur rôle dans la lutte contre le changement climatique et accepter que les programmes financés par l’Ouest visant à moderniser leurs industries seront seulement mis en œuvre en échange de véritables efforts. C’est ce dont a averti dans un entretien à EurActiv le négociateur en chef de l’UE dans le domaine du climat.

Artur Runge-Metzger, chef des négociations internationales sur le changement climatique à la Commission européenne, a indiqué que les marchés du carbone allaient jouer un rôle central dans la transition vers une économie à faibles émissions de CO2, y compris dans les pays en développement. 

Mais il a souligné que les pays en développement les plus avancés doivent muscler leur jeu, étant donné que le nombre de projets soutenus par l’Ouest conformément au mécanisme pour un développement propre (MDP) des Nations unies sera limité. 

« Pour certains pays, cela s’est très bien passé avec le MDP, et ils en ont beaucoup tiré profit, comme la Chine, l’Inde et le Brésil », a indiqué Runge-Metzger. « Ils voudront certainement garder cet instrument ». 

Les pays occidentaux, selon lui, devraient demander en échange aux pays en développement les plus avancés de s’engager pour des technologies dont le besoin se fait fortement sentir, comme le captage et le stockage du CO2. « Bien sûr, s’il y un avantage sans contrepartie, pourquoi ne pas en demander trois ou quatre autres supplémentaires ? » a demandé le représentant de l’UE. 

Selon M. Runge-Metzger, dans certains secteurs, la Chine dispose déjà de technologies de pointe et n’a par conséquent pas besoin d’être soutenue davantage. « Prenez la dernière aciérie construite par la Chine, il s’agit probablement d’une des aciéries les plus propres au monde », a-t-il indiqué. 

Le problème, d’après lui, c’est le fait que le secteur énergétique de la Chine est dépassé, et ce en raison de la forte dépendance du pays au charbon. C’est sur ce point que les programmes de l’UE visant à soutenir le déploiement de nouvelles technologies doivent se montrer utiles, a-t-il expliqué. « Il est très clair qu’il faudra qu’il y ait un élan vers le captage et le stockage du CO2 [CSC]. D’ici à 2020, si nous prenons les mesures nécessaires en développant des centrales de démonstration à large échelle, nous pouvons réellement montrer que cette technologie fonctionne ». 

Mais M. Runge-Metzger a prévenu que de tels projets seront proposés sous certaines conditions. « Il ne faut pas que ces projets soient considérés comme un cadeau de Noël que vous pouvez ouvrir et y trouver une très jolie centrale […] gratuite », a-t-il mis en garde. « Il s’agit de travailler main dans la main pour améliorer les technologies et pour les mettre en place ». 

En outre, il a indiqué que les projets MDP dans les secteurs industriels où la Chine est déjà en forte concurrence avec l’UE seront mis en place progressivement pour éviter que les entreprises européennes ne délocalisent leur production et leurs émissions de CO2 (lire le LinksDossier  d’EurActiv sur la fuite de carbone). 

« Selon nous, pour lutter contre la fuite de carbone dans certains pays, il faut que des projets prévus par le MDP soient mis en place pour les industries qui sont exposées à la concurrence internationale », a affirmé M. Runge-Metzger.

Pour remplacer les projets prévus par le MDP dans ces secteurs, il a suggéré de mettre en place un « mécanisme sectoriel d’accréditation », selon lequel les projets ne recevront de soutien qu’à la suite d’améliorations apportées aux installations les plus anciennes et les plus polluantes. 

« Si vous parvenez à cela, voire mieux, si vous dépassez cet objectif, un mécanisme d’accréditation de MDP pourrait être créé, comme une sorte de nouveau MDP», a expliqué le représentant européen. Mais il a concédé que cela « impliquerait qu’un certain montant de votre propre investissement, de votre propre capital [et] de vos propres efforts nationaux atteignent un certain niveau ». 

M. Runge-Metzger a souligné que si toutes les parties, en particulier la Chine, font des choix responsables quant à la restructuration de leurs économies et à la réforme de leurs réglementations relatives à l’environnement pour faire pression en faveur des technologies vertes sur le marché, alors « l’UE pourrait être un peu plus ouverte au développement de projets prévus par le MDP». 

L’UE, a-t-il rappelé, s’est engagée unilatéralement à réduire ses émissions de 20 % avant 2020. Il n’a toutefois pas tardé à souligner que ce pourcentage pourrait être augmenté à 30 % si tous les autres principaux pays émetteurs s’engageaient à des réductions, ce qui laisserait une plus grande marge de manœuvre pour stimuler les projets du MDP.

M. Runge-Metzger a refusé de préciser le montant des fonds supplémentaires qui pourrait être réservé aux nouveaux projets du MDP dans le cadre d’un tel scénario. « Je ne vais pas dire le chiffre, car les négociations sont en cours sur ce sujet. Nous avons une certaine marge de manœuvre, ce qui nous laisse un champ d’action pour les négociations », a-t-il déclaré. 

Au sujet des moyens créatifs de trouver des fonds pour stimuler l’efficacité énergétique, M. Runge-Metzgera souligné que seul un faible montant d’argent public est nécessaire pour lever les sommes requises. « Ce n’est pas comme si nous attendions une subvention ou un cadeau […], il s’agit plutôt de mettre de côté les prêts et les garanties de risque […] de manière à rassembler intelligemment les paquets financiers », ce qui pourrait libérer des milliards pour les investissements verts, a-t-il indiqué. 

Au Conseil européen de mars, les leaders de l’UE adopteront une position commune, qui servira ensuite de schéma directeur pour les négociations finales sur l’accord post-Kyoto sur le climat, qui se tiendront en décembre à Copenhague. 

Pour lire l’entretien - qui aborde également les sujets de la déforestation, du transfert de technologie et des propositions de réduction et d’adaptation - dans son intégralité, cliquez ici

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