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A l'approche de la conférence de l'ONU à Bali, les sidérurgistes appellent les gouvernements à adopter une approche spécifique au secteur pour s'attaquer aux émissions de CO2 générées par les industries de l’acier et du fer. Ils affirment que les « politiques régionales », comme le système européen d'échange de quotas d'émissions, ne font que déplacer le problème sur les pays asiatiques, où les règles environnementales sont moins strictes.
D’après Philippe Varin, PDG du sidérurgiste Corus et membre du comité exécutif de l’International Iron and Steel Institute (IISI), la fédération mondiale du secteur, les politiques régionales d’échange de quotas, comme celles actuellement en vigueur dans l’UE, ne sont pas efficaces dans la réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Il ajoute qu’il résulte de ces politiques un déplacement de la production en Chine et en Inde, ce qui aura probablement pour effet d’augmenter, plutôt que de réduire, les concentrations de gaz à effet de serre au niveau global.
M. Varin s’est exprimé à Berlin, après que les membres de l’IISI ont approuvé une approche commune pour aborder le changement climatique lors d’une réunion le 9 octobre. L’approche commune est fondée sur sept engagements effectués entre les entreprises membres de l’IISI, y compris des mastodontes comme ArcelorMittal, Corus Group plc, China Steel Corporation et Nucor aux Etats-Unis.
Les engagements de l’IISI sur le court terme sont axés sur l’expansion de l’utilisation de technologies efficaces pour minimiser les émissions de CO2 et encourager le recyclage. A long terme, ils visent à favoriser les investissements en R&D pour développer de nouvelles technologies de pointe pour la sidérurgie.
De plus, l’IISI est parvenu à un accord concernant des procédures communes de suivi afin de vérifier la progression en matière de réduction des émissions de CO2. L’initiative, comme l’espère l’IISI, pourrait ouvrir la voie aux gouvernements pour qu’ils adoptent une approche globale, spécifique au secteur, pour la réduction de CO2 dans le secteur de la sidérurgie après 2012.
M. Varin affirme que limiter la production aux centrales qui génèrent le plus d’émissions (en Europe, au Japon et aux Etats-Unis) n’est pas la solution pour une industrie concurrentielle au niveau mondial comme l’acier. Selon lui, une approche efficace pour le secteur de l’industrie nécessite la participation de l’ensemble des pays leaders dans la production d’acier et une concentration sur l’amélioration des émissions par unité de production.
L’ONU organisera sa plus grande conférence annuelle sur le changement climatique du 3 au 14 décembre 2007 à Bali, en Indonésie. L’événement devrait permettre d’avancer pour déterminer un successeur au protocole de Kyoto, expirant en 2012.
La Commission européenne présentera une proposition pour réviser le système européen de quotas d’émissions en décembre.