Même s’il est trop tôt pour espérer des progrès majeurs, la conférence de Poznań doit faire passer les négociations à la vitesse supérieure, a déclaré le 28 novembre le commissaire européen à l’Environnement Stavros Dimas, en soulignant que les négociations doivent passer du stade exploratoire à celui des discussions concrètes.
Il est donc possible que les négociations de Poznań, qui se déroulent du 1er au 12 décembre, aboutissent à un texte accompagné d’un programme détaillé qui pourra fournir un fondement aux négociations approfondies visant à préparer un accord international au cours de la conférence de décembre 2009 qui aura lieu à Copenhague.
Mais alors que la Commission européenne nourrit de grands espoirs pour Poznań, l’UE, qui a défendu à plusieurs reprises son propre leadership dans les efforts internationaux visant à répondre au changement climatique, n’est pas loin de perdre la face et sa crédibilité internationale en raison des querelles entre Etats membres à propos des détails du paquet climat et énergie (EurActiv 27/11/08).
Si Bruxelles n’arrive pas à se mettre d’accord, cet échec serait non seulement gênant pour l’UE, mais il enverrait également un mauvais signal à Poznań. C’est ce qu’ont indiqué des groupes tels que le WWF.
Bruxelles cherche à minimiser la situation. Nous n’avons pas de position commune sur la distribution interne des efforts, a indiqué un porte-parole de la Commission le 28 novembre à Bruxelles. Ce qui intéresse les parties, ce n’est pas de savoir combien le paquet va coûter à la Pologne et à l’Allemagne, c’est de faire en sorte que les Etats membres réalisent les objectifs décidés par l’UE au niveau politique suprême et que ces objectifs aient force de loi, a-t-il affirmé.
Un calendrier inopportun ?
La conférence de cette année s’achèvera en même temps que le sommet européen des 11 et 12 décembre, au cours duquel les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE devraient conclure les négociations sur le paquet énergie et climat.
Certains craignent que les négociations de Poznań ne soient dans les limbes si les délégués internationaux attendent la décision de Bruxelles et comptent sur les principales économies de l’UE pour les mettre sur la piste. Toutefois, les pourparlers pourraient ne pas être entièrement paralysés.
Au cours des premiers jours de conférence, les délégués et d’autres participants – notamment des responsables de la Commission, des eurodéputés et des ONG – se réuniront dans le cadre d’une série d’ateliers et de groupes de travail afin de résoudre les questions notamment techniques liées aux éléments constitutifs d’un futur accord sur le changement climatique. Ils se pencheront entre autres sur le transfert de technologies propres, sur les fonds d’adaptation destinés aux pays en développement et sur la prévention de la déforestation. L’essentiel des résultats de ces ateliers sera décidé au cours de séances tardives et de discussions de couloir, selon des vétérans des conférences passées.
Quant aux réunions de haut niveau entre chefs d’Etat, elles seront organisées lors des deux ou trois derniers jours de conférence. Elles se tiendront ainsi en parallèle au sommet de l’UE. Le niveau exact d’interaction entre le sommet européen et les derniers jours de conférence à Poznań reste incertain.



