Dans une déclaration, la présidence française a indiqué que M. Sarkozy et Mme Merkel se sont entretenus par téléphone dimanche 7 décembre sur la question de l’agenda pour le prochain sommet européen des 11-12 décembre.
« Sur le paquet énergie/climat, ils ont confirmé leur volonté commune de parvenir à un accord au Conseil européen » cette semaine à Bruxelles, indique la déclaration, ajoutant que les discussions se sont déroulées dans un contexte amical.
Fonds de solidarité
M. Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, se rendra à Londres aujourd’hui 8 décembre pour faire pression en faveur d’un accord sur un fonds de solidarité pour les Etats d’Europe centrale et orientale, dont les économies devraient souffrir le plus de la transition vers une économie à faibles émissions de CO2.
Le fonds – une proposition présentée initialement par la Commission européenne il y a une année – serait alimenté par les sommes issues des enchères prévues par le système d’échange de quotas d’émission de l’UE (ETS). Cette proposition prévoit que jusqu’à 10 % de l’argent récolté serait redistribué pour aider les pays les plus pauvres à mettre à jour leur production d’énergie plus propre.
Mais la Pologne est préoccupée par rapport au fait que le fonds fondrait comme neige au soleil si les industries lourdes couvertes par le système EU ETS continuent de recevoir à titre gracieux leurs permis d’émission de CO2 après 2013.
Les secteurs tels que celui du ciment, de l’acier et des produits chimiques font fortement pression pour recevoir des permis d’émission gratuits lorsque le système sera durci après 2013. Ils déclarent en effet qu’ils feront faillite si on leur demande d’acheter des permis aux enchères. Par ailleurs, l’Allemagne est sous pression pour faire des concessions à ses entreprises étant donné qu’un grand nombre d’industries lourdes se trouvent sur son territoire.
Sarkozy, qui a fait de l’accord sur la législation relative au paquet changement climatique l’une des dix priorités de la présidence française de l’UE, a rencontré samedi 6 décembre en Pologne des dirigeants de neuf Etats d’Europe de l’Est. Le fonds était l’un des principaux sujets de la discussion.
Il y a encore beaucoup de travail qui nous attend, a indiqué M. Tusk à la suite des discussions qui ont eu lieu dans le ville portuaire polonaise, Gdańsk. Outre ceux de la Pologne, les discussions ont impliqué les dirigeants de la Bulgarie, de la Hongrie, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Roumanie, de l’Estonie, de la Lituanie et de la Lettonie.
La Pologne, qui dépend du charbon pour 90 % de son électricité, est préoccupée par le fait que le système de l’UE mettrait en péril son économie en rendant la génération d’électricité trop coûteuse.
A partir de 2013, seul le secteur de l’électricité devra acquérir 100 % de ses permis de CO2 aux enchères. Une introduction progressive est prévue pour les autres secteurs. La durée de cette période est l’une des principales questions encore en négociation.
L’Europe doit montrer l’exemple, a déclaré M. Sarkozy à la suite des négociations de Gdańsk. « On a encore huit jours, c'est bien suffisant pour obtenir un accord », a-t-il affirmé.



